Gouraun, ouv. cit., p
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phénomènes qui dépassent les forces de l’homme. La nature angélique est en effet supérieure à la nature humaine. Après la chute, les démons sont restés ce qu’ils étaient, et ce qui les distingue des bons anges, c’est la Perversion de leur volonté. Mais cette puissance des anges et des démons restent naturelle et est toujours limitée. Aussi bien, ils ne peuvent l’exercer qu'avec la permission de Dieu. C'est dire que les anges et les démons sont capables de faire des choses prodigieuses, chosestout de même que la nature est en puissance à produire, comme, par exemple, transporter un corps avec une grande rapidité à une distance considérable. Ce qui est merveilleux, ce n’est pas le transport du corps d’un lieu à un autre, — cela ne dépasse pas sa nature, — mais c’est d’être transporté aussi rapidement et à une si grande distance. Dans tout cela, il n’y a rien qui soit au-dessus des forces de toute la nature créée. Quant à la résurrection des morts, les anges et ‘:s démons ne pourront jamais l’accomplir, car le cadavre n’est pas en puissance . à la vie ; en lui, il n’y a rien qui postule le souffle vital qu’il a perdu. Et s’il le recouvre ce souffle, il faudra attribuer ce phénomène à une force essentiellement audessus de la nature, à Dieu qui seul peut ramener la vie éteinte. Et comme les anges et les démons ne peuvent exercer leur puissance sans la permission de Dieu, nous ne pouvons pas supposer que la sagesse et la bonté divines laissent l’homme se tromper invinciblement. C’est pourquoi il y a toujours certains signes au moyen desquels nous pouvons discerner les vrais miracles des prestiges diaboliques.
7) Ces signes sont les suivants : a) La nature et l'éclat des œuvres. La puissance de Dieu ne connaît pas de limites ; celle des démons est bornée. Aussi tout ce qu'ils
font ne dépasse pas les forces de la nature. Jamais, par exemple, ils ne pourront changer la substance des choses. Leurs prestiges nous étonnent parce qu'ils sont en dehors des conditions habituelles, voilà toùt.
b) La manière dont leurs œuvres s’'opèrent. Les intermédiaires dont Dieu se sert ordinairement pour opérer un miracle, sont des hommes dignes de lui, vertueux et sairts, n'employant que des moyens convernables et honnêtes. Les suppôts du démon, s'ils n’affichent l’immoralité, sont souvent orgueil.eux, d’une conduite équivoque, et leurs procédés sont presque toujours indignes et grotesques.
c) Le but des œuvres. Secourir l'humanité, promouvoir les intérêts de la religion en ce monde, exciter la piété, rappeler aux hommes le grand amour de Dieu, tel est généralement le but des vrais miracles. Les démons, si parfois ils singent avec plus ou moins de succès les véritables thaumaturges, la plupart du temps,
. tout de même, ils ne visent qu’à favoriser l’erreur, l’irréligion et la débauche :.
67. Objection. — Les guérisons réputées miraculeuses sont dues à des causes naturelles. Xlles sont l'effet de la suggestion, de 12 confiance, ou mieux, selon l'expression des savants, de la foi qui guérit.
Réponse. — 1) Étant données les relations qui existent entre le moral et i: physique *, on ne peut pas nier que la suggestion, la confiance, ne produise d’excellents résultats, parfois même des guérisons. Mais il ne faut pas exagérer, et il serait faux de prétendre que toutes les maladies peuvent être guéries par la suggestion.