‹ Leçons d'apologétique [microforme] (volume 2)Chapitre 155 sur 211 · QUARANTE-NEUVIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

QUARANTE-NEUVIÈME LEÇON

QUELQUES ENSEIGNEMENTS DE L'ÉGLISE ROMAINE (suite)

Sommaire. — 223. Enseignement de l’Église ‘au sujet du péché originel. — 224, Enseignement de l'Église au sujet de l’Eucha-ristie. — 225. Enseignement de l'Église au sujet de la confes-

sion. £

223. Enseignement de l'Église au sujet du pécaé originel. Au sujet :du péché originel l’Église «nseigne. a) qu’Adam: et. Eve ont péché ; : b) :que: ler faute a: été transmise.à leurs descendants. SENTE

A: ADAM er Evp-onT:. PÉCRÉ. : 1): Avec: la: grâe sanctifiante, don strictement surnaturel.et gratuit, nos premiers parents reçurent en naissant d’autres privilèges qui, sans être supérieurs’ aux exigences de toute créature, ne peuvent néanmoins appartenir à l’homme en vertu de la seule natüre!” Ces privilèges exiranaturelg oupréternaturels sont habituellement désignés sous le nom ‘d’intégrité (exemption'lle tous les mouvements déféglés de la chair), d'immortalité (exemption de la mort), d'in passibilité (exemption de da souffrance et de la douleur) et ils constituent proprement l'état de justice originelle. Adam et Eve recurent encore une science éminente, dite infuse, parce qu’elle n’était pas le fruit de l’étude et de l’expérience. Cette science, elle leur avait été donnée à titre personnel, c’est-à-dire qu’ils ne pouvaient la transmettre à leur postérité ; tandis que la justice

originelle, n'eût été leur faute, devait & tage de leurs nombreux d scendants.

2) L'histoire de la Réde trer qr'Adam a commis un grâce senctifiante et les don appelé péché originel n privé les descendants du premier homme de tous les privilèges auxquels ils avaient un certain droit, étant ses héritiers, Le péché originel est actuel pour Adam et habituel (état qui résulte de Ja faute personnelle d'Adam) Pour sa postérité. Aussi bien, disons-nous que notre premier père a cmmis le péché originel, tandis que nous, $es desce

Contracté la tache originelle, I

tifiante, voilà qui constitue es

ginel. Lorsque nou

tre aussi le par-

mption est là pour démonacte qui lui a fait perdre |:

S préternaturels. Cet acte

re la natu même. En effet, dans ses

Son essence, la nature humaine est restée intacte après

la chute : l'homme est toujours un animal raisonnable. C'est de la nature humaine, prise dans l'ensemble des conditions concrètes, c'est-à-dire de la nature au sens relatif, par rapport à la fin que l'homme doit Poursuivre, qu'il s'agit. Ainsi Adam à subi une détérioration, à été é, il a'a plus cette ; d'observer 1 ordre, facilité dont

son Créateur. Adam est un blessé, non d'une blessure absol i

la nature, mais d'une blessure quilen d’infériorité, néficiait avant son péché. ‘ Où l'É P. Félix,

376 LEÇONS D'APOLOGÉTIQUE porte une nature intrinsèquement et substantiellement corrompue ? ”

B. LE PÉCHÉ ORIGINEL À ÉTÉ TRANSMIS AUX DES- CENDANTS D'ADAM ET Eve. 1) La circoncision en usage chez les Juifs, le baptême dans l’Église chrétienne, l’état de faiblesse corporelle, voire spirituelle, dans lequel nous naissons, tout cela prouve que l’homme est la victime d’une faute, qu'il subi: le châtiment d’un péché commis à l’origine.

2) Cette faute appelée péché originel nous vient d'Adam et a été transmise par voie de génération. A chaque corps engendré par les parents, Dieu infuse une âme immédiatement créée par lui. Cette Ame est dépouillée de la grâce sanctifiante, La privation de la grâce sanctifiante, qui est essentiellement le péché origirel, est due à une cause d'ordre moral, c’est-à-dire à la volonté pécheresse d'Adam. Celui-ci, en effet, par sa dé” béissance, a dépouillé la nature de sa justice primitive ; et cette nature, se transmettant par voie de géné:ation, est toujours privée de la grâce sanctifiante et des autres dons préternaturels.

3) Bien que nous n’ayons pas personnellement commis le péché originel, cependant nous naissons coupables. Il y a donc du volontaire dans notre état. L'Église enseigne que la faute primitive est immédiatement volontaire dans Adam, et médiatement volontaire en nous.

‘Considéré dans les descendants du premier homme, le

péché originel ne dépend pas de la faute actuelle des individus, mais de la faute actuelle et personnelle du chef de la nature humaine. Aussi nous disons que la faute originelle passe d'Adam à sa postérité par l'intermédiaire de la nature qui est affectée immédiatement. Et donc les descendants du premier homme

sont coupables du péché au moyen de la nature Fi | À avec raison, leur culpabilité est médiare, chant est considéré comm toute l'h théologiens appellent sa volonté Il peut être considéré comme u

* et non comme simple individu, agit et lui fait porter

a rien qui répugne à nt de l’Église catho.

tous les maux dont souffre l'humanité. Et les philosophes, guidés par les seules lumières naturelles, cat donné au problème de Ja souffrance les solutions les plis contradictoires.

Quant à la justice et à la bonté de Dieu,

elles restent indemnes. Comme nous l'avons dit

* Adam devait

A. La PRÉSENCE Réezze, 1) foi que dans l'auguste sacrement de |’ la consécration du pain et du vin, N Christ, vrai Dieu et vrai homme, est traiment, réelle.

1. Ct. Paquer, De Creatione, De Reparatione : Por, Cours d'Instruction religieuse ; Féux, LacorDarrs, Conf. N.-D, de Paris ; AUMUS, La défense de la foi.

ment et substantiellement présent sous les espèces ou les apparences de ces choses sensibles (pain et vin), Vraiment et réellement écartent l'idée d'une présence simplement figurative, Substantiellement est opposé à modalement, accidentellement.

2) D'après le texte du Concile de Trente, to .e ln substance du pain e‘ toute la substance du vin sont changées au corps et au sang de Notre Seigneur Jésus- Christ. Ce changement s'appelle transubstantiation. Et suivant les paroles mêmes du Concile, la transubstantiation est une conversion admirable et singulière, c'est-à-dire une conversion qui dépasse la nature, et unique de son espèce. En effet, dans les changements ordinain, 3, qui ne sont que des transformations, il n'y a pas de disparition complète de l'être qui change. Dans la transubstantiation au contraire le pain et le vin cessent totalement ; cette disparition a pour terme l'il duction du corps et du sang de Jésus-Christ sous k s espèces (quantité, forme, couleur du pain et du vir . Au ciel et dans les hosties consacrées, c'est “umérique-. ment un seul et même corps, celui de Jésus-Christ. Ce corps, au moment de la consécration, acquiert, sans subir de changement, une nouvel: présence.

3) En vertu des paroles qui oj ‘rent la conversion, le corps est présent sous les espèces du pain et le sang est présent sous les espèces du vin ; mais ce qui est indissolublement uni au corps ressuscité du Sauveur, c'està-dire le sang, l'âme et la divinité, se trouve là où est le corps, par concomitance, de sorte que Jésus-Christ se trouve réellement tout entier sous chaque espèce, et il y reste présent tant que les espèces subsistent. Aussi l'Église adore-t-elle Jésus présent dans les hosties consacrées qu'elle conserve dans les tabernacles.

4) Ce mode de présence de Jésus dans le sacrement “est absolument unique ; aussi l'appelle-t-on sacramentel. Jésus est dans les hosties Consacrées avec tout ce qui caractérise s0n corps glorieux au ciel : seul le mo. de présence est différent Le Corps du Sauveur est présent sous les espèces, i la manière de la subst l'hostie, et tout entie Sous les espèces, le co “hri ses parties naturelles : il a sa taille, il a une tête, il a un buste, des membres, un cœur, des mains Maisil n'y à aucune re. lation, aucun contact, entre les Parties ou telle ou telle portion de l'hostie Les dimensions inhérentes à la substance du Pain, comme la quantité, sont le de la présence locale du Pain ; dans l'

Christ est là où

lesquelles contin ; mais étrani-à-dire Parties occupent les ditrouve

C'est ce qui n'est pas, car

de ne pouvoir pa

cela, l’accident

tenir. Or, dans

du vin disparaft ë Corps et le sang de Jésus-Christ. à que les appa-

rences (accidents) du pain et du vin se soutiennenet seules ; non elles sont soutenues par la puissance divine. Il y a là un miracle, mais rien qui répugne à la raison.

2) L’Eucharistie est un mystère. Or le mystère ne répugne pas à la raison (221). ‘ Ce mystère, dégagé des contradictions apparentes dont le chargent des exposés trop imaginatifs et inexacts, nous le confessons et l'adorons simplement sur la parole du Maître, moins surpris de ne pas le comprendre que soucieux de profiter de la vie qu'il nous offre :,”

225. Enseignement de l'Église au sujet de la confession. — L'Église enseigne a) que la confession est d’origine divine, b) qu'elle ne répugne pas à la raison.

A. LA CONFESSION EST D'ORIGINE DIVINE. La confession est d’origine divine, c’est-à-dire qu’elle a Jésus- Christ pour auteur. 1) C’est l’enseignement de l'histoire. En effet, si nous parcourons tous les siècles depuis le XVIe jusqu'aux origines chrétiennes, nous arrivons à cette conclusion. a) La confession n’a pas été instituée au XVIe siècle, puisque le Concile de Trente, convoqué à cette époque, en parle “ comme d'une institution vénérable déjà ancienne ”’,

b) Au XIle siècle, le IVe concile de Latran (1215) porta un décret pour obliger tous les fidèles à se confesser au moins une fois l’an. Cela nous permet de conculre qu'à cette époque la confession était considérée comme existant déjà dans l’Église.

c) La révolte de Photius au IXe siècle nous prouve que la confession auriculaire et privée était instituée de

1. Huavexy, ouv. cit., vol. III, p.232, Cf. MoRiNEAU, Exposé succinct du dogme catholique ; HenLey, La Sainte Eucharistie ; Mav- MUS, La défense de la foi.

ce temps-là, car les Grecs séparés

la pratiquent encore et ils ne l'ont certainement

Pas empruntée aux Latins.

d) Au dire des missionnaires, des peuplades de Nesto-

riens et d'Eutychéens très nombreuses en Perse, en Abyssinie et le long des côtes du Malabar, retiennent la confession Comme une de leurs pratiques les plus sacrées et les plus chères. Or, les Nestoriens se sont séparés de l’Église au IVe siècle, et les Eutychéens, au

s été invéntée à cette

e) Du Ier au IVe siècle, on ne peut ver le nom de l'inventeur de Ja Confession. Cette époque, selon les ennemis mêmes du catholicisme, fut l’âge d'or de l’Église, Durant ce temps, les enseignements de Jésus-Christ étaient encore très vivaces, les traditions : apostoliques n'avaient Pas été altérées, c’est-à-dire qu'il eût été bien difficile, ou mieux, impossible, d'introduire dans l’Église une pratique nouvelle, non instituée par Jésus-Christ lui-même,

2) C'est l’enseignement des Saintes Ecritures. titution divine de la confession peut se déduire du évangélique : “ Et je vous donnerai me des cieux ; et tout ce que vous sera aussi lié dans les cieux ; et tout ce que vous délie-

rez sur la terre, sera aussi délié dans les cieux,” (Marx. XVI, 19). En effet, le Pouvoir que le Sauveur confère à ses apôtres en leur adressant ces Paroles, est celui de pardonner les péchés. Ce Pouvoir est sans doute une gative y verpôtres et ceux ission de leurs secrètement, dans leurs urait donné inutilement

Pas non plus trou-

grande prérogative. Mais quelle préro, rions-nous si les fidèles du temps des a d’aujourd’hui Pouvaient obtenir la rém fautes en se confessant à Dieu, chambres ? Alors Jésus-Christ a

à ses apôtres et à ses successeurs le pouvoir des clefs, le droit exclusif d'ouvrir et de fermer les portes du royaume des cieux !. Au reste, nous lisons aux Actes des Apôtres (xx, 18) “ qu'un grand nombre de ceux qui croyaient, venaient confesser et déclarer leurs péchés ”

Tout en admettant l’origine divine de la confession : quelques auteurs soutiennent qu'elle fût publique et ne devint secrète et auriculaire, telle qu’on la pratique aujourd’hui, que beaucoup plus tard. “ La confession publique ne fut qu’exceptionnelle dans l’Église primitive : et là où elle est signalée comme obligatoire, des juges compétents la condamnent comme un abus. La seule publicité que l’Église des premiers siècles ait exigée de ses enfants coupables de fautes graves, est celle de leur pénitence, appelée communément exomolo-

gèse *.

B. LA CONFESSION NE RÉPUGNE PAS À LA RAISON. Au contraire, 1) elle est conforme à la nature humaine parce qu'elle répond à une de ses plus nobles tendances. En effet, “* qu'y a-t-il de plus naturel à l’homme que ce mouvement qui se penche vers un autre pour y verser un secret. Le malheureux, déchiré par le remords ou par le chagrin, a besoin d'un ami, d’un confident qui l'écoute, le console et quelquefois le dirige *”. ‘ Que la confession réponde à un profond besoin de la nature humaine, c'est ce qu'on ne saurait nier ?, dit à son tour un auteur protestant, MARTENSEN.

2) La confession est un stimulant au bien et un re-

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