Le massacre des Vaudois. — L Les pairs
Les Vaudois, descendants d’anciens hérétiques du moyen âge, habitant plusieurs villages, avaient obtenu plusieurs fois du roi de France que l'ordre de destruc-
tiques cttiraient de nouveau l'attention des autorités ; car 1ls venaient de se révolter contre le pape, souverain d'Avignon, dont ils étaient les sujets, et de piller un abbaye. Alors, malgré les efforts du cardinal Sadolet, le premier président du parlement d'Aix obtint que l'arrêt serait exécuté. Un chef de bande, Paulin de la Garde, fut chargé de la destruction des villages. Il pilla, incendia et massacra dans cinq villages bien que l’arrêt ne prescrivit pas de mettre leurs habitants à mort.
IL. INTERPRÉTATION DES FAITS. L'Église n'eut rien à voir dans ce Massacre ; ce fut une affaire politique. A preuve, plusieurs Églises ont été pillées et de nombreux catholiques massacrés. Paulin de la Gardefit simplement ce que faisaient à son époque tous les ca- Pitaines de bandes. Les détails odieux du massacre des Vaudois se retrouvent à chaque instant dans l'histoire des guerres du XVIe et du XVIIe siècle. Les événements de 1545 sont le fait de la férocité des soldats. Ajoutons que le nombre des victimes a été grandement exagéré.
284. La Saint-Barthélemy. — 1. Les rars. Marie de Médicis, mère du roi Charles IX, indifférente en matière de religion, voulait garder le pouvoir à tout prix. Alarmée de l'influence que l’amiral de Coligny, chef du
parti protestant, prenait sur l'esprit de son fils, elle résolut de le faire assassiner. Elle s'entendit pour cela avec Henri de Guise, chef des catholiques, qui attribuait à Coligny le meurtre de son frère, François de Guise. Le roup manqua, l’amiral ne fut que blessé. Charles IX jura de venger Coligny, victime d'un aussi lâche attentat. Se croyant perdue, Catherine de Médicis tâcha par tous les moyens de persuader à son fils que tous les chefs protestants devaient être massacres. Elle réussit. Les chefs seuls devaient être tués, d’après l'ordre du roi. Mais quand le massacre fut commencé, il devint impossible de l'arrêter. On ignore le nombre exact des victimes. Ce massacre eut lieu à Paris, le 24 août 1572, le jour dé la fête de saint Barthélemy, de là son nom.
II. INTERPRÉTATION DES FAITS. a) Le massacre de la Saint-Barthélemy fut un crime d'Etat. Catherine de Médicis en fut l’inspiratrice, non pour défendre le catholicisme, mais pour garder le pouvoir. ‘“ La Saint- Barthélemy, ce crime abominable, qu'égalent seuls dans notre histoire les massacres de septembre, n'eut pas même pour excuse, chez ceux qui l’ordonnèrent, le fanatisme religieux ; ce ne fut, osons trancher le mot, qu’un expédient, la dernière ressource de la souveraine aux abois après l’assassinat manqué de l’Amiral :.”
b) Aussi l’Église n’y fut pour rien. On a accusé Pie V d’avoir poussé la cour de France à ce massacre. Mais, d'après une lettre authentique adressée à Marie de Médicis le 28 mars 1569, ce pape voulait une guerre ouverte et non un massacre. D'ailleurs lorsque Pie V mourut le ler mai 1572, Catherine ne songeait pas encore à
1. BaupnriLLarT, L'Eglise catholique, la Renaissance, le Protestantisme, p. 161.
L'ÉGLISE 487 » ré- se débarrasser des protestants. Quant au pape Grécela goire XIII, l'on sait qu’à la nouvelle du massacre il fit ttri- allumer des feux de joie, et alla en grande pompe à s de l'Église Sainte-Marie-Majeure chanter un Te Deum. 86, Mais l'on sait aussi que le pape fut trompé. Charles IX ussi et Catherine lui envoyèrent, comme aux autres chefs édi- d'État, des ambassadeurs pour lui annoncer que le roi fils venait d'échapper à une vaste conspiration. Le nonce rés. Salviati de Paris ne détrompa point le pape ; celui-ci, près croyant bien ce qu'on lui avait appris, considéra la ncé, Saint-Barthélemy comme un moyen de légitime déibre fense, étant donné le péril grave qu'avait couru le roi , le de France, , de 285. La Révocation de l'Édit de Nantes.—]ILrs FAITS. En 1598, le roi de France Henri IV avait acacre cordé aux Protestants, par l'édit de Nantes, le libre rine exercice de leur culte. En 1685, le roi Louis XIV le leur e le retira. Ce fut la Révocation de l'édit de Nantes. Ce int- qui amena Louis XIV à agir ainsi, c'est la conduite des lans protestants. Ceux-ci, en effet, depuis la mort de Henri pas IV, ne cessèrent point d’avoir des relations avec l’étranina- ger. On connaît leur démêlés avec Richelieu, leurs réun voltes. Un de leurs chefs les plus célèbres, le duc de aux Rohan, cherchait à détacher le midi de la France, et à former une fédération indépendante sous la protection Pie de l'Espagne. Avant de révoquer l'édit de Nantes, [ais, Louis XIV, soucieux de ramener l'unité de foi en Frande ce, essaya de gagner les protestants par la Persuasion. ou- Incapable de réussir Par ce moyen, le roi se vit obligé 1ou- de faire appel à la violence. Sur le conseil de Louvois, re à le ministre de la guerre, il employa “les dragons ”. ee Ceux-ci logèrent chez les protestants réfractaires et s'y
livrèrent à des brutalités odieuses connues sous le nom
de Dragonnades. Des conversions en masse se produisirent, dont la plupart n’étaient pas sincères. Alors, Louis XIV, persuadé qu'il n’y avait plus qu’un petit nombre d’obstinés, révoqua l’édit de Nantes, le 22 octobre 1685, et fit continuer les dragonnades partout où l’on soupçonna des protestants.
II. INTERPRÉTATION Des Faits. a) L'Église a blâmé les actes brutaux des dragonnades. Toute la responsabilité en retombe sur le pouvoir civil et en particulier sur Louvois. Beaucoup d’évêques ne voulurent pas recevoir les dragons dans leur diocèse, entre autres Bossuet :. Innocent XI recommanda au roi de se montrer bienveillant.
b) La Révocation del’édit de Nantes fut un acte plus politique que religieux, l’œuvre du roi et de ses ministres. L’ Église ne l’a jamais demandée. Quand on songe aux idées du temps sur la souveraineté royale, si l’on tient compte des griefs contre les protestants, on pourra s’expliquer pourquoi le clergé de France et l’immense majorité des Français accueillirent avec enthousiasme l'acte de Louis XIV. Les idées de tolérance n'étaient pas très en honneur en France, comme dans les autre pays, au XVIIe siècle.
c) A cette époque, l'exercice de la religion catholique était rigoureusement interdit dans les pays protestants. De même le culte protestant était prohibé en pays catholiques. De 1598 à 1685, la France fit exception à ce qui était la règle dans les États européens. Elle y revint en 1685 par la Révocation de l’édit de Nantes *.