‹ Leçons d'anatomie générale v. 2 |Annee 1878/79, 1881Chapitre 42 sur 71 · RAPPORTS DES CELLULES CONNECTIVES · texte numérisé non relu

RAPPORTS DES CELLULES CONNECTIVES

Lorsque rinjeclion n'a pas été poussée avec beaucoup de force, ces lacunes forment un système canaliculé correspondant à peu près exactement au réseau des cellules. Si la pression a été plus forte ou plus prolongée, elles contiennent une plus grande quantité de masse injectée, présentent une plus grande épaisseur et augmentent même en étendue par le décollement des lames qui" les limitent. Il peut arriver ainsi que deux espaces ou deux canaux voisins se réunissent et constituent des lacunes plus ou moins vastes, de formes désormais tout à fait irrégulières et ne rappelant plus en rien le réseau cellulaire logé dans les interstices normaux.

La fusion de deux lacunes voisines, par décollement des lames qui les limitent, soulève, sur la constitution intime de la cornée, une nouvelle question : Y a-t-il, lors d'une fusion de ce genre, simple séparation de deux lames juxtaposées ou rupture d'une substance cimentante qui les unissait? En d'autres termes, y a-t-il normalement entre les lames un simple accolement ou une véritable soudure?

Pour ma part, je ne pense pas qu'il existe entre les lames de la cornée un ciment analogue à celui qui soude entre elles les cellules musculaires du cœur. Je crois que ces lames sont maintenues par simple accolement, par une adhérence moléculaire analogue à celle que l'on observe, par exemple, entre deux lames de glace parfaitement planes.

En effet, le décollement se fait avec la plus grande facilité. Prenons, par exemple, une cornée de rat el.

AVbC LES LAMES DE LA CORNÉE. 261

après ravoir étalée, faisous-la sécher rapidement. Pratiquons-y une coupe mince, perpendiculaire à la surface, et, après l'avoir laissé gonfler dans Teau, colorons-la au picrocarminate pour en mieux distinguer les différentes parties. Sous l'influence dé la pression la plus légère, nous verrons s'y former des fentes entre les lames. Si, tout en continuant à l'observer, nous pressons un peu plus fortement avec l'aiguille sur le verre recouvrant, ces fentes s'agrandiront de plus en plus, et quelquesunes iront jusqu'à se fusionner. La séparation des lames de la cornée peut ainsi se faire par simple pression et sans l'emploi d'aucun réactif dissociateur. Il est donc peu probable qu'il existe entre elles un ciment quelconque.

En résumé, j'arrive à me ranger à l'opinion de C. Fr. Millier contre celle de Recklinghausen (voy. p. 81) : Les injections interstitielles pénètrent plus facilement entre les lames au niveau des cellules (en d'autres termes l'adhérence moléculaire des cellules aux lames est moins forte que celle des lames entre elles) , mais elles ne restent pas limitées à ces fentes naturelles, elle peuvent aller beaucoup plus loin eu décollant les lames. Quant aux sucs nutritifs, ils doivent également circuler plus facilement au niveau des cellules.

Je n'insiste pas. La discussion sur les canaux du suc est sans importance, aujourd'hui que la constitution du tissu conjonctifesl mieux connue.

Je passe à une autre question. Nous venons de voir que les lames de la cornée s'anastomosent de niiinière

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