‹ Leçons d'apologétique [microforme]Chapitre 120 sur 275 · VINGT-HUITIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

VINGT-HUITIÈME LEÇON

LE TÉMOIGNAGE DES MARTYRS (suite)

SOMMAIRE.— 118. Première objection : le petit nombre des martyrs.— 119. Deuxième objection : exagération des cruautés envers les chrétiens.— 120. Troisième objection : beaucou de chrétiens ont été condamnés pour délits politiques. — 121. Quatrième objection : toutes les religions ont leurs martyrs. — 122. Cinquième objection : le Courage des soldats vaut bien l'héroïsme des martyrs.

Le 118. Première objection / le petit nombre des martyrs.— Les ennermis du Fer mn, en bloc les persécutions antérieures à Dèce : cest ce qui diminue considérablement le nombre des martyrs puisque cet empereur régna vers Ja deuxième moitié uu troisième siècle. Ils rejettent les plus graves documents qui émanent d’une source chrétienne. Quant aux témoignages païens, telles la lettre de Pline et-}a réponse de Trajan, ils les éliminent comme suspects. Ils vont même jusqu’à dire que les chrétiens ont interpolé le passage des Annales (xv, 44) où Treite parle d’une grande multitude de chrétiens massacrés lors de la persécution de Néron.

RÉPONSE. — 1) Les radicaux trouvent naturellement incommodes les textes nombreux et parfaitement authentiques qui attestent la mort de milliers de martyrs: aussi, ils les suppriment d’un trait de plume. Ce pro-

cédé qui fait un Peu songer au lit de Procuste n’a rien de bien scientifique.

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2) Maïs pour renverser l'opinion traditionnelle d’après laquelle des millions de martyrs firent le sacrifice de leur vie en faveur de la doctrine chrétienne, nos adversaires se voient forcés d'entasser suppositions sur suppositions qui ne tiennent pas debout. Les voici :

a) Il faut supposer que les Pères de l'Eglise et les écrivains ecclésiastiques se sont donné le mot pour mentir effrontément.

b) Il faut supposer qu’ils ont pu fabriquer des documents et les faire passer pour authentiques.

c) Il faut supposer qu’ils ont pu glisser furtivement leurs inventions dans les ouvrages connus des historiens profanes.

d) Il faut supposer que cette longue conspiration du mensonge, dans une matière d'intérêt généra!, a si bien réussi, qu’elle n’a pas laissé la plus légère trace ni soulevé la moindre protestation.

Ne répugne-t-il pas plus d’accepter toutes ces hypothèses que d’admettre l’opinion traditionnelle?

19. Deuxième objection : exagération des cruautés exercées envers les chrétiens. — Commént croire aux prétendues cruautés éxercées envers les chrétiens, en pleine civilisation romaine, sous des princes débonnaires comme Trajan et Marc-Aurèle? Cela est impossible, ou du moins, invraisemolable.

RÉPoxsE.—1) Un siècle à peine après la Révolution française on se prend parfois à se demander si les massacres de septembre et les infamies du tribunal révalutionnaire n’ont pas été exagérées. Ces abominations de la Terreur, dans cette France polie, malgré quatorze siècles de christianisme, sont pourtant bien une lamentable réalité. Plaçons maintenant les événements de la Révolution française à l’époque des persécut cns, et

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