L'ÉGLISE GRECQUE N’A PAS LES NOTES DE LA VÉRITABLE ÉGLISE
Sommaire. — 165. Origine de l'Église grecque: ses principales formes. — 166. L'Église grecque n'a pas l'unité. — 167. L'Église grecque n'a pas l'apostolicité. — 168. L'Église grecque n'a pas la catholicité. — 169. L’ Église grecque n'a pas la sainteté.
165. Origine de l'Église grecque : ses principales formes. — A. ORIGINE DE L'ÉGuisE GRECQUE. L'Égliée grecque remonte au grand schisme d'Orient commencé en 857 par Photius, patriarche de Constantinople, et consommé au milieu du XIe siècle par Michel Cérulaire. On peut lui assigner trois causes : c générale, cause spéciale, cause auxiliaire.
1) Cause générale. La première cause, la cause gér rale de cette séparation définitive entre l’Or’ ‘nt et l'Occident, fut le rivalité séculaire entre les deux influences, grecque et Latine, qui, depuis le Ille siècle avant Jésus- Christ, partageaient le monde e: deux camps bien distincts. Cetterivalité - continué .'exister même quand Rome eût absorbé l’univers.
2) Cause spéciale. La seconde cause, la cause spéciale du schisme, ont été l’orgueil et l'ambition des évêques orientaux. Ceux-ci habitant Constantinople, résidence de l'Empereur, ne nouvaient plus supporter la domination de l’Église Romaine. Le prestige de Byzance augmentait de jour en jour et avec lui l’or-
gueil des chefs de l'Église orientale. Au reste, ne comptaient-ils pas Parmi eux des savants et des saints qui Pouvaient en imposer au pape de : ome ? Saint Athanase, saint Cyrille, saint Jean-Chrysostome, saint Grégoire de Naziance, saint Basile étonnaient le monde par leur science et leur vertu, C'était plus qu'il n'en fallait pour se s parer de Rome ei vivre indépenda mment d'elle, .
3) Cause auxiliaire, La troisième Cause, la cause auxiliaire, 4 né aux évêques orientaux par urs de Constantinople jaloux de l’autorité de Évêque de Rome, En diminuant le prestige de Rome, les Byzance augmentai
ntative de otius échoua. Mais l’idée et, en 1054, Michel Cérulaire consommait définitivement la rupture, B. PriNcrpare Au moment de la étaient les quat Jérusalem, r et portait Je + A l'Église grecque vint
Composé de sept membres : les trois métropolitains de Saint-Pétersbourg, de Kiew et de Moscou, deux archevêques et deux archi prêtres. Les délibérations du Saint-
Synode sont surveillées par un représentant laïque de l’empereur, le procureur général du Saint-Synode, et les résolutions sont soumises à son contrôle. En réalité, l’Église Russe est une Église nationale entre les mains du Tsar.
En 1833, l'Eglise du royaume de Grèce se sépara du Patriarcat de Constantinople. L'administration de l’Église du royaume de Grèce est calquée sur celle de la Russie. Il y a un Synode de cinq évêques soumis au gouvernement royal.
Sous le nom d’ Église grecque, on place le Patriarcat de Constantinople, l'Eglise Russe et l'Eglise de Grèce.
:66. L'Église grecque n’a pas l'unité. — A. L’ É- GLISE GRECQUE N’A PAS L'UNITÉ DE DOCTRINE.
1) Elle rejette plusieurs dogmes qu’elle admettait avant Photius, entre autres, la primauté des pontifes romains.
2) Pratiquement, dans V Église grecque, le magistère enseignant, source de l’unité, n'existe pas. Pour les Orientaux, ce magistère est le Concile Œcuménique. Or, le septième Concile Œcuménique, le dernier qui soit reconnu par les Églises orientales, date de l’an 787. Depuis lors il n’y en a pas eu ; et, pour bien des causes, l'impossibilité de réunir un concile œcuménique paraît irrémédiable. Et donc, il y a 1130 ans que le magistère enseignant n’a pu s'exercer en Orient. Après cela on peut se demander où est l’unité dans l’Église grecque. . 3) Il y a bien un magistère propre à chaque évêque qui exerce une police spirituelle, qui prohibe les livres jugés périlleux, mais ce magistère n’a pas le droit de définir la foi et de trancher les nouvelles controverses théologiques, par des sentences doctrinales dont la vérité s'impose d’une manière absolue à l’adhésion intime de tous les croyants. Cette autorité, pour les orientaux,
est le privilège exclusif du Concile Œcuménique. Celui-ci, nous l'avons Vu, ne peut pas se réunir depuis près de douze siècles.
4) L'Église grecque Au témoignage d’Élisée R
groupes : ‘les vieux dogmes fondamentaux
les sectaires qui rejettent la et enfin les fanatiques pratile suicide, le meurtre des en-
B. L'Écuse GRECQUE N’A PAS L'UNITÉ DE GOU- VERNEMENT. 1) L'Église grecque est soumise à l’autorité de différents patriarches indépendants les uns des autres.
sièges, et ils les reconnaiss légitimes de saint Pierre.
1. La Croix de Paris, 12 mai 1905? Cf. MouLarr et ViNcExT, ouv. cit., p. 345.
gine de l’Église orientale depuis le XIe siècle ; nous savons le nom de son auteur, les circonstances qui ont déterminé sa séparation et le lieu où elle a surgi ; tout cela nous prouve que ses chefs ne descendent pas des apôtres.
3) Il est vrai que les évêques de l’Église grecque sont de vrais évêques ; le sacerdoce existe réellement chez eux, ils ont le pouvoir d'ordre. Mais ce qui leur manque toujours c’est le pouvoir de juridiction, c’est-àdire la faculté d'exercer licitement les pouvoirs reçus à leur consécration épiscopale. Cette faculté, c’est le pape, le véritable successeur de Jésus-Christ, qui la donne. Et ils ne reconnaissent pas l’autorité du pape.
4) L’apostolicité, — succession ininterrompue depuis les apôtres du pouvoir de gouverner et d’enseigner dans l’Église, — suppose nécessairement la profession inaltérable d’une même doctrine, et partant, l’unité. Or, l’Église grecque n'est pas une, ni dans sa doctrine ni dans son gouvernement. Aux schismatiques d’aujourd’hui, nous pouvons adresser les mêmes paroles dont saint Hilaire se servait pour réfuter ceux de son temps : ‘“ Vous êtes venus trop tard ; nous savions longtemps avant vous ce qu’on doit croire de Jésus- Christ, de l’Église et des sacrements. Votre apparition tardive est votre condamnation. Le bon grain a été semé et il a poussé avant l’ivraie” (Trinité, Liv. IV).
168. L'Église grecque n'a pas la catholicité. — 1) Cantonnée seulement dans quelques pays, formée d’églises nationales qui n’ont aucun lien entre elles, l'Église grecoue n’a donc pas l'unité dans l’espace ou la «atholicité. à
2) Soumise aux pouvoirs civils, spécialement en Rus-
sie, elle n’a d’autres extensions que les Progrès politiques de la domination grecque ou russe. Elle est donc privée du caractère de la catholicité.
3) Dira-t-on que l’Église grecque, toute nationale et ethnique qu’elle est, fait partie de la chrétienté universelle qui, avec elle, comprend l'É l’Église Anglicane. C’est la théorie Cette conception, moins fictive.
indémais uniquealement uni-
r cette diffusion ne grecque. Celle-ci n’est donc Pas catholique.
4) L'Église grecque n'a pas l'esprit d’apostolat, “on
ne voit pas chez elle cet esprit de Prosélytisme généreux et dévoué qui, par des travaux incessants, cherche à communiquer la foi aux peuples qui en sont encore privés. Où sont ses missionnaires et ses apôtres ? Où vont-ils chercher les âmes à sauver au prix de leurs sueurs et de leur sang ? En fait de prosélÿti:me le schisme grec ne connaît que celui qui s’exerce parla violence et l'oppression, qui force les peuples à l’apostasie par les vexations les plus iniques, les déportations les plus barbares, la persécution la plus perfide et la plus implacable :,”
169. L'Église grecque n'a pas la sainteté. — ) On ne saurait le contester, l’Église grecque possède en soi la sainteté active ou des principes, En effet, elle a conservé presque tous les moyens de sanctification qui
L, RuTTEN, Cours élémentaire d'Apologétique, cité par VaLzve- KENS, p. 567.
sont dans l’Église Romaine. Cependant, elle est vouée à une absolue stérilité. Elle ne produit pas, dans quelques-uns de ses membres ni dans un grand nombre, ces vertus héroïques et supérieures qui, continuellement pratiquées, constituent la sainteté. En d’autres termes, elle n’a pas la sainteté passive. Les Églises orientales ont bien canonisé quelques personnages depuis la séparation, mais il ne sont qu’un tout petit nombre, et dans leur procès de canonisation, il n’y a guère d'enquête rigoureuse et méthodique sur le fait même qui serait capital, au point de vue qui nous occupe : l’héroïcité des vertus.
2) Les vertus supérieures que l'esprit des conseils évangéliques doit multiplier dans la véritable Église du Christ, comme son bien social, son trésor de famille, l'Église grecque en offre des exemples peu nombreux et plutôt espacés.
3) La vie sacercotale et la vie monastique n’y représentent généralement pas une ferveur spirituelle, une excellence morale qui dépasse de beaucoup l'honnêteté commune.
4) Les œuvres religieuses, apostoliques, charitables qui manifestent la fécondité surnaturelle de la véritable Église y sont plutôt rares pour ne pas dire complètement absentes.
5) Les fondateurs de l’Église grecque n’ont pas brillé par la sainteté. Photius était un hypocrite plein d’astuce, et Michel Cérulaire un ambitieux ignorant.
Pour ce qui est de l’Église Russe, Joseph de Maistre l’appelait ‘‘ un cadavre congelé dont le froid a consevé les formes *”’. Dans Les Parfums de Rome (T. I), Louis Veuillot emprunte au grand philosophe la citation sui-