‹ Leçons d'apologétique [microforme] (volume 2)Chapitre 99 sur 211 · LES BIENFAITS DU CHRISTIANISME · texte numérisé non relu

LES BIENFAITS DU CHRISTIANISME

SOMMAIRE. — 123, Les trois transformations cpérées par le chris, tianisme. — 124, Etat de l'individu avant Jésus-Christ. — 125- =) Etat de la famille avant Jésus-Christ. — 126. Etat de la s0- 11

ciété avant Jésus-Christ.

123. Les trois transformations opürées par le i christianisme. — Le christianisme a exercé son in- l fluence bienfaisante sur l'individu, la famille et la s0- | ciété. La transformation opérée par la doctrine chré- $ tienne n’a pas été superficielle mais bien radicale et { durable. Certes nous ne voulons pas dire que le changement amené dans le monde par le christianisme a été universel : il y a eu, et il ÿ aura toujours des cœurs re- î belles à ses enseignements. Aussi parmi ceux qui pro- le 4 fessent la religion de Jésus-Chrsit, un trop grand nom- Lie bre ne mettent pas leur conduite en harmonie avec leurs î croyances. Cependant, cette résistance des uns et cette { lâcheté des autres ne sont Pas un argument contre l’un- { fluence moralisatrice du christianisme, elles la démontrent, au contraire, quoique indirectement, puisque c’est pour ne vouloir pas la subir que l’on reste plongé dans le mal.

Pour bien apprécier les bienfaits du christianisme dans le monde, il faut connaître l’état de l'individu, de i la famille, de la société, avant et après Jésus-Christ. l 124. Etat de l'individu avant Jésus-Christ. —

On peut difficilement se faire une idée du sort de l'individu avant la venue de Jésus-Christ. Au point de vue intellectuel, moral et physique son état était des plus lamentables.

À. AU POINT DE VUE INTELLECTUEL. Il gisait dans l'ignorance et l'erreur. Les vérités les plus essentielles, comme celles de notre origine et de notre fin, il n'en avait pas le moindre soupçon. Certes les arts et les sciences n'étaient pas étrangers à Rome et à Athènes, mais ils n'étaient le partage que ä’un petit nombre de citoyens ; et à côté de quelques vérités, combien d’erreurs monstrueuses les philosophes du temps enseignaient et propageaient.

B. AU POINT DE VUE MORAL. C'était la dégradation la plus complète. Tous les vices étaient divinisés. Le Grec et le Romain adoraient un Jupiter incestueux, un Mars dissolu, une Vénus impudique. La divinité du Persan était le soleil et les astres ; celle de l’Égyptien, le bœuf Apis. Le Germain, le Gaulois comme l’Indien rendaient un culte superstitieux aux idoles. Les principales fêtes en l’honneur des dieux, telles que les Saturnales, les Bacchanales, les Lupercales, n'étaient que des excès de débauches. Les plus honteuses turpitudes se dissimulaient à peine dans les temples d’Adonis, de Priape, de Junon, de Cybèle et des autres divinités païennes. Cette dépravation de l'individu explique bien l’insensibilité du cœur, le mépris de l'humanité, la haine des pauvres, l'horreur des malheureux, le goût du sang, du meurtre, des infamies de toutes sortes, enfin toutes ces monstruosités qui étaient l’apanage de l’antiquité païenne.

La vivante peinture que saint Paul fait des Romains s’applique aussi très bien aux individus des autres na-

tions. Vous êtes sans affe: tion, écrit-il aux habitants de Rome, sans fidélité, sans commisération, sine affectione, absque fœdere, sine misericordia ; remplis de toutes sortes d’injustice, de méchanceté, de fornication, d’avarice ; pleins d'envie, de meurtre et d’iniquité ; repletos omni iniquitate, malitia, fornicatione, avaritia, iniquitia, plenos individia homicidio, iniquitate, : haïssants et haïssables, odibiles, odientes invicem (RoM., 1, 31, 29 ; Tir, int, 3).

C. Au POINT DE VUE PHYSIQUE. L'individu était quantité négligeable ;: toute son éducation physique devait tendre au métier des armes. En dehors de cela, aucun respect pour le corps : les coups, les blessures, les mutilations étaient permises, pratiquées publiquement, sous l’œil paterne des législateurs. Au dire de César, les Gaulois se vendaient Pour payer leur dette ; d’après Tacite, les Germains en faisaient autant. Le suicide était en honneur : des écrivains comme Cicéron, des philosophes comme Sénèque ne craignent pas d’en faire l'apologie, Platon et Aristote, il est vrai, l'ont condamné, et cela, non pas à cause de sa malice intrinsèque, absolue, mais parce qu’il porte atteinte aux droits de la société 1,

125. Etat de la famille avant Jésus-Christ. — Le père est une espèce de potentat dont la puissa nce est quasi illimitée, Sa femme et ses enfants sont sa chose dont il peut disposer à son gré. Aussi la polygamie et le divorce sont-ils les deux principales plaies de la famille dans l’antiquité païenne.

La femme n'est pas la noble compagne de l’homme, mais son esclave : propriété de son mari, elle pouvait

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