Leçons de Psychologie, p
tulsior
2) Ilÿ a les maladies fonctionnelles et les maladies organiques. Les maladies fonctionnelles résultent du mauvais fonctionnement des organes, lesquels, en eux-mêmes, sont intactes. Les névroses, comme l’hystérie sous toutes ses formes, les paralysies, les contractures, etc., sont des maladies fonctionnelles. Ces maladies, la suggestion peut les guérir, et les cas de guérison ainsi obtenues sont nombreux : ; ils peuvent s'expliquer par des causes naturelles. Cependant n’allons pax croire que la suggestion fait disparaître toutes les affections nerveuses ?. A preuve, ces “ éternels ” sujets d'expérience dans les hôpitaux. Ajoutons qu'une maladie purement nerveuse à son origine peut devenir facilement organique si elle se prolonge. Pour ce qui est de Lourdes, par exemple, si toutes les guérisons qu'on y obtient étaient l'effet de la suggestion, de cette foi inébranlable, de cette excitation confiante causée par ‘es cérémonies, la procession du saint sacrement, comment expliquer la disparition subite de maladies incurables chez des enfants n'ayant pas encore l’âge de raison et sur qui tout ce culte extérieur n’a aucune influence ?
3) Les maladies organiques comportent une lésion, une altération anatomique de l'organe, telles sont la tuberculose pulmonaire avancée, les cancers, les caries, les fractures, etc. Ces maladies sont généralement incurables ; quand elles sont susceptibles de guérison, elles exigent beaucoup de soins et de temps. £t donc, pour être supprimées, les maladies organiques incura-
1. A Lourdes, ces guérisons sont laissées de côté, et, avec raison, on ne les classe pas parmi les miracles. Cf. BERTRIN, Hist. critique des événements de Lourdes >: De DE GRANDMAISON DE BruNo, Vingt pers à Lourdes discutées médicalement 3 BoissARtE, Œuvre de
urdes.
2. Cf. Dict. Apol. de la Foi cath., fasc. III, col. 708-711, art. Contulsionnaires.
bles demandent une cause qui dépasse toutes les forces de la nature. Aussi bien leur guérison constitue un vrai miracle. Si elles sont curables, le miracle consiste dans la façon subite dont elles disparaissent. Les forces de la nature agissent lentement, et pour obtenir une guérison, un temps relativement long leur est absolument nécessaire.
68. Force probante du miracle. — 1) Le miracle, parce qu’il ne peut avoir que Dieu pour auteur, prouve certainement la divinité de la religion en faveur de laquelle il est opéré. S’il en était autrement, Dieu approuversit, par un acte personnel, l’imposture, ler. reur et le mensonge : ce qui répugne.
2) Tous les peuples ont considéré le miracle comme la marque incontestable d’une intervention spéciale de Dieu, comme le sceau irréfragable de la divinité d’une doctrine.
3) De leur côté, les apôtres ont toujours invoqué les miracles de Jésus-Christ comme la preuve de son caractère divin. Les païens comprenaient bien toute la force probante des miracles puisqu'ils les niaient, ou plutôt, cherchaient à les expliquer par une cause naturelle comme l’œuvre du démon et les sortilèges de la magie et des sciences occultes :.
“ Le miracle est la lettre de créance de Dieu, et certainement la lettre de créance la plus authentique qui puisse exister *.””
69. Objections. — I. Chaque religion a ses miracles. Orilest absurde d'admettre que toutes les religions soient divines (53). Le miracle ne prouve donc rien.
mr Cf. Vazvexens, ouv. cit., p. 240.
2. Fravssrnous, Conférence sur les miracles en général, citée par Mgr. Gouraud, p. 153.
Réponse. — 1) Il est faux de dire que chaque religion a ses miracles :. Nous le démontrerons plus loin, seule la religicn catholique peut reven liquer ce privilège.
2) Que les partisans des différentes sectes religieuses en appellent au miracle, cela prouve que dans lu pensée des hommes, il est une preuve itréfutable de la divinité d’une doctrine.
3) C’est encore une preuve que, de l’avis unanime de tous les peuples, la véritable Révélation doit montrer d s miracles pour faire admettre son origine divine.
IL. Sie miracle est une preuve si rigoureuse et à la portée de tous, pourquoi Dieu n’en opère-t-il plus de nos jours ?
RÉPONSE. — 1) Il y a encore des miracles. Dire qu’il n’y en à plus, c’est une affirmation gratuite, sans preuves.
2) Qu'il y en ait moins, cela s’explique ; qu’il n’y en eût plus du tout, cela s’expliquerait encore. £n effet, la fin principale du miracle est de prouver la divinité de la religion fondée par Jésus-Christ, et partant, de l’Église établie par lui pour conserver dans le monde le dépôt de la foi. Aux premiers siècles, il était convenable que Dieu intervînt directement et plus souvent. Car il s’agissait de démontrer la supériorité de la doctrine nouvelle sur toutes les autres qui se disputaient la première place. Il y a près de vingt siècles que l’œuvre de Jésus-Christ existe ; elle est plus florissante que jamais. Malgré toutes les tempêtes, elle est restée debout. Sa conservation ans le monde, — si l’on tient compte des circonstances où elle s’est trouvée, — voilà le miracle perpétuel, le miracle par excellence, la preuve la plus