SEIZIÈME LEÇON
Iqmiiaibe. ^ I. Le temps perdu d’un muscle ordinaire est exagéré par 1| fatigue, Il est amoindrii dans le muscle fatigué, lorsqu’on augmente Fin-tensité de l’excitation. II. Etude nayographique des muscles rouges. Ils Gôntiennent une plus grande proportion de parties élastiques que lés muscles blancs. Dans le muscle rouge, fixé tétanisé tendu, les fiisqueg épais ne sont pas plus hauts que les minces, la striatio'n paraît simple. ^ NouYelle discussion à propos de la théorie de Merkel. — Courbes des secousses et des tétanos des muscles rouges ; elles indiquent : 1“ Une éOntraction lente, régulière, soutenue ; 2“ une décontraction progressive. == Etude du temps perdu du muscle rouge. — L’amplitude des tétanos n’est point proportionnelle à celle des secousses isolées : le muscle épuisé au point de vue des secousses peut encore être tétanisé.—Etude des muscles mixtes ; frais, ils agissent coname des muscles blancs, fatigués, comme des muscles rouges-^ III. Usage des muscles rouges comme équilibrateurs dés mOuvenaents, Ils sont ordinairement les congénères des muscles pâles, c’estrà-dire à contraction brusque et rapide. — (U mars 1878.)
Messieurs,
Nous ayons étudié, dans la dernière leçon, les modifica-^ tiens amenées, par la fatigue, dans l’amplitude et la durée des secousses isolées et des tétanos électriques des muscles ordinaires. Nous avons, en effet, opéré sur les muscles blancs du lapin et sur ceux de la grenouille ; il n’a été nullement question des muscles rouges. Vous avez vu que la fatigue diminue, au fur et à mesure qu’elle se manifeste, la contractilité du muscle exploré, dont l’élasticité n’est point modifiée et demeure entière. Abstraction faite de l’amplitude, qui dépend uniquement de la contractilité,
la déformation subie par la courbe de contraction d’un muscle blanc fatigué est donc ainsi uniquement due à l’action de plus en plus prépondérante de l’élasticité dans lé mouvement complexe qui engendre le graphique inscrit sur le cylindre enregistreur. Nous avons pu prévoir a fHori, d’autre part, que l’influence de l’élasticité, si on la suppose variable, doit se faire sentir sur le temps perdu du muscle. En d’autres termes, si notre raisonnement est exact, et si, dans le muscle fatigué, le rôle des parties élastiques s’exagère, le temps perdu par ce muscle, (c’està-dire le retard du début de sa contraction sur le début de l’excitation électrique,) doit être lui-même exagéré par la fatigue. C’est en efiet ce que l’on observe nettement sur les muscles gastrocnémiens delà grenouille. L’un d’eux,
pris sur l’animal vivant, est disposé sur le petit myo- graphf.êt excité ensuite à l’aide d’un appareil d’induction.
Ledébutdê l’excitation est inscrit sur le tracé en Â, par un trait vertical. {Fig.
ÿS), Le début de la contraction est donné par l’intersection, en B, de la
du muscle de grenouille frais. Uane deS abSCiSSeS AB Retard de ce même muscle fatigué (la vitesse du clü&Ulfe&es
cylindre reste la même.) aveC la COUrbe de
contraction qui s’élève au-dessus d’elle. Dans ces conditions et sur un muscle frais, AB mesuré à l’aide d’une règle divisée, représente graphiquement la durée du retard compté snr l’axe des temps æaf. Soit AB=9millim. cette durée. Fatiguons maintenant ce même muscle gastrocnémien par une série de secousses rapprochées, et cherchons de nouveau son temps perdu. La vitesse de rotation du cylindre enre-
gistreur étant restée la même, et les dimensions du système formé par le muscle, le myographe, et le style écrivant n’ayant point non plus varié. Ce style parcourt la mêmedistance.surles deux axes desabscisses dans Tunitéde temps. Pour comparer le'nouveau retard A'B' au retard AB il suffira de mesurer le premier sur x, x\ et d’exprimer sa longueur en millimètres. Soit A B’=12 mm., cette longueur; nous voyons ainsi que le retard du muscle frais etc elui du muscle fatigué sont dans le rapport de :