‹ Leçons d'apologétique [microforme]Chapitre 112 sur 275 · AUTANT EAP LE DAT EG ESA · texte numérisé non relu

AUTANT EAP LE DAT EG ESA

s’avouaient par le fait même coupables de déicide, puisque le Sauveur était vraiment Dieu.

; b) Les Paiens. Ils «s'étaient fait une longue habitude d’une religion facile, où les dieux mêmes s'accommodaient à Teurs passions : c'était la religion de leurs pères, de leur patrie, de l’autorité publique et du monde civilisé, et voilà que les Juifs mépiisés viennent abolir leur culte, leurs fêtes, pour leur proposer une religion toute spirituelle, des vérités difficiles ou terribles, pour leur faire adorer un personnage mis à mort dans la Judée--eordamné par un magistrat romain ; quoi de plus révoltant à leurs yeux!?»

C. OBSTACLES DU CÔTÉ DE cEUx QUI AVAIENT MISSION DE L'ENSEIGNER. À l’époque où fut prêché le christianisme, ceux qui avaient reçu mission de l’enseigner devaient, pour réussir, faire montre de qualités plus qu’ordinaires. Il n'appartenait pas à qui que ce soit de renverser l’omnipotence des Césars, de triompher de l’astuce des Juifs, de l’orgueil des païens et de la vanité des philosophes. | Or les apôtr obscurs de naiss ignora éprisés, étaient loin de réunir ee ee ee sem-

lable entreprise. FEncore, si tvile leur eût été FaVorabte comme elle le fut plus tard au mahométisme et au protestantisme, on poutrait jusqu’à un certain point se rendre compte de la rapide diffusion

de la doctrine chrétienne ; mais, FR La lutte a été terrible du côté des pouvoirs publics. Les-envoyés

de Jésus-Christ ont cependant terrassé la puissance des Césars, vaincu tous les obstacles et triomphé des passions. Le Crucifié du Golgotha, hier honni de tous,

See

1, Loprez, ouv. cit, p. 147,

ét En finis sf:

ils ont réssi à le faire adorer. Est-il possible d’expliquer humainement semblable phénomène?

L'établissement du christianisme est certainement opposé aux lois morales du monde, c’est-à-dire aux cours ordinaire des choses humaines ; il est donc un miracle de l’ordre moral, et de ce chef, il prouve la divinité de la religion en faveur de laquelle il a été opéré.

112. Objections.— I Cette expansion rapide du christianisme ne paraît pas si merveilleuse, quand on songe à l’extrême facilité des communications qu’offrait alors le vaste empire romain unifié sous les Césars.

RÉPONSE. — L'unité romaine avait contribué à la préparation matérielle, voire providentielle, mais nullement à la préparation morale, c’est-à-dire à l’acceptation et à la diffusion des doctrines chrétiennes. Rome n’a jamais aidé à cette diffusion des idées chrétiennes par un appui moral. Au contraire, loin de servir le christianisme, elle l’a toujours combattu avec acharnement. L'unité de l'empire romain explique donc bien que toutes les facilités aient été offertes aux évangélisateurs pour se répandre un peu partout, mais nullement que leurs idées aient pu se frayer un chemin vers les esprits et se faire un\yersellement accepter!.

IT. Le PS ee nombre des adhérents au christianisme lui vinrent du peuple (I Cor., 1, 26). La propagande chrétienne a donc eu pour cause un mouvement démocratique où les petits, fraternellement associés, finirent par triompher de la dure opposition des puissants.

RéPonse.— L'histoire du christianisme prouve qu’il n’eut pas moins à souffrir de la résistance du peuple que de l’aristocratié, que la persécution populaire prévint la

1. ADHÉMAR D’ALÉS, Lumen vi!al, pp, 334. P Mesnages, Romanisation de l'Afrique.

” j 88 entrer fente 1 np ner 0 2 LI TAPIE RS

persécution légale. Saint Paul a connu l'hostilité brutale des foules idolâtres excitées par les émissaires juifs. C’est par le peuple qu’il fut chassé d’Antioche de Pisidie (ACTES, x, 51), d’'Iconium (xrv, 6), de Lystres (xIv, 19), de Philippes (x vi, 19-24), de Thessalonique (Xvn, 13), d’Éphèse (x1x, 23, 24). Et quand Néron faisait inscrire dans la jurisprudence romaine la prohibition du christianisme comme (religion illicite », il ne faisait en cela que répondre aNésirs de l’opinion publique. Au reste, si les foules se laissent facilement gagner à une doctrine qui flatte leur orgueil, leur cupidité, et en général, leurs passions, elles ont toujours beaucoup de répugnance pour un enseignement qui, comme le christianisme, leur recommande le sacrifice, la soumission et l’obéissance.

IIT. N'est-ce Pas une loi de l’histoire que « partout une religion opprimée s’accroit et grandit sans cesse, et que la persécution est un bon moyen de propagande?»

RÉPONSE — Un bon nombre de faits historiques démentent cette assertion de M. Harnack. «Il est bien vrai que le sang des martyrs est une semence de chrétiens, que l'exemple du courage déployé par les confesseurs de la foi a décidé beaucoup de conversions ; mais l'Eglise sait bien, qu’à moins de grâces extraordinaires, la persécution fait plus d’apostats qu'elle ne fait de convertis. Les rigueurs de l’Inquisition ont fait disparaître les Cathares du midi de la France, et les Maurisque de l'Espagne, L'oppression musulmane a obtenu l'apostasie de toute l'Afrique du nord-ouest et de nombreuses populations orientales : et on sait quels dommages ont fait aux missions, les persécutions de la Chine et du Japon au XVIlle et XIXe siècle. Pour que la persécution soit un moyen de propagande, il faut

Ë ë Fi # ÿ î

ass":

qu'il y ait chez les persécutés une force surnaturelle que Dieu n’assure même pas à son Eglise en tout temps et en tout lieu. Il l’a donnée largement pour assurer la croissance de la chrétienté à ses débuts ; comment expliquer autrement ses progrès!?»

LECTURES

C’est un fait inezplicabke naturellement, HuGuExY, Critique et cathoiques, p. 122.

Un argument d'Origène, Mor FRe»pel., Origène, t.II, 35e Leçon.

La durée de l'Eglise, Ansé pz BRoGLtE, Les fondements intellectuels de la foi chrétienne, p. 135.

1. E. HuGneNvy, Critique et catholique,pp. 126-127 ;: Agé Brous- SOLLE, ouv. cit., pp. 190-194

SR

A NS Dr MES

pe paient

FR mpr

Le

AA Lt

irbttiur

ste

PRET ere

Page 1