OBSERVÉES SUR DES COUPES APRÈS DESSICCATION
Schweigger-Seidel fit une observation plus exacte de ces fentes et de leur contenu. Il n'était pas possédé de la raême idée préconçue que Henle à l'endroit des cellules; aussi distingua-t-il, outre les noyaux, les corps cellulaires auxquels ils appartiennent. Il les décrivit conime des cellules plates appliquées sur les lèvres de la fente. Il en vit aussi qui, au lieu d'être accolées à une des parois de la lacune dans laquelle elles étaient contenues, en occupaient le niilieu et y étaient pour ainsi dire tendues par leur bord qui s'engageait entre les deux lames voisines.
Je vous ai dit tout à l'heure que certains détails ne s'observaient bien que sur les préparations conservées dans la glycérine additionnée d'acide formique. Sous l'influence de cet acide, les lames se gonflent, et les fibres intérieures, colorées en rose, se voient plus nettement, ainsi que les bandes interlamellaires.
Si nous traitons comme la précédente une préparation conservée dans la glycérine acidifiée, c'est-à-dire si nous exerçons avec la pointe d'une aiguille une légère pression sur la lamelle de verre qui la recouvre, nous y déterminerons également des fentes. Vous pourrez y reconnattre un premier fait intéressant : la couche rouge comprise entre les deux lames qui s'écartent se sépare au niveau de la fente, comme une étofie qui se dédouble. Ce dédoublement, qui n'est pas du tout une déchirure, suflit à montrer qu'il existe réellement entre les lames de la cornée unedouble couche qui se colore en rouge. Il suit de là que chaque lame de la cornée possède sur ses deux faces un revêtement pareil. Ce fait
i64 CELLULES CONNECTIVES DE LA CORNÉE
vient encore confirmer l'analogie que nous avons cherché à établir entre ce revêtement et Tenveloppe des faisceaux du tissu connectif.
Si vous choisissez pour l'observer une fente suffisamment grande, vous remarquerez que les cellules fixes restent accolées les unes à sa lèvre antérieure, les autres à la postérieure. Je relève ce fait, parce que Schweigger- Seidel avait soutenu qu'au niveau des fentes les cellules restent toujours fixées à la lame postérieure.
Je dois maintenant vous dire quelques mots des coupes de la cornée faites parallèlement à sa surface. Il convient de choisir des cornées de grands animaux, celles du bœuf ou du cheval, qui conservent une épaisseur suffisante après la dessiccation.
On en prend un petit fragment. Pour l'inclure, on choisit un bouchon de liège fin, sur Tune des faces duquel on pratique une petite logette exactement de la même forme et de la même dimension que le fragment de cornée, et on Ty enfonce comme si on voulait l'y incruster. Il y est ainsi fixé suffisamment pour qu'on puisse en faire des coupes. Ces coupes, après avoir été gonflées dans l'eau, sont colorées par le picrocarminate d'ammoniaque et conservées dans de la glycérine additionnée d'acide formique. Au début, ellessont rouges dans toutes leurs parties, mais bientôt la substance des lames se décolore et laisse voir nettement les cellules et leurs noyaux. A un faible grossissement, ces cellules paraissent simplement éfoilées, mais, avec un peu d'attention, on peut déjà y distinguer deux ordres de prolongements perpendiculaires les uns aux autres et se continuant sur