‹ Leçons d'apologétique [microforme] (volume 2)Chapitre 69 sur 211 · Rouwpain, ouv. cit., p · texte numérisé non relu

Rouwpain, ouv. cit., p

ment que les évangéliistes ne se sont point concertés. Quand on veut tromper on est unanime. “Il n'y a point de dépositions plus unanimes que celles des faux témoins, lorsqu'ils ont pu s’aboucher 1.”

6) La notoriété des événements racontés dans les Evangiles confirme la sincérité de leurs auteurs. Cette notoriété, en effet, rendait impossible toute tentative de supercherie de la part des écrivains sacrés : c’est encore une preuve de leur sincérité. Les contemporains des évangélistes etaient très bien renseignés sur la réalité des faits, lesquels, parce qu’étranges et merveilleux, attiraient, captivaient tout naturellement l'attention des foules. Or, ces contemporains, les Juifs surtout, avaient le plus grand intérêt à confondre l’imposture. Et s’ils n’ont pas protesté, c’est un signe évident que les récits des évangélistes étaient véridiques.

88. Objections. — I. Gens simples, crédules, sans instruction, les témoins des faits évangéliques ont pu facilement se tromper sur la nature du Messie. Aussi bien ont-ils découvert en lui le caractère qu’ils y désiraient trouver ; ses moindres actes, ils les croyaient surnaturels, ou, pour le moins, extraordinaires.

Réponse. — Le témoignage des évangélistes ou de ceux qui leur ont rapporté les faits, porte sur l’existence et non sur la nature de ces faits. Pour raconter fidèlement un fait, il suffit d’avoir de bons yeux, de bonnes oreilles, et prêter attention. Quant à son explication, pour dire par exemple que tel fait a une origine surnaturelle ou non, il faut souvent des connaissances plus qu’ordinaires. Or tel ne fut pas le cas des évangélistes. Simples témoins, ils racontent seulement ce qu’ils ont

1 Duvorsin, Démonstration évangélique, cité par Mgr Gouraud, ouv. cit, p. 188.

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vu et entendu eux-mêmes, ou ce que leur disent d’autres témoins dignes de foi.

IT. Les apôtres étaient des hallucinés. Leurs récits ne sont donc pas dignes de croyance, et partant, on peut révoquer en doute leur sincérité.

RÉPONSE. — Suivant l'expression du P. Monsabré, l’hallucination est “ le dernier refuge du rationalisme aux abois 1” L’hallucination est un phénomène morbide, purement subjectif et qui ne dure qu’un temps. Morbide, l'hallucination se produit dans les imaginations vives et habituellement surexcitées. Or, les ap6tres, gens robustes, calmes et froids, n’étaient certainement pas exposés à devenir la proie de cette malad:-. Au reste, comme le témoigne l'Évangile, ils sont très lents à croire, ils prennent pour des visionnaires les saintes femmes qui leur annoncent que Jésus est sorti du tombeau. Phénomène subjectif, l'hallucination doit varier avec les tempéraments et les dispositions mentales de ceux qui en sont les victimes. Or tous les ap6tres, tous les témoins des faits et gestes de Notre-Seigneur, — et ils sont très nombreux, — racontent les mêmes choses, affirment les mêmes vérités. S'ils sont des hallucinés, comment expliquer l’uniformité de leur témoignage ? Enfin l’hallucination ne dure qu’un temps. Après vingt siècles, il est étrange que persiste encore, toujours intangible, une doctrine sortie du cerveau surchauffé de quelques visionnaires. Cette hypothèse ne tient pas debout. Au cours des âges, elle aurait dû certainement succomber sous les coups de la protestation du bon sens. Et donc si la doctrine évangélique a duré, c’est qu’elle vient de Jésus-Christ lui-même, la

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