CELLULES A FOSSETTES
seltes sur leur face profonde, et leur face superficielle est convexe.
Pour expliquer cette disposition, il ne suffit pas de dire que les cellules des couches profondes poussent celles des couches superficielles, il faut encore faire intervenir la notion des différences de résistance. En effet, lorsque deux corps ductiles et de résistance égale se rencontrent, ils s'aplatissent l'un contre l'autre et se limitent par une surface plane. Pour que l'un entre dans l'autre, il faut ou bien qu'il soit animé d'une plus grande vitesse, ce qui n'est pas ici le cas, ou bien qu'il ait une plus grande consistance. Gela conduit à penser que les cellules profondes, étant plus jeunes et plus actives, ont plus de tonicité, plus de rigidité que les superficielles.
La disposition générale des fossettes n'exclut pas une grande variété dans leur forme, surtout chez les animaux où la couche moyenne a une épaisseur notable.
Chez l'homme, en particulier, on rencontre des pellules où les fossettes sont tellement profondes que les bords qui les limitent apparaissent sous la forme de dents longues et minces, analogues à des stalactites.
Chez le cheval, au lieu de posséder simplement des fossettes, les cellules de la couche moyenne se montrent sous l'aspect de cylindres garnis de dents à leurs deux extrémités. Chez les triions et chez les grenouilles, ces cellules présentent sur leurs bords une dentelure fine et délicate.
Toutes ces cellules sont très molles et très altérables. Leurs noyaux eux-mêmes se modifient rapidement et profondément sous Tinfluence de quelques réactifs qui font apparaître des vacuoles dans leur intérieur. Ces vacuoles, après Faction de l'alcool au tiers et du picrocarminate d^ammoniaque , paraissent creusées dans la substance même du noyau, condensée et comme refoulée à leur périphérie. Souvent un nucléole en occupe le centre.
Je dois encore vous signaler un autre fait qui est en rapport avec la délicatesse des cellules de Tépithélium antérieur de la cornée. Ces cellules renferment une substance analogue à la myéline et de laquelle paratl dépendre la formation des vacuoles; elle est contenue soit dans le protoplasma cellulaire, soit dans le noyau.
Voici les observations sur lesquelles je m'appuie pour admettre l'existence de cette substance. Lorsqu'après avoir laissé pendant vingt-quatre heures une cornée dans du sérum faiblement iodé, on en détache Tépithélium antérieur et qu'on l'examine dans le même réactif, on observe, à côté des cellules épilhéliales, une grande quantité de gouttelettes de dimensions variées, qui ressemblent à des gouttes de myéline.
Si l'on dissocie des cellules épithéliales après l'action de l'alcool au tiers et qu'on les conserve pendant quelques jours dans la glycérine, on voit s'en dégager des bourgeons plus ou moins longs, minces, clairs, à extrémités arrondies, limités par un bord réfringent, et analogues à ceux qui dans les mêmes conditions se dégagent des tubes nerveux.