‹ Leçons d'anatomie générale v. 2 |Annee 1878/79, 1881Chapitre 33 sur 71 · OBSERVÉES SUR DES COUPES APRÈS DESSICCATION · texte numérisé non relu

OBSERVÉES SUR DES COUPES APRÈS DESSICCATION

le corps de la cellule par des stries qui ne sont autre chose que des crêtes d'empreinte.

On peut isoler ces cellules en employant le moyen indiqué par His, la macération dans Tacide sulfurique. C'est là un procédé si brutal, qu'à priori je n'aurais jamais cru qu'il pût donner de bons résultats. On fait un mélange à parties égales d'eau et d'acide sulfurique du commerce. Lorsqu'il est revenu à la température normale (après avoir perdu la chaleur produite par la combinaison chimique), on y met à macérer, soit un fragment de la cornée, s'il s'agit de celle du bœuf, du cheval, du mouton, du lapin, soit une cornée tout entière du rat, de la souris ou de la grenouille.

Au bout de quelques heures, le tissu cornéen s'est notablement gonflé et est devenu gélatineux. En le retirant, non pas avec une pince que l'acide attaquerait, mais avec un fil ou une lame de platine, on s'aperçoit qu'il est entièrement ramolli. On le dépose sur une lame de verre et Ton recouvre d'une lamelle. La préparation montre de fort belles cellules fixes de la cornée munies de prolongements libres ou anastomotiques. C'est la vue d'une préparation semblable à celle-ci qui confirma His dans Topinion que ces cellules étaient des corpuscules creux étoiles et anastomosés, en un mot des cellules plasmatiques. 11 les avait observées sans doute avec un objectif insuffisant, car s'il les avait examinées dans de bonnes conditions, il aurait pu reconnaître que l'image qu'elles présentent n'est pas si simple qu'elle paraît au premier abord.

Avant d'entrer dans la description des détails qu'on

i6(i CKLLULES CONNECTIVES DE LA CORNÉE

y remarque, je dois vous indiquer deux perfectionnements de la méthode de His.

Le premier consiste à laver à Teau distillée des lambeaux de cornée retirés de Tacide sulfurique ; ils deviennent opaques, mais conservent leur consistance molle. On y laisse tomber quelques gouttes d'une solution de sulfate de rosaniline dans l'eau distillée, puis on recouvre de la lamelle dont le poids suffit pour aplatir le tissu cornéen.

Le second perfectionnement permet d'obtenir les cellules isolées et colorées d'une façon persistante : un œil de grenouille est exposé pendant une demi-heure aux vapeurs d'acide osmique; la cornée est alors détachée, débarrassée de son épithélium antérieur par le raclage et mise dans un flacon contenant le mélange d'acide sulfurique et d'eau. Il faut Ty laisser environ vingt-quatre heures, parce que l'action dissolvante de l'acide est

moins rapide que sur la cornée fraîche. Dans les préparations qu'on en fait ensuite, les cellules colorées en brun par Tacide

Fio. 45. — Groupe de cellules de la cor- OSmlqUC mOntrCUt trèS UCt-

née du bœuf, isolées après macération . .

dans un mélange à parties égales d'nciJo tCmCUt CCrtainS dC ICUrS

sulfurique et d'eau, et colorées par le ^ m i

sulfate de rosaniline. détailS dC StrUCtUrC.

Vous examinerez des préparations obtenues l'une par ce procédé, Tautre par celui que je vous ai indiqué immédiatement auparavant (fig. 15). Dans l'une et dans l'autre, vous pourrez observer des réseaux entiers de cellules anastomosées

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