RAPPORTS DES CELLULES CONNECTIVBS
trouve complètement englobée dans la masse d'injection.
Enfin, dans le voisinage immédiat de l'endroit où a pénétré la pointe de la canule et où la pression a été la plus forte, les fentes présentent une grande longueur et même communiquent les unes avec les autres; les deux lames qui les limitent ont été complètement décollées.
Abordons maintenant les questions que soulèvent les observations que nous venons de faire. La première et la plus importante est celle qui a trait aux canaux du suc.
Nous avons vu. surtout en examinant les coupes parallèles à la surface de la cornée, que la masse colorée avait pénétré dans un système de canaux formant un réseau élégant. Nous devrions donc en conclure que les canaux du suc existent réellement.
Il est incontestable que, dans les cornées à cellules du type membraniforme, on injecte, par piqûre, un système de fentes et de lacunes dont la disposition régulière est subordonnée à la forme des cellules fixes. Il y a même un rapport parfait entre la forme et la disposition du réseau cellulaire et celles du réseau démontré par les injections interstitielles; ils ont entre eux la plus grande ressemblance et se correspondent complètement. D'autre part, il est évident que le suc nutritif parcourt plus facilement ces voies ouvertes à Tinjection qu'il ne circule dans les autres parties de la cornée. Mais commeot sont formées ces voies? par quoi sont constitués ces ça* naux ? c'est là le point important.
Nous avons constaté que les lames de la cornée, dans ses couches antérieures surtout, s'anastomosent les unes avec les aulres, excepté pourtant chez les plagiostomes où leur disposition est toute différente, pour former un système comparable à celui que j'ai décrit dans la gaîne lamelleuse des nerfs sous le nom de système de tentes (voy, p. 116), De plus, elles se soudent ou s'accolent dans une partie seulement de leur étendue. Il en résulte un système caverneux complexe. Dans ce système, les espaces, les fentes, les lacunes, comme vous voudrez les appeler, peu importe, sont occupés par les cellules fixes. Ils semblent même, dans les conditions physiologiques, n'être absolument faits que pour loger ces cellules, et, à les bien cons'dérer, on dirait qu'ils se sont rétrécis jusqu'à ce que le protoplasma cellulaire qui les occupe les ait empêchés de se fermer davantage.
Avant d'aller plus loin dans cette analyse, je dois vous rappeler quelques faits indispensables à la compréhension du sujet que nous discutons. Lorsque l'imprégnation au chlorure d'or donne des préparations parfaitement nettes, ce sont les cellules qui dessinent le réseau coloré en violet, et non les lacunes du système plasmatique. Lorsque, au moyen d'un mélange à parties égales d'eau et d'acide sulfurique, on isole un réseau de cellules étoilées, réunies ensemble par leurs prolongements, ce sont bien les cellules que l'on isole ainsi, et non pas une substance plasmatique coagulée dans des canaux qui auraient cette forme (voy. p. 171). Lorsque, par le nitrate H'arorflnt. on a déterminé dans
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la cornée une imprégnation négative, ce ne sont pas des systèmes de lacunes ou de canaux qui sont ménagés en clair, c'est bien le protoplasma cellulaire avec ses prolongements qui a été respecté. Vous avez même vu que les fentes ou lacunes sont au contraire plus fortement imprégnées que le fond général, puisque, sur le bord des cellules, où il existe en réalité des fentes de ce genre, nous avons observé une coloration plus foncée.
Et ici, permettez-moi une courte digression ; Timpor* tance du sujet l'excusera. Lorsque, dans une cornée traitée par le nitrate d'argent, les cellules ramifiées se détachent en clair sur un fond coloré, nous devons nous demander par quoi est formé ce fond. Toute la substance intercellulaire, toute la charpente fibreuse, est-elle colorée uniformément en brun? Mais, dans ce cas, on ne comprendrait pas comment, ainsi imprégnée dans toute son épaisseur, la cornée resterait suflBsamment perméable à la lumière pour permettre de distinguer, aussi nettement qu'on le fait, les cellules superposées qui n'ont qu'une épaisseur minime par rapporta celle des lames. Et, d'autre part, si la cornée n'est pas imprégnée dans la totalité de sa charpente fibreuse, quelle est donc la partie qui réduit l'argent ? Quelle est la substance qui devient brune et qui fait, par contraste, apparaître les cellules?
Pour résoudre cette question, il est nécessaire d'avoir recours aux coupes transversales. Après avoir imprégné une cornée au nitrate d* argent par les procédés ordi-
«aires, pratiquons-y une coupe méridienne, disposons-la sur une lame de verre, et examinons. Nous reconnaîtrons facilement que, si toute la charpente fibreuse présente à la vérité un ton jaunâtre, il existe cependant au niveau des cellules, dans les intervalles entre les lames, des lignes brunes beaucoup plus accusées. Or, comme l'imprégnation est négative (et il est facile de s'en âissurer sur la même préparation, en renversant par pression un bord de la coupe, de manière à faire apparaître les lames à plat), ces lignes ne correspondent pas aux cellules. Il faut en conclure qu'il y a là, au niveau des cellules, dans les espaces interlamellaires, une substance spéciale, probablement une mince couche de plasma, qui réduit l'argent beaucoup plus facilement que la substance fibreuse.
Je reviens à la discussion des résultats que fournissent les injections interstitielles de la cornée.
U est constant, comme je viens de vous le rappeler, que les différents modes de préparation que nous avons appliqués successivement à la cornée (isolation par l'acide sulfurique, imprégnation parle nitrate d'argent et par le chlorure d'or) ne nous avaient révélé autre chose entré les lames de cette membrane que descellules plus ou moins étendues, plus ou moins nombreuses, reliées par des prolongements plus ou moins larges.
Les injections seules, faites soit avec du bleu de Prusse soluble dissous dans l'eau, soit avec de Torcanette dissoute dans de l'essence de térébenthine, dessinent nettement un système de lacunes dans les cornées à cellules du type raembraniforme*