VACANDARD, L'Inquisition, p
l'Église et l’État, le Pape Innocent III, conscient de son devoir, se vit obligé d'intervenir. Employant d’abord la douceur, il leur envoya des missionnaires instruits et zélés pour ramener au bercail ces pauvres brebis égarés. Leurs efforts échouèrent, car les seigneurs du midi de la France soutenaient les hérétiques de leur influence et de leur argent. En 1207, le légat du Pape, Pierre de Castelneau, fut assassiné.
III. LA CROISADE CONTRE LES ALBIGEOIS ÉTAIT MOTIVÉE. Innocent III, en présence des faits, fit précher une croisade : c'était le moyen suprême pour enlever le sud de la France à la domination des hérétiques. Il se vit réduit à employer la force parce qu’il n’aurait pas réussi autrement. Les dangers de toutes sortes que courait cette partie du royaume de France, et ensuite, la conduite des seigneurs qui soutenaient les hérétiques contre le pape, en voilà assez pour justifier Innocent III d’avoir recouru à la croisade.
On sait ce qui s’en suivit. Les seigneurs du nord dela France, moins dans le zèle religieux que dans le but de piller et de s'enrichir, vainquirent les seigneurs du midi et s’emparèrent de leurs t:rres. Sans doute, il y eut bien des injustices, bien des cruautés, bien des massacres, très exagérés d’ailleurs par les ennemis de l’Église, commis à cette occasion, mais il serait injuste de mettre tous ces cri:nes sur le compte de la papauté. Innocent III fit tout ce qu’il put pour réprimerles cruautés qu’on exerça contre les Albigeois ; il n’avait qu’un but, leur conversion. Le témoignage véridique de l’histoire prouve qu’Innocent III fut pour son époque d’une douceur et d’une modération extraordinaires, et loin d’avoir exigé le massacre des Albigeois, il ne réclama j. sais la peine de mort contre aucun hérétique. Et done les crimes
réels que l’on peut reprocher à la croisade des Albigeois, ce sont les mœurs brutales du tem Ps qui en sont responsables.