‹ Leçons d'apologétique [microforme] (volume 2)Chapitre 142 sur 211 · VALVERENS, ouv. cit., pp · texte numérisé non relu

VALVERENS, ouv. cit., pp

mœurs, et s'étendre à tous les chrétiens, c’est-à-dire être adressé, soit immédiatement, soit médiatement, à l'Eglise universelle.

191. Le pape possède l’infaillibilité. — Nous voulons prouver que le pape seul, indépendamment des évêques, peut, sans se tromper, proposer, commenter, expliquer les vérités révélées aux fidèles.

1) Lorsque Jésus-Christ dit à saint Pierre : “ Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l’enfer ne prévaudront jamais contre elle ”, il a proinis et conféré l’infaillibilité au chef des apôtres ainsi qu’à ses successeurs. En effet, par ces paroles, Pierre et ses successeurs devenaient le fondement inébranlable de l Église. Et s’ils ne sont pas à l’abri de toute erreur dans leur enseignement, ils ne méritent pas d’être appelés le fondement inébranlable, car ceux dont la doctrine est faillible sont plutôt chanceïants.

2) Le Sauveur s'adresse encore à Pierre dans les terme® suivants : “ J'ai prié pour toi afin que ta foi ne défaille point ; toi donc, une fois converti, confirme tes frères.” Dans cette prière, Jésus demande que la foi du chef des apôtres ne défaille pas, et cela, pour que Pierre puisse affermir la foi des autres apôtres. Or la prière du Sauveur a dû nécessairement être exaucée. C’est donc pour Pierre seul, en qualité de chef de l'Eglise, que Notre Seigneur a obtenu l’infaillibilité.

3) Après la résurrection, Jésus-Christ confie à Pierre la charge de “ paître ses agneaux et ses brebis ”. Le chef des apôtres est donc constitué le suprême pasteur. Comment pourra-t-il remplir cette fonction s’il conduit le troupeau dans les pâturages empoisonnés de l’erreur? Pour être vraiment un pasteur digne de ce nom il faut, de toute nécessité, que Pierre puisse guider sûre-

re

ment ses agneaux et ses brebis ; il faut qu'il soit en état de leur dire sans danger d'erreur où est le vrai et le faux, où est le bien et le mal dont ils doivent se garder ; en d’autres termes, le chef de l’Église doit être infaillible.

4) C’est l'enseignement de la tradition. Les pères et les docteurs de l’Église reconnaissent l’infaillibilité du pape : “ Rome a parlé, la cause est terminée”, écrit saint Augustin. De son côté, saint Ambroise déclare que là “ où est Pierre, là est l’Église ”. D’ailleurs, les autres églises ont toujours recouru à celle de Rome pour trancher leurs contrôverses en matière de foi et l’on a constamment reconnu aux Souverains Pontifes le droit de condamner les hérésies sans recourir aux évêques. Ajoutons que le concile du Vatican a fait un article de foi de l’infaillibilité pontificale (18 juillet 1870). Avant lui, les conciles de Chalcédoine, de Lyon, de Florence et de Vienne avaient rendu hommage à l’infaillibilité du chef de l’Église Romaine,

5) La raison réclame l’infaillibilité du Souverain Pontife. Chef de l’Église, le pape doit guider, conseiller, éclairer, avertir, réprimander. Comment pourrait-il remplir en toute liberté ces nombreux devoirs s’il n’avait pas reçu cette assistance spéciale appelée infaillibilité, en vertu de laquelle il ne peut pas se tromper lorsqu’il se prononce sur des questions de foi ou de mœurs ? L'obéissance que lui doivent les pasteurs, prêtres et évêques, serait moins prompte, moins spontanée, s’il ne pouvait l’exiger avec cette autorité impérieuse que lui donne l’infaillibilité. Souvent, on contesterait ses ordres, et de là au schisme, il n’y a qu’un pas. Les autres églises, où les chefs manquent d’une autorité infaillible, nous offrent les tristes exemples de divisions

intestines qui conduisen

t ordinairement à une ruine certaine.

LECTURES

Monsa8ré, Carême 1882, Deuxième conférence.

Besson, L'Eglise, Dirième conférence.

Bouaaun, V, VI.

Le christianisme et les temps présents,

iv, ch,rv, v

Page 1