Dict. encycl. des sciences médicales de DUCHARME
‘Les faits recueillis, loin de démontrer la libre expansion en dehors des produits gazeux, semblent prouver, au contraire, que la plupart ne Parviennent pas à la surface, soit par suite de combinaisons avec les matériaux
II. L’ENCOMBREMENT PROGRESSIF DES CIMETIÈRES. Si l'on continue à pratiquer l’inhumation, les cimetières vont devenir encombrants, au point que les morts finiront par disputer la place aux vivants.
RÉPONSE. — 4) L'objection ne porte pas pour les Campagnes et les villes de moyenne grandeur.
b) Elle semble sérieuse quand il s'agit de villes très populeuses. Cependant, cette difficulté n’est pas in-
exige plus de place et de dépenses que l’incinération, et que, de ce chef, elle est particulièrement onéreuse aux grands centres urbains, ce ne serait Pas une raison Pour la sacrifier. L:s grandes cités ne marchandent pas l'espace et l'argent aux larges artères, aux squares, aux services de tous genres nécessités par les proportions et la complexité de leur organisme ; elles ne sont pas en droit de se soustraire davantage aux obligations que leur imopsent les besoins moraux de la population. Ceci vaut bien cela És
1. Voici un exemple qui montre combien la population parisienne, entre autres, tient à ses cimetières. En 1867, il fut question de les
III. LES RISQUES EFFRAYANTS DES ENTERRE- MENTS PRÉMATURÉS. Un de: immenses avaitages de la crémation, dit-on encore, serait de prévenir les risques effrayants des enterrements prématurés.
Réponse. — a) Si dans le four crématoire on n'a pas à craindre d'être enterré vivant, on court le risque d'étre brûlé vif. Ce qui est cent fois pis.
b) La prévoyance humaine a ses limites. Il y a des dangers qu’elle est incapable de prévenir entièrement. Tout ce qu’on est en droit d’exi °r d'elle, c’est qu'elle assure le bien dans la gra.sde, ia très grande généralité des cas, et quant aux risques exceptionnels, qu'elle les atténue dans la mesuré que permettent les forces phys'ques et les convenances morales.
c) Pour ce qui est des dangers des inhumations hâtives, disons qu'afin de les éviter, les législateurs doivent assujettir les obsèques à de sages formalités, et tâcher de prendre tous les moyens de popul:ziser la connaissance des: procédés de constatation de la mort réelle.
271. Graves dangers de la crémation. — Ces dangers peuvent être classés de la manière suivante : dangers au point de vue juridique, au point de vue médical et au point de vue économique.
I. AU POINT DE VUE JURIDIQUE. L'intérêt de la société doit faire repous-er la crémation, au moins dans
éloigner ; ce projet seul inspira ces belles paroles à Jules Simon : ‘“ Nous avons à Paris, dans cette ville qu'on accuse parfois d'être sceptique, deux jours, le jour de la Toussaint et le jour des morts, qui voient le peuple de Paris, fidèle à des habitudes qui l'konorent, se porter en foule dans les cimetières. On estime à pas moins de 800,000 le nombre de ces pieux pèlerins. Croyez-vous que par l’établissement d’un cimetière unique et éloigné vous ne diminuerez pas ce nombre ?... Vous aurez amoindri les sentiments les plus pieux qui existent dans les âmes. Voilà ce qui m'inquiète, et j'ai besoin d’être rassuré ; j'ai besoin qu'on me dise qu’il n’y aura pas d’amoindrissement dans la morale.”
Les progrès des sciences chi-
nstater dans l'organisme les moindres traces des substances toxiques, Le feu, de
crémation, si elle se généralisait, favoriserait la f uence des pratiques criminelles e Punité dans beaucoup de cas.
IT. Av pornr DE VUE MÉDICAL, Nous l'avons dit, dans les cas de force majeure, comme ceux de guerre, épidémies, Catastronhes, l'incinération peut être justifiée, et l’Église n'y fait pas d'obstacle. Cependant, même alors, les avantages techniques du procédé, ne sont pas toujours également indiscutables. D'après des i i mbulants, à la suite des armées, est ‘ une des plus fortes utopies que les hygiénistes plus théoriciens que pratiques aient pu Conrevoir.” En effet c- Drocédé se heurte à des diffi-
L'incinéra-
SSIVES aux villes, aux Les statistiques prouvent éreuse qne l'inhumation.
d'une invinération est de
Concluons Par ces belles paroles de Mgr l’Archevéque de Montréal : “y a crémation est f.
terdite à tous les enfats de l'Église. Nul d’entre eux ne
saurait l'encourager ni y prendre Part d’une manière quelconque, Restons done attachés aux viei'les et
ormellement in
pieuses coutumes que nous ont léguées nos pères dans la foi. Redoutons toute innovation qui ne s'harmonise pas avec nos saints dogmes, et formons le vœu pour que, dans notre cher pays, les lois, tout en favorisant le progrès, respectent toujours et avant tout la tradition chrétienne :.”
LECTURES Réflexions sur l'incinération, A.-D. SERTILLANGES, Rerue des Jeunes, 25 oct. 1915.
La crémation, La Réponse (Revue d'apologétique), année 1915, pp. 261, 291, 354, 355, 376. — Année 1916, p. 60.
Lettre du Cardinal Richard, archevêque de Paris, 24 fév. 1890-