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concours de l'État, il suffit qu'elle les ait virtuellement, c’est-à-dire qu’elle ait le droit de les exiger quand les cirsonstances se présentent.
3) Elle est indépendante vis-à-vis de toute autre société dans l’ordre qui se rapporte à sa nature. En effet ce qui donne le caractère à une société, c’est sa fin. Orla fin immédiate de l’Église, est le bien suprême, le bonheur éternel, bien complet, universel, auquel tout est subordonné et de qui tout dépend. Dans son ordre, dans l’ordre spirituel, l'Église est donc indépendante de toute autre société. C’est du reste l’enseignement de l'Évangile (MATTH., XVI, 17) : “ Que s’il ne les écoute pas non plus, dites-le à l’Église ; et s’il n’écoute pas l'Église même, qu'il soit à votre égard comme un païen et un publicain.” Dans ce passage au sujet de la correction fraternelle, Jésus fait voir l'indépendance de l'Église. Il ne dit pas de recourir à une autre autorité, si ‘‘ votre frère ”” n’écoute pas l'Église, mais de le considérer comme un ‘“ païen ” et un “ publicain ”, c’est-àdire comme exclu de la société religieuse.
150. L'Église fondée par Jésus-Christ est une société spirituelle. — Une société spirituelle est celle dont la fin immédiate est le bonheur éternel ou le ciel, celle qui s'intéresse spécialement au salut des âmes. La fin, en effet, est ce qui donne à une société son caractère distinctif. Or l'Église, —- l'Évangile et l’histoire le prouvent, — a pour but premier la sanctification des âmes, et, par suite, leur salut éternel. Elle est donc, à bon droit, appelée société spirituelle, ou encore, surnaturelle.
151. Une objection. — Au dire des adversairess l'Église est plutôt une société humaine ; car, selon eux, l'histoire enseigne que les passions, les intérêts mes-
quins, les ambitions s'agitent en son sein comme dans toute autre société. ; RÉPONSE, — 1) L'élément humain, l’hommerie, comme dit Montaigne, existe toujours dans l’Église : celleci est la première à le reconnaître, 2) Le royaume de Dieu, tout en n'étant pas de ce monde, est en ce monde. C’
contact avec l'humanité.
besoin ; elle les veut, non Pas pour le mesquin plaisir de posséder, mais afin de Pouvoir être fidèle à sa mission.
3) Au reste, jamais Notre Seigneur n’a condamné les biens terrestres. Il avait lui-même un petit pécule pour l'entretien de ses disciples, Ce qu’il condamne, c’est l'attachement exagéré à ces mêmes biens.
4) Les membres de l’Église gardent toujours leur nature. La grâce est là pour les perfectionner, mais ils n'y correspondent pas toujours parfaitement. Aussi bien, il ne faudrait pas mettre au crédit de l’Église les ambitions de certains hommes d’'Église. Et c'est précisément parce qu'ils ne sont pas fidèles à ses enseignements, que quelques membres de l’Église agissent parfois d’une façon peu édifiante. Mais ces exceptions, on ne peut en rendre l’Église responsable,
5) Si la société fondée par Jésus-Christ était purement humaine, il y a longtemps qu’elle serait disparue. Avoir résisté aux multiples attaques auxquelles ont tour à tour succombé les autres sociétés est sans conteste pour l’Église de Jésus-Christ une des meilleures preuves de son caractère surnaturel.
152. L'Église fondée par Jésus-Christ est une société nécessaire, — 1) Nous avons déjà prouvé
(145) qu'il y a obligation de faire partie de la société fondée par Jésus-Christ. Or cette société, c’est l’Église. Celle-ci est donc nécessaire, c’est-à-dire que pour arriver au salut il faut en être membre.
2) De plus, au témoignage du Sauveur lui-même, pour être sauvé, il faut croire, il faut recevoir le baptéme, il faut obéir à l'autorité constituée (MATTH., X, 14 ; xv, 40; xvi, 17 — Marc, xvI, 15 — Luc, x, 16 — Juan, mi, 5). Or ceux qui ont la foi, qui ont reçu le baptême et qui obéissent à la véritable autorité appartiennent à l’Église.
3) ‘‘ Hors de l'Église pas de salut.” Il s’agit ici de l’Église de Jésus-Christ. Les différentes interprétations de cet axiome ont été données plus haut (146).
153. L'Église fondée par Jésus-Christ est une gociété visible. — Il y a deux espèces de visibilité : matérielle et formelle. La visibilité matérielle est cette propriété qui fait voir l’Église comme un organisme social dont l'existence peut être facilement constatée par tous sur la terre. La visibilité formelle manifeste l’Église comme la vraie société religieuse établie par Jésus- Christ.
1) Que l’Église jouisse de la visibilité matérielle, on ne saurait le contester à bon droit, car ceux qui y exercent l'autorité sont visibles, et leurs actes sont aussi visibles, soit qu’ils prêchent comme docteurs, soit qu’iis administrent les sacrements comme prêtres, soit qu'ils fassent des ordonnances comme pasteurs.
Il en est de même des actes par lesquels les fidèles écoutent la parole de Dieu, reçoivent les sacrements et se soumettent à la direction de leurs chefs. Suivant la comparaison du Sauveur, l'Église est donc vraiment
une lumière qu’on met,
mais sur le chandelier.
ilité
mont” à la Réforme.
sans de Luther où éta eux, ils répondaient, a deux Églises :
et l’autre invisible, l’assemblée de ceux
appelés,
La première est de la même foi
; elle peut errer, un temps d’exis-
L'Église de est la seule
Église véritable à indéfectibilité et
l'infaillibilité, LECTURES
De: rapr:rts de l'Eglise avec la société angélique et la société humaine issue d’ Adam, Dou GréA, De l'Eglise, ch. 11.
La mission de l'Eglise, GoperRorp Kurra, L'Eglise au tournant de l'histoire, ch. 1.
L'Eglise œuvre de l'Homme-Dieu, Mer Besson,