xxr, 12-19 ; JEAN, xvi, 23 3 XVII
C. La vérTABLe Écuse pu CHRIST DOUT POSsÉ- DER LA CATHOLCITÉ MORALE. Jésus-Christ lui-même a indiqué comment s'opèrerait la diffusion de son Église à travers le monde (Luc, xx1v, 47-49 ; ACTES, 1,8). La chrétienté s'établira, d’abord, à Jérusalem ; puis en Judée, en Samarie, en Palestine ; puis, de proche en proche, dans les diverses provinces de l’univers gréco-romain ; et l’apostolat devra toujours travailler à étendre, de plus en plus, les conquêtes de l’Église. La diffusion du christianisme sera donc moralement, et non pas physiquement, universelle ; car, dans chaque période historique, l’Église “ couvrira toutes les régions de la terre ”, selon la mesure où elles seront géographiquement connues des contemporains, et selon la mesure où elles seront pratiquement abordables pour les peuples qui, les premiers, auront bénéficié de l'Évangile. A coup sûr la catholicité morale comprendra des territoires beaucoup plus vastes au XIXe siècle et XXe siècle qu’au XIIIe et XIVe :.
158. La véritable Église de Jésus-Christ est sainte. — La sainteté, en tant que note de l’Église, est la transcendance de la vertu morale existant d’une manière continue dans l’Église 6 : J' 1s-Christ, au nom des principes que cette Église professe *.
La transcendance de la vertu moraie est l'existence des vertus supérieures chez un bon nombre et des vertus héroïques chez quelques-uns. Et donc, la sainteté, note de l’Église, n’est pas cette vertu commune identique à l’honnéteté, et qui consiste dans la fidèlité aux obligations extérieures et courantes de la morale, notamment aux devoirs de famille et aux préceptes de justice. La
1. Dict., Apol., de la Foi catholique, fase. V, col. 1286-1287. 2. Ibid., fasc. IV, col. 1279.
vertu commune, tout en n'étant pas sans un rapport étroit avec la pratique du c'.istianisme, ne peut cependant rentrer .n ligne de compte lorsqu'il s'agit de la sainteté de l'Église, car elle n'est pas une chose qui dépasse avec évidence les force morales de la nature humaine et qui accuse au dehors une intervention extraordinaire de Dieu.
Et lorsque nous disons que l’F'ilise de Jésus-Christ est sainte, nous entendon: s enseignements mis
aux yeux au jugement de toute rces morales de la nanscendance que l’on ap-
1) Jésus-Christ à voulu que son ÿglise fût sainte, Car, au dire de saint Paul : “Ila a. iè son Église, et il s’est livré à la mort pour elle, afin de la sanctifier ” (Éru., v, 27).
2) Son Église, le Sauveur a encore voulu qu’el ‘ft un foyer de sainteté, puisqu’ “ il a fait les uns ap ::s, les autres prophètes, d’autres Pasteurs et docteurs pour la perfection des saints ” (ÉPx., 1v, 11-12).
3) Cette sainteté, il la veut éminente : “ Soyez parfaits comme mon Père céleste est parfait ” (Marrux., v, 48).
4) Tous sans doute ne répondent pas au désir du de l’ivraie mêlée au bon grain ; ant promis une assistance spé-
de ses meml’instituant.
Il doit donc y avoir dans la véritable Église des membres d’une éminente sainteté ; et cette sainteté doit se manifester par des œuvres sensibles et par des signes évidents : ‘‘ Celui qui croira en moi fera les œuvres que je fais et il en fera de plus grandes encore ” (JEAN, xXIv, 12) ; et ailleurs : ‘“ Voici les prodiges qui accompagneront ceux qui auront cru : ils chasseront les démons en mon nom, ils parleront des langues nouvelles, ils prendront les serpents et s’ils boivent quelque poison mortel, il ne leur nuira point ; ils imposeront les mains sur les malades et ils seront guéris ” (Marc, xvi, 17-18).
159. Force probante des quatre notes. —L’existence simultanée des quatre notes constitue un fait qui dépasse manifestement les forces morales de la nature humaine, et qui accuse l'intervention extraordinaire de Dieu. :
“ Tant de vertus supérieures ou héroïques, produite: avec tant de continuité, tant de fécondité, alors que la nature humaine est si facilement portée à l’amour propre, à la sensualité, aux vices qui en résultent (sainteté) ; — une continuité aussi durable et persistante, à travers les siècles, alors que les sociétés humaines subissent des bouleversements si radicaux, des transformations si profondes (apostolicité) ; — une autorité gouvernante et erseignante qui détermine constamment l’unité la plus intime de conduite et de croyances parmi les âmes, alors que la nature humaine est si facilement portée à la révolte, à l'indépendance de l’action et surtout de la pensée (unité) ; — une diffusion aussi large et puissante à travers le monde entier, malgré la rigueur de l’unité qu’il faut maintenir, et cela en vertu d’une force toute morale et spirituelle, alors que la division et le morc<!lement sont la loi des sociétés humai-
nes, dès que la force ne garantit plus la cohésion (catholicité) : i 5 pas là un prodige déi i moral, dont la trans-
obligent à reconnaître
De l'intégrité et unité indivisible de l'Eglise, Dow GRéa, L'Eglise, v.
L'Eglise de Jésus-Christ, SIR AbOLPHE Rovrier, De l'Homme à Dieu, P. 251.
1. Dict., Apol., de la Foi Catholique, fase. V, col. 1297-1298.
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