Ibid, Pp
dividuelle, à cause de son imperfection et des autres difficultés, ne peut certainement pas d’elle-même dirimer d’une façon définitive les controverses qui ne manquent pas de s’élever au sujet des questions religieuses.
2) L'inspiration du Saint-Esprit n’est pas apte à mettre fin aux discussions. Exposée à être confondue avec les illusions et les rêves de l'imagination, elle est loin d'offrir les garanties nécessaires pour faire disparaître tous les doutes, toutes les hésitations.
3) L'autorité de l'Eglise protestante ne jouit pas du caractère d’infaillibilité. Elle aussi n’est donc pas une règle de foi sufisante.
IV. ELLE N’EST PAS PERPÉTUELLE ET INDÉFECTI- BLE. a) La raison individuelle change souvent dans ses appréciations et ses jugements. Et comme la vraie foi doit durer jusqu’à la fin des temps, toujours la même, il faut aussi que le moyen de la reconnaître ne change pas, reste toujours le même. Aussi, parce qu'elle change, la raison humaine n’est pas perpétuelle et indéfectible.
2) L'inspiration du Saint-Esprit. Pour durer toujours la même, l’inspiration du Saint-Esprit devrait être soustraite aux manières de voir, de penser, de chacun. Mais c’est ce qui n’est pas. A preuve, les différentes interprétations, souvent diamétralement opposées, que les partisans de ce système donnent aux textes sacrés. Elle est donc soumise aux caprises de la raison individuelle, et partant, ni perpétuelle, ni indéfectible.
3) L'autorité de leur Eglise. Cette autorité, n'étant pas infaillible, peut se tromper, et de fait, se trompe. Elle est donc soumise au changement, n’est pas tou-
jours la même, c’est-à-dire n'est pas Perpétuelle et ;ndéfectible.
205. L'Église Catholique possède la véritable e de foi est 1 "autorité infaillible hrist la mission d'in-
la Tradition, les deux sources de la Révélation.
L’AvToRIrÉ INFAILLIBLE DE L’ÉGuise CATHO- LIQUE EST VRAIMENT LA RÈGLE DE For. 1) d'agir du Sauveur le Prouve. Notre Seigneur est le fondateur de l’Église catholique, Ses instructions ont été orales, et il a obligé tous les hom condition. “ Celui qui croit au
La manière
Point la vie : mais la colère de (JEAN, nn, 36). Si Jésus-Christ eût v
terprète auprès des fidèles.
2) Les ordres donnés par le Sauveur aux apôtrs le démontrent. Jésus-Christ à commandé à ses apôtres de I] leur a promis l'assistance de
“ Toute Puissance Allez done nt au nom ;: et leur apprechoses que je vous ai commandées ” (Marrz., XXVII, 18-20), * Et je prierai mon Père, et il vous donnera un autre Consolateur, afin qu’il demeure éternellement avec vous ” (JEAN, XIV, 16). “ Celui qui vous écoute, m'écoute ; celui qui Vous méprise, me méprise ; et celui qui me méprise,
méprise celui qui m’a envoyé ” (Luc, x, 16). ‘“ Allez partout le monde, prêchez l'Évangile à toutes les créatures. Celui qui croira et qui sera baptisé, sera sauvé ; mais celui qui ne croira point, sera condamné ” (Marc, xvi, 15,16). De tous ces textes, nous sommes en roit de conclure que Jésus a constitué ses apôtres en autorité, avec la mission d’enseigner, de commenter sa doctrine, et que la condition du salut est d’accepter avec soumission ce qu’ils prêchent. L'autorité infaillible des apôtres, de par la volonté du fondateur de l'Église, est donc la véritable règle de foi.
3) La conduîte des apôtres le confirme. Fidèles aux ordres de leur Maître, les apôtres ont toujours regardé la prédication comme leur principal devoir ; et, à leur tour, ils ont averti leurs successeurs de bien veiller au dépôt de la foi. Ceux-ci ont fait de même : ils ont transmis à d’autres le pouvoir d’enseigner, leur recommandant bien de continuer leur œuvre “ jusqu’à la venue de Notre Seigneur Jésus-Christ ”, ‘ Gardez, par le Saint-Esprit qui habite en nous, l'excellent dépôt qui vous a été confié”. (I, Tim, 1, 14). ‘“ Et gardant ce que vous avez appris de moi devant plusieurs témoins, donnez-le en dépôt à des hommes fidèles, qui soient eux-mêmes capables d'en instruire d’autres ” (II Tim, I, 2). Comment expliquer cette conduite des apôtres si la règle de foi est la Bible seulement ?
4) La tradition l'enseigne. a) “ Vous devez vous conformer aux instructions des évêques, écrit saint Ignace, martyr, parce que nous sommes tenus de recevoir la personne envoyée par le chef de la maison pour gouverner la famille de la même manière que nous recevrions le chef lui-même. C’est donc évident que nous devons écouter les évêques comme le maître lui-même.”
b) “Oo Timothée, gardez le dépôt... fuyez ceux qui tiennent des discours vains et profanes... Quel est de nos jours ce Timothée sinon, d’une façon générale, l’Église universelle, ou plus particulièrement, tout le Corps épiscopale, à qui il convient ou de posséder ]a connaissance complète de la religion, ou de communiduer cette connaissance aux autres ? *” (VincENT DE LÉRiNs, Commonit, c. Xxn1).
c) “ Nous sommes en communion avec les églises fondées par les apôtres, parce qu'aucun n’enseigne des doctrines différentes de la leur ; cela est une preuve de la vérité.” script. c. XX1).
(tous les fidèles, où qu'ils vec l’Église de
, et en toutes circonstances, us est venue des apôtres ” ær., 8, 3).
Su mission de pré doctrine révélée.
B. L’aurorrré INFAILLIBLE DE L'ÉGrisE RÉALISE TOUTES LES CONDITIONS DE LA VÉRITABLE RÈGLE DE FOI. 1) Elle est universelle. En effet elle est à la portée de tous : savants et ignorants. Aux savants, elle est un guide sûr dans leurs recherches, et les empêche de s’aventurer sur des terrains dangereux et de faire faux pas; aux ignorants, par l'entremise des pasteurs et des évêques unis au pape, elle commente et explique la vérité révélée. Phare lumineux, roc inébranlable
sans cesse battu par les flots de l’erreur, elle est visible à tous, ét tous peuvent facilement la reconnaître.
2) Elle est certaine et sûre. Elle ne peut jamais se tromper, puisqu'elle est l'autorité de Dieu, la science et la véracité mêmes.
3) Elle est suffisante. L'autorité de l'Église catholique, parce que infaillible, dirime kes controverses d’une façon définitive. L
4) Elle est perpétuelle et indéfectible. Jésus-Christ lui a promis son assistance jusqu’à “la consommation des siècles.”
266. Objections. — I. Selon certains protestants, l'Écriture Sainte n’est obscure que dans les choses de peu d'importance. Quant aux vérités essentielles, et qu'il faut nécessairement croire, elles sont assez claires, assez lumineuses pour que chacun puisse de lui-même, à la simple lecture, les comprendre.
Réponse. — 1) Cette distinction entre choses essentielles et accidentelles, entre articles fondamentaux et non fondamentaux, a toujours été inconnue à toute l'antiquité chrétienne. Au reste, saint Pierre luimême parle en termes non équivoques de l'obscurité des Écritures, même sur des points essentiels, puisqu'il s’agit d'articles ‘ que des hommes ignorants et légers détournent... à de mauvais sens, pour leur propre ruine ” (IL Épe., 11, 16).
2) Mais quelles sont ces choses essentielles, ces articles fondamentaux, qui doivent être nécessairement crus, sous peine de damnation? Sur ce point comme sur beaucoup d’autres, il est impossible aux protestants de s'entendre. Les uns admettent tel ou tel dogme, les autres le rejettent. Il y en a même qui voudraient faire disparaître cette distinction entre articles
fondamentaux et non fondamentaux : plus de symboles de foi !
3) L'expérience prouve « tes chréti i
plus contradictoires, tiels, par exemple, s l'éternité des peines de l'enfer, sur la présence réelle de Jésus-Christ dans l'Euchatistie, etc.
n supposant iêine tituée
nts, tenu ni de se soumettre, ni II. ‘ Scrutez les Écri
Car ce sont . (Jean v, 39).
eur, le moyen pratique et facile de connaître la vérité, c’est la lecture de la Bible,
Réponse, — 1) II faut remarquer que dans ce passage, Jésus-Christ ne s'adresse pas à tous les hommes, mais aux chefs du peuple juif,
2) D’après les exégètes, le verbe sCrulemini, en latin, comme le mot grec qui lui Correspond, est ambigu. Il peut être pris soit à l'indicatif, vous scrutez, soit à l'in pératif, scrutez, Si] est pris à l'indicatif, le texte exprime une affirmation du Sauvur qui dit aux docteurs juifs : “ Vous scrutez les Écritures ”, pour savoir qui je suis, vous qui doutez de moi. Ce n'est plus le même sens, et on ne peut pas inférer de là que Jésus propose l'Écriture comme règle de foi.
= Cf. L.-N. BéGrx, ouv. cit., p. 67.
3) Si le verbe scrutemini est à l'impératif, scrutez, alors le Sauveur commande, ordonne aux docteurs juifs d'aller voir dans les Écritures pour se renseigner. Ces docteurs, capables d'examiner à fond les oracles messianiques, ne veulent pas croire au Sauveur. Alors celui-ci les renvoie aux prophéties qui rendent témoignage de lui. Comme ces prophéties sont contenues dans les Écritures, il faut bien que Jésus leur indique la source où ils pourront puiser des arguments pour se convaincre de sa divinité. C’est plutôt un conseil que leur donne le fondateur de l’Église : de plus, si par ce texte il eût voulu montrer que la Bible est la règle de foi, il se serait adressé à tous les hommes.
207. Les dogmes ne changent pas. — 1) L'Église enseignante, règle de foi, ne crée pas le dogme ; elle le conserve, elle le professe, elle l'explique, et au besoin, quand le moment est venu, elle le définit. “Si quelqu’un soutient qu’il est possible que les dogmes définis par l’Église à une certaine époque puissent, en raison des progrès des sciences, recevoir une autre interprétation que celle que l'Église a admise et admet. qu’il soit anathème,”” (Const. De Fide, 1v, c. 38).
2) Mais la connaissance que nous avons des dogmes peut se perfectionner non seulement dans chaque individu à mesure qu'il étudie davantage la religion, mais aussi dans l’Église qui prend une connaissance de plus en plus parfaite de ce qui est contenu dans le dépôt de la Révélation. On s’explique ainsi comment il peut y avoir dans l’Église des définitions nouvelles, bien que la Révélation divine soit invariable.
3) C’est donc à tort que l’on reproche à l’Église de ne faire aucun progrès à cause de l’immutabilité de ses dogmes. Ce reproche suppose que le progrès implique
nécessairement altération, tandis qu'au contraire il implique l'accroissement dans l'identité, Une chose qui s'altère ne progresse pas, elle cesse d'être ce qu'elle était, voilà tout, Le dogme catholique progresse en ce sens que restant toujours le même, il se développe, il s’éclaircit et prend une forme plus parfaite :
LECTURES
De Genève à Rome par Cantorbéry, Anbré pe Bavier, Revue des eunes, 10 oct. 1916.
L'infaillibilies au XIXe siècle, D. SenriLLanoes, Revue des Jeunes, 25 oct. 1916.
L'ordre divin dans l'Eglise, D. SERTILLANGES, Jbid, 10 août
1. Cf, R. P. pe La Banner, Vie du dogme catholique : Hunter, Th. dogt.L., p.223, De PASCAL, ouv. cit. pp. 499-500.
MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART (ANSI and ISO TEST CHART No. 2)
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