Cnapmax, L'âme anglicane, p
3) La confession d’Augsbourg des Luthériens et les XXXIX articles des Anglicans prouvent amplement l'absence d’unité de gouvernement chez les protestants. Au reste, cette confession et ces articles ne sont que de simples formulaires de foi qui ne pèsent pas beaucoup aux yeux des uns et des autres.
4) En 1850 un pasteur anglican, Gorham, niait publiquement la vertu du baptême. L’évêque d’Exeter, l'archevêque de Cantorbéry, le condamnèrent ; mais le tribunal de la Reine cassa le jugement, et maintint Gorhamen fonctions. Où est denc l’unité de gouvernement dans l’Église anglicane? L'autorité royale qui est celle de l’Anglicanisme juge d’une façon et les évêques de l’autre.
Il y a une tendance de plus en plus prononcée chez les ritualistes à s’unir à Rome. Dans une réunion de ritualistes, Lord Halifax s’exprimait en ces termes : “ Ne craignons pas de le dire franchement, l’union avec Rome est possible, elle est désirable... Déclarons-le sans détour, nous désirons la paix avec Rome de tout notré cœur.”
Au congrès de Yarmouth, en 1907, quelques personnages en vue de l’Église ritualiste ont parlé à peu près de la même façon :. À
162. Le Protestantisme n’a pas l’apostolicité. — 1) C’est un fait incontestable que le Protestantisme date du X VIe.siècle. !l ne remonte donc pas par une succession ininterrompue jusqu'aux apôtres. En d’autres termes, il n’a pas l’apostolicité d’origine.
2) L'hypothèse d’une Église invisible avant Luther est absurde. Peut-on raisonnablement supposer que
1. Cf. Revue du clergé français, 15 nov. 1907. RaAGEy, Le Rituulisme, p. 40.
Jésus-Christ, venu pour sauver les hommes, des êtres composés d’un corps et d’une âme, chez qui toute connaissance a pour principe les facultés sensibles, ait tenu caché, seize cents ans durant, le moyen d'arriver au ciel, c’est-à-dire, l’Église ?
83) Les variations dans les croyances protestantes nous font voir encore clairement que leur doctrine ne vient pas directement des apôtres. Ils n’ont donc pas non plus l’apostolicité dans la foi.
4) Pourquoi les réformateurs n'ont-ils pas prouvé par des miracles gw’ils avaient reçu mission directe de Dieu? C’est ce qu’a fait Jésus-Chri donc en droit de dire d’eu mait autrefois de l’héréti “Ce Novatien qui dogmatise, glise, ni évé-
angélique et st né de lui-
163. Le Protests -tisme n’a Pas la catholicité. — 1) La catholicité suppose l'unité : elle est la diffusion de l’Église, une, toujours la même. Or le Protestantisme n’a pas l'unité (161).
2) A proprement parler il n’y a pas d’Eglise protestante, mais des églises protestantes. Ainsi il y a l’Église de Suède, de Norvège, de Danemark, etc.
La communion anglicane elle-même est circonscrite aux régions, d’ailleurs très vastes, de domination, de langue ou d'influence britannique.
4) Remontant au XVIe siècie, le Protestantisme n’a pas l’universalité dans la durée ; et fractionné en une foule de groupes qui s’émiettent, il n’a pas davantage l'universalité dans l’espace (152). Les Églises protestantes sont Purement nationales.
5) En fait, très peu nombreux en France, en Turquie, en Grèce, en Russie, les protestants ne comptent pour ainsi dire point en Italie, en Espagne et en Autriche. Et, à part les États-Unis, et les Indes anglaises, nous ne les trouvons guère ea dehors de l’Europe.
6) Au témoignage des protestants eux-mêmes, leur religion n’a pas la catholicité. Il manque à ses prédicants l'esprit d’apostolat et d’évangélisation. ‘Je le déclare, quoique à regret, disait l’évêque anglican de Salisbury, dans ur rapport officiel, nos missionnaires n’ont aucun succès.” Car, au dire d'Alexandre Dumas, “ ils n'officient sur l’autel du vrai Dieu que pour officier simultanément sur l’autel du veau d’or ”.
164. Le Protestantisme n'a pas la sainteté. —On ne rencontre pas dans le Protestantisme cette pratique continue des vertus supérieures par un grand nombr', des vertus héroïques par quelques-uns, laquelle ne peut être l'effet des doctrines proïessées par cette Église, et nous oblige à reconnaître l'intervention spéciale de Dieu. En d’autres termes, le Protestantisme n’a pas les moyens de produire la sainteté, et de fait, cette transcendance morale n'existe pas en son sein.
1) Le Protestantisme détourne les fidèles de la pratique des vertus supérieures et des vertus héroïques dans la mesure où ceux-ci acceptent ou retiennent l’une de ses doctrines capitales : la justification par la foi sans les œuvres. “ Certes, si on l'entend correctement, la doctrine protestante de la foi sans les œuvres ne supprime nullement la loi morale nitout devoir chrétien. On ne doit pas prendre au pied de la lettre le paradoxe fameux: Pecca fortiter, crede fortius (pèche fortement, mais crois plus fortement encore). Mais, indubitablement, la doctrine de la foi sans les œuvres déclare inutiles, sinon
même nuisibles, toutes les œuvres surérogatoires, toutes les pratiques de sacrifice et de renoncement inspirées par les conseils de l'Évangile. C'est au nom même du principe de la foi sans les œuvres que les instituts religieux d’hommes et de femmes disparurent partout où triompha le Protestantisme, et, du même coup, tombèrent en désuétude et en discrédit les plus hautes vertus chrétiennes. De nos jours, lorsque certains protestants reprennent quelque chose des œuvres surérogaloires, notamment la profession des conseils évangéliques par la ‘ vie religieuse ”, ils le font malgré les principes, malgré les coutumes, malgré les réclam propre Église, ils le font i principes et par imitation l'Église catholique romaine 1,”
2) Les Églises protestantes ne possèdent pas non
uronne de saints qui aient constamment re.
présenté parmi les “ * la vertu héroïque, ni
plus austères de l'Évangile. “ La grande majorité de ceux qui se sont attachés à la réform ne s’est proposé que de se s Pape et des évêques, de seco Pour s’abandonner libremen Passions charnelles.” les larmes des hommes n schisme du XVIe siècle.” la Révélation chrétienne, Passions, voilà ce à quoi Pour s'en convaincre, il s cueil que lui font le ration
asp ES
Assurément, on ne peut pas le nier, il y a chez quelques protestants l'état permanent sinon de vertu héroïque, du moins de vertu supérieure. Il y a aussi beaucoup d’actes de dévouement et d’héroïsme. Tout cela, cependant, n’est pas l'effet de la doctrine qu'ils professent comme protestants, mais plutôt le résultat d’une heureuse insonséquence dans leur conduite qui, à leur insu, est conforme aux principes de l'Église catholique. Au reste, le même phénomène se passe en sens inverse chez certains catholiques. En efet, si, parfois, on trouve l'irréligion et l'immorelité parmi des membres de l Église Romaine, c’est que ceux-ci sont en contradiction avec les principes de la doctrine qu’ils professent.
On ne neut conclure de là que le niveau moral et religieux des protestants soit plus élevé que celui des catholiques. Nous parlerons plus loin des notions catholiques comparées aux nations protestantes (202). En attsndant, contentons-nous d’affirmer, avec certains auteurs qui font auturité en la matière, que Je niveau moral et religieux des pays protestunts n’est pas à envier. Ainsi, selon M. Goyau :, dans le nord de l’Allemsgne, “ les villes et leurs périmètres sont devenus des cimetières spirituels ”. C’est la même chose en Angleterre. “ La population de Londres, — écrivait M. Léon Faucher, — apparaît à la fois plus violente et plus dépravée que celle de Paris... Tous les éxcès qui supposent les passions sans frein, y ont libre carrière *.” Dans ses Etats Unis contemporains (T. II, ch. xxt), M. Claudio Janet nous trace un portrait peu flatteur de la société américaine.