‹ Leçons d'apologétique [microforme]Chapitre 118 sur 275 · Pauz ALLARD, Dir leçons sur le Martyre, pp · texte numérisé non relu

Pauz ALLARD, Dir leçons sur le Martyre, pp

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I. LE FANATISME. Lefanatisme est une surexcitation passagère, une exaltation locale. un échauffement

ee Qu'il réussisse parfois à aveugler certains es, à les pousser à des actes insensés, personne ne le conteste. Mais est-il raisonnable d'admettre que cette surexcitation passagère soit capable, pendant près de trois cents ans, d’être le motif d'agir de millions d'hommes, de situation, d’âges, de caractères différents? Au reste, le calme et la possession d'eux-mêmes que les martyrs onttoujours montrés, répondent clairement à ceux qui crient au fanatisme ; inutile d’insister.

II. LE PRÉTENDU NOVICIAT DU MARTYRE. (Certes, le matryre n’était pas l’acte d’un jour mais d’une vie. Celui qui embrassait la religion chrétienne devait être prêt à tous les sacrifices, et surtout au sacrifice de sa vie. On se préparait donc au martyre. Mais cette préparation, ce noviciat, ils consistaicnt dans le rude apprentissage du combat suprême, apprentissage qui tous les jours exigeait Ïe-renoncement jusqu’à l’héroïsme, Mais étant données les tendances de la nature humaine, ce ren tidien jusqu’à l’héroïsme nécessitait dans le (candidat au martyre» une force divine. Et donc la préparation, l'entraînement des chrétiens, leur noviciat, sans le secours d’en haut, reste 2nexplicable.

III. LA PHILOSOPHIE GRECQUE. Cette philosophie a produit tout au plus l’orgueilleux stoïcien, raidi dans un effort qu'il croit sublime, loin d’être ressembtant à l’humble et paisible victime de l’arène. Les « préceptes des plus grands sages », d’un Marc-Aurèle, d’un Épictète, n’ont abouti qu’à des résultats dérisoires. Aux meilleures d’entre les païens, ils inspiraient quelques plaintes éloquentes 6€ Parfois le dégoût de la vie jus-

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qu’à les pousser à se donner pompeusement la mort. De belles déclamations et le suicide solennel, voilà le plus noble effort de la vertu antique.

IV. LA PERSÉCUTION. On serait tenté de comparer l’œuvre des persécutions a travail du jardinier, Celui-ci, en effet; ën émondant l'arbre touflu, le fortifie. Ilep est de même des persécuteurs; en envoyant au supplice un grand nombre. de chrétiens, ils émondaïent Ta religion chrétienne, ils la fortifiaient, et partant” i s furent, sans le savoir, les inspirateurs de l’héroïsme des martyrs. { Cette comparaison n’est pas seulement, comme tnute Comparaison, boîteuse ; elle ne marche pas du tout. L'émondeur procède avec, tact et mesure, en temps opportun, tandis que le persécuteur frappe à coups redoublés, tranche dans le vif sans merci et sans trève. D’un côté, c’est une taille intelligemment ménagée qui débarrasse le tronc des branches encombrantes : de l’autre c’est un abattis brutal qui décapite ou déracine!,» Et donc, n’eût été la grâce divine, le travail des persécuteurs, au lieu de donner une vigueur nouvelle à la religion chrétienne, devait nécessairement l’anémier et la conduire à la mort.

Quant aux autres causes, comme l’espoig du gain, la vaine gloire, etc., on connaît assez le caractère des marrs rejeter. Aussi bien, il serait oiseux d'y attacher une trop grande importance?.

Depuis les persécutions des trois | remiers siècles, { des rigueurs ont été exercées contre des hérésies très vivaces et très répandues, et ces hérésies ont disparu : des rigueurs ont été exercées contre des églises tombées dans le relâchement, et ces églises ont apostasié :

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