Compendium Scripturae Sacræ. p
sèques sont tirées des Évangiles eux-rêmes, par exemple, du caractère de leur doctrine, de leur style, ou encore, de la langue dans laquelle ils ont été composés.
A leur tour les preuves extrinsèques se subdivisent en preuves directes et en preuves indirectes. On appelle preuves ertrinsèques directes les témoignages qui de leur nature constituent un argument scientifiquement recevable en faveur de ce qui est en question. Ainsi les affirmations émanées de témoins recommandables par leur science et leur sainteté, contemporains ou très rapprochés des événements racontés dans les Évangiles, sont une preuve extrinsèque directe de leur authenticité.
Les preuves ertrinsèques indirectes ne prouvent pas d’elles-mêmes ce dont il s’agit, mais, étant données les circonstances, elles concourent d’une certaine facon à le démontrer. Les paiens qui, aux premiers siècles de l’Église, attaquèrent les Évangiles, ont témoigné indirectement en faveur de leur authenticité.
82. Preuves extrinsèques directes de l’authenticité des Evangiles. — Les plus anciens manuscrits des Évangiles qui aient été conservés remontent seulement aux Ve et IVe siècles. Mais avant le IVe siècle, à la fin, au milieu et à la première moitié du Ile siècle, leur existence est attestée par de nombreux ouvrages ecclésiastiques qui les citent dans leur langue originale ou déjà traduits.
I. A LA rIN pu Ile siÈècLEe. Au témoignage de la tradition, entre l'an 175 et l'an 200, les nombreuses florissantes “ églises qui bordent le grand lac romain de la Méditerranée ” connaissent et utilisent les quatre Évangiles.
1) Tatien. En Syrie, vers 175, Tatien rédige en sy-
riaque, pour l’usage des fidèles d’Édesse, une sorte d’harmonie des quatre Évangiles.
2) Clément d'Alexandrie (160-217). Entre 190 et 203, en Egypte, Clément d’ Alexandrie compose ses Stromates et ses Hypotyposes où il cite fréquemment les quatre Évangiles.
3) Tertullien (145-230). A Carthage entre 190 et 220, Tertullien, dans son livre Adversus Marcionem donne beaucoup de citations empruntées aux quatre Évangiles et déclare explicitement que saint Matthieu, saint Luc, saint Marc et saint Jean en sont les auteurs.
4) Saint Irénée (120-202). Dans les Gaules, saint Trénée, évêque de Lyon, entre 177 et 189, publie son grand Traité contre les hérésies. Dans cet ouvrage les Évangiles sont textuellement cités très souvent. Le grand évêque y déclare que le nombre quatre desÉvangiles doit être admis comme définitif : il n’y a et “il ne peut y avoir que quatre Évangiles, ni plus ni moins ”’; c’est “ l'Évangile quadriforme gui est dominé par un seul esprit.”
5) Le canon de Muratori. Ce document qui remonte à l’an 185, appelé Canon Muratori (du nom du savant italien qui l’a découvert et publié en 1740) et où l’on trouve des textes des Évangiles tels qu’ils étaient lus dans l’Église Romaine entre 170 et 200, atteste que dès cette époque les quatre Évangiles faisaient partie du recueil biblique.
Il ressort de ces documents, a) qu’à la fin du Ile siècle, les quatre Évangiles sont lus et employés d’une façon intense dans toutes les Églises du monde romain, b) qu'ils sont considérés comme un patrimoine sacré dans les Églises, c) qu’en se basant sur la tradition même on les croit et on les proclame d’origine apostolique.
Si, à cette époque, c'est-à-dire à la fin du Ile siècle, les Évangiles eussent été tout récents, comment en expliquer l'usage aussi universe! &# nuiesi solidement établi, comment rendre compi : de la croyance aussi généle et aussi sûre que l’on aviit en leur )rigine apostolique ? L'état de la traditia- 4m “nent les Évangiles au dernier quart du Ile siècle, “ nous oblige à les rapporter à une époque déjà éloignée, au moins à la seconde, sinon à la troisième génération antérieure, c’est-à-dire au moins à la fin du ler siècle !,”
Ajoutons qu’à la fin d se perdre dans la nuit d vivante. araient les générations d’alors de 1 Il était très facile de re-
haîne ininterrompue des Clément d'Alexandrie
disciple immédiat des rent les apôtres. Saint rpe, évêque de Smyrne, es asiastes, disciples de directs de ses enseigne-
1) Saint Justin (100-
Tryphon (150-160) et
Apologies du christianisme, adressées
(vers 150-152), l’une à l’empereur, l’autre au sénat roi ‘“ mentionne des livres, qu’il désigne générale-
su Lepin, Dict, Apologétique de la Foi cath., fasc. V, VI, col. 1600- 2. ‘Lens, ibid.