‹ Leçons d'anatomie générale sur le système musculaireChapitre 12 sur 55 · IS · texte numérisé non relu

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temps de donner lieu à la production d’un spectre de diffraction, Nous venons de voir, au contraire, que l’existence du spectre est absolument continue, que les dimensions seules de ce dernier sont variables. Ce fait exclut donc nécessairement l’existence du stade i^atermédiaire admis par Merkel et vient fortement à l’encontre de sa théorie de l’inversion de la striation- musculaire. [Fig. ^2 ).

Nous pouvons même aller plus loin, et démontrer, par l’observation du spectre fourni par les muscles, que la contraction musculaire peut s’effectuer sans qu’il survienne aucun changement dans la striation transversale. Chacun sait, en effet, que les muscles ne se raccourcissent pas toujours lorsqu’ils se contractent. J’étends le bras et je place ainsi le biceps dans l’extension complète. Par un effort de volonté, je puis maintenant provoquer une contraction véritable dans ce muscle exactement tendu qui se durcit, comme le ferait tout muscle contracté, sans cependant se raccourcir. Que devient, dans un pareil cas, le spectre musculaire? 11 est facile de le déterminer à l’aide du petit appareil qui vient de servir à la précédente expérience. Il nous est, en effet, possible de tendre exactement, sur la lame de liège, le couturier de la grenouille, et de provoquer ensuite sa contraction par une secousse de clôture ou d’ouverture. Observons le spectre dans ces conditions : Avant,‘pendant., après la contraction, son étendue reste absolument la même. Ceci revient à dire que le réseau musculaire est resté identique à lui-même pendant tout ce temps, ou encore que la striation transversale n'a subi aucune modification appréciable. Le même résultat est obtenu lorsqu’on fait contracter le couturier par une seule secousse, ou lorsqu’à l’aide d’excitations réitérées, on l’a tétanisé dans l’état d’extension. La seule conclusion à tirer d’un pareil fait est qu’il n’est nullement nécessaire qu’il survienne dans la striation musculaire, au moment de la contraction, un changement fondamental analogue à ceux imaginés par Merkel dans son

stam intermèâiaire et dans son stade d'inversion. L’on n’objectera pas ici que l’action de l’électricité a fatigué le muscle, je l’excite de nouveau et il se contracte, démontrant par cela même la conservation de son énergie et de sa vitalité.

Messieurs, les expériences que je viens de répéter sous vos yeux,auraient un intérêt médiocre si elles étaient simplement destinées à battre en brèche une théorie. Elles ont une importance toute autre ; vous le reconnaîtrez lorsque nous discuterons, dans l’une des leçons prochaines, le mécanisme de la contraction musculaire. Mais avant d’aborder cette importante question je dois vous fournir encore quelques notions de chimie biologique sans lesquelles il vous serait difficile de bien comprendre les faits ultérieurs.

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