Définition de la religion, — religion est le
lien qui unit l'homme à Dieu 1, Ce lien n’est Pas quelque
chose d’inévitable, ral, consenti.
Il est “ une relatio: aquelle la créature rai.
son premier principe, le s'applique à vouloir "oblige cette connais-
igion considérée objectivement et sub-
jectivement, — Au sens objectif, c’est-à-dire en soi,
abstraction faite de ceux qui la professent, la religion
est l’ensemble des vérités divines que l’homme doit admettre et des d remplir envers Dieu.
dans ceux qui la pro-
‘‘une vertu morale in-
à rendre à Dieu, fa-
et l’honneur réclamés
de souveraineté et par l'excellence de sa
1. Le mot religion vient soit de religare, relier (Lactance), soit de
relepere, recueillir (Cicéron), soit de reeligere, sanctionner, adhérer mment (Saint Augustin).
2, Rovrain, Leçons et Lectures d'Apologétique, p. 65.
nature !,”” ou bien, l’ensemble des actes par lesquels la créature raisonnable rend librement à Dieu le culte qui lui est dû.
42. Eléments de la religion. — Il y a quatre éléments dans la religion : le dogme, la morale, le culte liturgique et le ministère sacré. Le dogme est l’ensemble des vérités que l'intelligence doit connaître et admettre : c’est la partie théorique de la religion. La morale est l’ensemble des préceptes qui s’adressent à la volonté : c’est la partie pratique. Le culte liturgique est la manifestation extérieure par les prières, les sacrifices, etc., des croyances religieuses. Le ministère sacré est la fonction officielle qui consisie à rer résenter le peuple auprès de Dieu. Elle est dévolue à certains hommes appelés prêtres. Le ministère sacré se nomme encore sacerdoce.
43. Erreurs sur la nature de la religion. — Les erreurs les plus courantes au sujet de la religion nous montrent celle-ci comme une simple création de la libre fantaisie ou du besoin personnel, sans aucun fondement réel, objectif. Ces fausses théories qui ont un nom commun, générique, le subjectivisme, peuvent se ramener à deux formes principales : le sentimentalisme et l’intellectualisme.
Pour les sentimentalistes, la religion est un phénomène de psychologie, un vague sentiment de l’âme, une émotion de ‘a piété, un élan du cœur. A cette théorie se rattache le modernisme. Les intellectualistes font de la religion une simple connaissance ou croyance et n’ont que du mépris pour toute pratique religieuse : seule la foi sauve.
1. Rouwpain, ouv. cit., p. 66. S. Th. Ila, Ilæ, Q. 81, art. 2.
Parmi les intellectualistes Prennent place les panthéistes, qui absorbent le monde en Dieu, les matérialistes, qui n’admettent d autre religion que la connaissance empirique de la nature, les positivistes, d’après lesquels, seul le matériel, le sensible, est objet de science, et aussi, tous les fondateurs de religion dites humanitaires, de construction récente, essais toujours renouvelés et toujours stériles de synthèses religieuses.
44. La religion & une valeur objective. — Indé- Pendamment des affections, aspirations, émotions dites religieuses de l'humanité, il existe en dehors de l’homme un Dieu qui est l’objet de sa louange, de son amour, de son service, de sa foi et de son culte. Que ce Dieu ait une existence réelle, objective, distincte de l’univers, et la philosophie, et les sciences de la nature le prouvent amplement. Or Dieu est la raison d’être de la religion.
l’apaisement de leurs opérations, ne peut recevoir sa pleine satisfaction que dans la pleine Possession du vrai et du bien infini, concret, indépendant de l’homme et distinct de ses concepts.
“En effet, sans fin dernière objective, l'opération humaine demeure inintelligible, faute de raison suffisante... de plus aucun bien créé ne peut satisfaire
béatitude .”