‹ Leçons d'apologétique [microforme] (volume 2)Chapitre 149 sur 211 · LES SOURCES DE L'ENSEIGNEMENT DE L'ÉGLISE ROMAINE · texte numérisé non relu

LES SOURCES DE L'ENSEIGNEMENT DE L'ÉGLISE ROMAINE

Sommaire. — 208. Les sources de l’enseignement de l’Église Romaine sont l’Écriture Sainte et la Tradition. — 209. Ce que l'on entend par Inspiration. — 210. Les preuves de l’Inspiration de l’Écriture Sainte. — 211. Interprétation de l'Écriture Sainte. — 212. Lecture de l’Écriture Sainte.

208. Les sources de l’enseignement de l'Église sont l’Écriture Sainte et la Tradition. — La vérité révélée parvient continuellement à l'Église par deux canaux : l’Ecriture Sainte et la Tradition. En effet, Dieu ne nous instruit pas directement, immédiatement, il le fait par l’intermédiaire de la société fondée spécialement pour transmettre aux générations futures les vérités nécessaires au salut. Cette société religieuse instituée par Jésus-Christ n’invente pas la doctrine qu’elle a mission d’enseigner ; elle la prend là où elle se trouve sans pouvoir rien y ajouter et rien lui retrancher. Or la Révélation, la doctrine de Jésus-Christ, est contenue en partie dans les livres écrits par ces hommes spécialement choisis par lui, livres appelés Ecriture Sainte, ou bien elle nous est parvenue en partie par d'autres moyens authentiques et dignes de foi, et alors on lanomme Tradition. L’ Écriture Sainte est l’ensemble des livres écrits par des hommes choisis de Dieu, sous la dictée de l’Esprit-Saint, et reconnus par l’Église comme inspirés.

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Dans cette leçon nous envisagerons l’Écriture Sainte non plus comme un livre humain, un document historique d’une grande valeur, — c’est ce que nous avons fait dans la première partie, — mais comme un livre divin, inspiré, un document écrit sous la dictée de l’Esprit-Saint. Quant à la Tradition, il en sera question dans la lecon suivante.

209. Ce que l’on entend par Inspiration. — Léon XIII, dans son Encyclique Providentissimus Deus définit l'inspiration comme suit : “ Une impulsion surnaturelle par laquelle Dieu a excité et déterminé les écrivains sacrés à écrire, les a lui-même assistés tandis qu'ils écrivaient, de telle sorte qu’ils concevaient exactement, voulaient rapporter fidèlement, et exprimaient avec une vérité infaillible tout ce qu’il leur ordonnait et seulement ce qu’il leur ordonnait d'écrire.”

La notion intégrale de l’Inspiration comprend donc trois parties : il y a d’abord motion sur la volonté de l'écrivain, puis i{lumination de l'intelligence, enfin assistance durant la composition.

D'abord, pour que l'écrivain qui doit transmettre aux hommes de la part de Dieu, soit un récit historique, soit des vérités dogmatiques ou morales, se décide à écrire, il faut que sa volonté soit doucement et efficacement excitée par la motion divine. C’est une sorte de suggestion intérieure à laguelle l’homme acquiesce sans connaître nécessairement son origine.

Ensuite l'intelligence est éclairée d’une manière spéciale. Cette illumination n’apprend rien de nouveau à l’homme ; elle ne supplée ni à ses souvenirs, ni à son travail personnel, sans quoi elle se confondrait avec la Révélation. ‘“ L'illumination intellectuelle fait que parmi ses souvenirs ou dans ses recherches l'élu perçoit

dans une clarté plus intense les faits ou les idées que l'Esprit-Saint veut exprimer, et qu'il s’attache exclusivement à ces idées ou à ces faits. Tout ce qui n a pas été baigné dans la lumière divine et ainsi désigné à son choix n'existe pas pour lui en ce moment ‘.

Enfin l’assistance consiste en ce que l’Esprit-Saint veille à la composition de l’ouvrage. Grâce à cette surveillance, aucune erreur échappée à la faiblesse humaine ne peut se glisser dans le texte *.

Dans la composition des Livres Saints, l’action divine s'est combinée avec l’activité humaine, de telle sorte que la Bible a deux auteurs : Dieu et l’homme. “ Deux causes efficientes concourent à la composition d’un écrit inspiré, une cause principale qui est Dieu, et une cause instrumentale ou secondaire qui est l’homme. Tout le travail est de l’homme, car le travail c’est l’activité luttant contre les obstacles et s’exerçant avec effort. Or, du côté de Dieu, il ne saurait y avoir ni effort, ni obstaclé. Mais, d’autre part, toute l’'Écriture est de Dieu, parce que tous les éléments qui la constituent sont déterminés par l'inspiration divine °.”

210. Les preuves de l'inspiration de l'Écriture Sainte. — 1) Preuves tirées de l'Ecriture Sainte. a) D'après saint Pierre, “ ce n’a point été par la volonté des hommes que les prophéties nous ont été anciennement apportées, mais ç’a été par le mouve-

1. Sousrx, Nouvelle Théologie Dogmatique, vol. V., pp. 113-114.

2. Dr Dintor, Traité de la Sainte Ecriture, pp. 175 etsuiv. Dict. Apol. de la Foi cath., fasc. IX, col. 894-917.

3. Tu. Cazmes, Qu'est-ce que l'Ecriture Sainte, pp. 42-43. G. De Pascaz, Le Christianisme, exposé apologétique, lère Partie, pp. 469-486.

4. L'Écriture Sainte est prise ici non comme livre inspiré mais comme document historique digne de foi.

ment du Saint-Esprit que les saints hommes de Dieu ont parlé,” (II Ép., 1, 21).

b) Aux Actes des Apôtres (xxvin, 25), il est dit que “c’est avec grande raison que le Saint-Esprit a parlé à nos pères par le prophète Isaïe.”

c) Saint Paul parle de “ l’Écriture inspirée de Dieu,” (II Tim, 11, 16).

d) Saint Pierre parle des Épîtres que saint Paul a écrites ‘ selon la sagesse qui lui a été donnée,” (I Ér., int, 15, 16).

2) Preuves tirées de la tradition. a) Saint Clément de Rome (Ép. aux Cor., 45) appelle les livres de l’Ancien Testament, “ les vraies paroles du Saint-Esprit.”

b) Saint Justin, martyr, dit que les prophètes “ ont été inspirés par le Verbe,” (APoL., 1, 36).

c) Saint Clément d'Alexandrie dit que les Livres saints sont les “ paroles divines,” (STROM., 1x, 345).

3) Preuve tirée de l’enseignement de l'Eglise. Au concile du Vatican l’Église a déclaré qu’elle tient pour sacrés les livres de l’Ancien et du Nouveau Testament, “ non point parce qu’après avoir été composés par le seul arc de l’homme, ils ont ensuite été approuvés par l’autorité de l’Église, ni pour ce seul motif qu'ils renferment la révélation sans erreur, mais parce qu'écrits sous l’inspiration de l'Esprit-Saint, ils ont Dieu pour auteur et ont été confiés comme tels à l’Église ellemême,” 58., 3, C. 2).

On appelle canon la collection authentique des livres inspirés, et Ecritures canoniques tous les livres ou parties de livres appartenant à cette collection !,

211. Interprétation de l’ Écriture Sainte, — L'interprétation de l’Écriture Sainte appartient à l’auto-

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