Dupessy, ouv. cit. pp
tissent à une faculté distincte, appelée raison. Celle-ci, partant des faits sensibles que lui fournit l'expérience, et s'appuyant sur les principes de causalité : tout effet a une Cause, de contradiction : il est impossible qu'une chose soit et ne soit Pas en même temps, etc., s'élève à la Connaissance des vérités d'ordre abstrait, tout à fait en dehors du domaine du sensible, lesquelles forment l’objet d’une science fondamentale, la métaphysique.
b) Au reste, les mathématiques que les partisans du positivisme et de l’agnosticisme affectionnent tant et plus, ne sont que l’apphcation de ces principes impo-
1) Les athées matérialistes se contredisent. Plus catégoriques que les Positivistes, les Matérialistes nient franchement l'existence de Dieu. Ils se vantent eux aussi d’avoir “arraché à l’idéalisme le sceptre qu’il portait ” et déclarent n’admettre “ que les vérités fondées sur l'expérience ”. L'éternité, la nécessité de la matière dont le monde actuelle est la résultante, tel est leur dogme favori. Mais Pour affirmer que /a matière est éternelle, nécessaire, ils doivent être au courant de sa nature, de son essence. Or, la nature et l’essence échappent au contrôle de l'expérience. Ainsi <n passant sur la rue je constate qu’il pleut, j’observe ce phénomène ; cette constatation, cette observation ressortissent aux facultés sensibles, elles sont du domaine de l’expérik ce. Mais le Pourquoi de la pluie, savoir ce qu'est ce phénomène, cela dépasse mes sens et regarde la raison. Et donc les matérialistes se coïitredisent parce que, d’une part, ils ne croient qu’aux
“vérités fondées sur l'expérience ”, et de l’autre, ils en proclament qui sont nullement de son ressort.
2) Les athées matérialistes recourent à de faux arguments. Seloneux, Dieu n’existe pas, parce que la matière est incréée et le mouvement lui est essentiel. a) Il n'est donc pas 1.écessaire, disent-ils, de faire appel à une cause distincte nommée Dieu, laquelle a produit la matière et son mouvement, Au reste, l’expérience ne prouve-t-elle pas que rien ne se perd et partant, si la matière est indestructible, si elle ne peut être anéantie, elle n’a pu être créée. C’est à tort que, de la persistance de la même quantité de matière dans le monde, les matérialistes concluent à son éternité. Ce fait ne
pugne pas à l’idée de la création de la matière. ‘Il est la preuve que la cause première a voulu que ses œuvres demeurassent à jamais. Mais il ne nous renseigne en rien sur la première apparition de la matière : il ne lui enlève p:: <a contingence, et il nous laisse, au contraire, dans l'«bligation @e recourir à la divinité pour l'expliquer !.”” “ Quel rapport nécessaire y a-t-il entre ces deux idées : l'impossibilité de l’anéantissement actuel et l’impossibilité de la création primitive ? Pourquoi ce qui actuellement ne peut disparaître n’at-il pu commencer ? Pourquoi ce que nous ne pouvons pas détruire par nos moyens n’a-t-il pu être créé ? ?”
b) Au dire des savants les plus autorisés, la matière est inerte de sa nature. Les expériences en astronomie et en mécanique confirment cette théorie. ‘“ L'inertie
1. Mer Gouraun, Notions Elémentaires d'Apclogétique chré. tienne, p. 48.