CELLULES LAMELLAIRES
Dans la couche profonde et dans la moyenne, les cellules possèdent sur toute leur surface une dentelure fine extrêmement délicate. Pour la reconnaître, il faut isoler les cellules au moyen de l'alcool au tiers, du sérum iodé ou des solutions faibles de bichromates. L'alcool au tiers convient très bien pour cette étude; après qu'elles ont été dissociées et colorées au picrocarminate d'ammoniaque, les cellules doivent être examinées sans glycérine, parce que le haut indice do réfraclion de ce liquide rendrait les dents beaucoup moins nettes.
Ces dents, qui hérissent toute la surface des cellules de la couche moyenne et de la couche profonde, à l'exception de la portion adhérente à la membrane basale, peuvent être observées dans la cornée vivante chez la grenouille, chez le triton ou chez l'axolotl. Elles ne se voient nettement, on le conçoit, qu'au niveau de Téquateur des cellules, où elles se montrent de profil. Sur le reste de la surface cellulaire, où elles se présentent de face ou plus ou moins obliquement, on n'aperçoit qu'un semis granuleux qui correspond à leur coupe optique.
J'arrive aux cellules lamellaires, qui par leur réunion constituent une couche stratifiée assez épaisse. Elles . sont très minces, analogues aux cellules superficielles delà muqueuse buccale. Leur bord est sinueux, mais non dentelé ; leur noyau est ovalaire et aplati. Sur leur surface, elles portent Tempreinto des cellules situées au-dessus ou au-dessous d'elles ; celles de la couche la plus superficielle sont les seules à ne présenter des em-
preinles que d'un côté. Souvent elles possèdent dans leur intérieur des vacuoles. Lorsqu'elles sont isolées, elles se replient sur une de leurs faces de manière à prendre la forme d'une tuile. Vues de profil ainsi repliées, elles rappellent grossièrement la forme des cellules endothéliales des veines de la rate, forme qui a été décrite depuis longtemps. J'ai examiné attentivement ces cellules pour savoir sur quelle face elles se replient ; après macération dans l'alcool au tiers, c'est toujours la face postérieure qui est concave; mais, après l'action d'autres réactifs, c'est tantôt la face postérieure, tantôt l'antérieure; j'ai donc dû abandonner toute tentative d'une explication physiologique à ce sujet.
Je ne pousserai pas plus avant cette description, mais je dois vous parler de certains faits qui sont relatifs à l'épithélium antérieur de la cornée considéré dans son ensemble et qui ont une signification générale.
L'épithélium antérieur se colore fortement par l'acide osmique. Ce fait ne vous surprendra pas, puisque vous avez vu se dégager, des cellules qui le constituent, une substance analogue à la myéline; c'est la couche lamellaire qui prend la coloration la plus forte.
Sur une coupe de la cornée du bœuf, observée au microscope, à la lumière polarisée, vous remarquerez que . les couches moyenne et profonde de l'épithélium antérieur sont monoréfrinKcrites, tandis que la couche lamellaire est biréfringente, et cela d'autant plus que l'on se rapproche de la surface. Vous vous expliquerez facilement cette différence : dans les couches superfi: