‹ Leçons d'apologétique [microforme] (volume 2)Chapitre 29 sur 211 · VALVEKENS, ouv. cit., p · texte numérisé non relu

VALVEKENS, ouv. cit., p

graduellement des idées morales, cela ne permet pas de conclure à la relativité de la morale. Les vérités scientifiques sont découvertes lentement, graduellement : mais leur découverte n’est pas leur création. Elles existaient par elles-mêmes auparavant. LeVerrier a découvert la planète Neptune, parce que celle-ci existait. Il en est de même des idées morales !.

D’autres soutiennent que les faits moraux se ramènent à des phénomènes d’ordre physique, biologique. Ce sont les partisans de la morale scientifique. Disons que les faits d'ordre moral sont diamétralement opposés aux phénomènes physiques, parce que ceux-ci sont nécessaires, et ceux-là, libres.

39. L'homme est un animal religieux. — L'homme est essentiellement distinct de la brute parce qu'il est raisonnable. Et sans affirmer avec un célèbre naturaliste, M. De Quatr: ‘ages, que la foi est le “ signe caractéristique de notre espèce ”, on peut admettre toutefois qu’elle répond à un besoin inné de l’âme humaine, si bien que l’homme a été défini à bon droit un animal religieux. Le langage populaire qui est l’expression la plus haute du sens commun, confirme on ne peut plus cette vérité. N’est-il pas vrai, en effet, que “ l’homme réputé sans foi et sans loi” est toujours “regardé comme un exemplaire dégénéré de son espèce”? Et, dans l'opinion du monde, le surnom de mécréant ne cesse pas d’être le superlatif de l’injure. Aussi, bien que parfois, étourdis par quelques joies passagères, nous trouvions commode de nous passer de Dieu, nous sommes rarement incrédules lorsque nous avons pris possession de

1. La morale évolutionniste est la conséquence de l’héréditarisme de dre Cfr. notre Hist. de la Philosophie, pp. 329-339. Etudes, nov. :

nous-mêmes et sommes revenus à notre état normal. Musset fait la même constatation dans les vers suivants :

Passer comme un troupeau les yeux fixés en terre, Et renier le reste est-ce donc être heureux ? Non, c'est cesser d’être homme.

Il n’est donc pas étonnant que Plutarque trouve plus aisé de fonder une ville sans sol qu’une société sans religion et sans autels.

C’est dire que la foi est comme une partie intégrante de la personnalité morale de l’homme et que croire est une loi de sa nature :.

LECTURES

Ermrev, Le Naturalisme devant la Science.

Guisser, Les Origines.

Aseé pe Brocrre, La Morale sans Dieu.

1. Cf. R. P. Causserre, le Bon sens de la Foi, t. I, pp. 6, 7, 8.

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