VaLvEexENs, puv. cit., p
religieux et, par le fait même, pour rendre témoignage à Dieu.
Pour établir une Comparaison entre le soldat et le martyr, il faut nécessairement que la cause de la guerre soit juste et conforme au droit, ou, du moins, considérée comme telle par le soldat ; il faut encore que le soldat accepte généreusement et volontairement l'éventualité de verser son sang pour accomplir tout son devoir, et non par nécessité passive et Par pure contrainte.
En pareil cas, la mort du soldat, tout en n'étant pas sans analogie avec celle du martyr, est cependant d’un autre caractère que l’acte des héros chrétiens. Les deux diffèrent surtout quant à la cause et l'acceptation volontaire.
a) La cause: “Le martyr rend témoignage à la vérité ou à la vertu chrétienne en Préférant subir la mort
Il n’a pas d’autre arme Sa conscience et son droit.
ne prétend pas être un témoin
Le but primordial de la mission du soldat
n'est pas d'offrir sa vie et de subir la mort, mais, au contraire, de repousser par la force l’agression injuste, d’im- Poser par la force le respect du droit, et d'exiger, les armes à la main, une paix conforme à la justice. Telle est la vraie acceptation du droit de guerre sur laquelle
s'accordent théologiens, philosophes et jurisconsultes !?
b) L'acceptation volontaire : “ Le soldat, par le fait même qu’il est soldat et combattant, porte l'épée pour le service du droit. Certes, il court nécessairement un risque terrible et glorieux ; mais enfin il cherche, avant tout, à résister et à vaincre par l'épée. Il ne succombera que si la fortune de la guerre lui devient contraire, et après avoir fait lui-même subir à l'ennemi un dommage aussi redoutable que possible. Bref, le soldat en armes ne prétend pas être une victime, mais un justicier *.”
2) En général les dispositions du soldat sur le champ de bataille sont loin d’être celles des martyrs allant au supplice. Les soldats courent à une mort incertaine, poussés souvent par l’appât du butin, de la gloire, ou la honte du recul. Les martyrs au contraire marchent allègrement à un trépas certain, entraînés certes non par la honte du recul, puisque l’apostasie les conduirait aux honneurs, ni par l'espoir du gain. La gloire les attend, ilest vrai, mais la gloire du ciel, gloire certes bien cachée dans les mystères de l'éternité, et donc, pas du tout de nature à flatter la vanité.
LECTURES
Une scène de martyre, BarBter, Les origines du christianisme (Mgr Freppel), t. 11, p. 364.
Les martyrs de l'Ouganda, Mer D.HuisT, Conf. N.-D., 1892.
Saint Paul et ses dernières années, ch. VI, VIL, ABBÉ Fouanp.
1. Yves de la Brière, Luttes présentes de l'Eglise, 8e série pp. 366-367.
2. Yves de la BRIÈRE, ouv. cit, P. 367. Cf. Card. MERCIER, Patriotisme et Endurarre.