‹ Leçons d'apologétique [microforme]Chapitre 131 sur 275 · LES DIVERSES RELIGIONS · texte numérisé non relu

LES DIVERSES RELIGIONS

SOMMAIRE.— 131. Toutes les religions n'ont pas la mème importan-

ce.— 132. Le Paganisme. — 133. Le Boudhisme.— 1314. Le Mahométisme,— 125. Le Judaïsme.

131. Tou*=« les religions n’ont pas la même importance. Dépuis le commencement du monde, nombreux et variés ont été les cultes qui sollicitent les

adhésions de l'humanité. Entre le fétichisme ct le christianisme s'éc

helonne une lé ue série de religions

dont chacune naturellement ie..dique peur elle la vérité. Toutes certes n’ont pas la même importance. C’est pourquoi, dans cette lecon, nous n'avons pas l’intention de les examiner les unes après les autres, sans en laisser aucune, Nous nous contenterons d'exposer brièvement celles qui, par le serieux de leur doctrine et le nombre de leurs adeptes, ont su s'imposer à l'attention du philosophe et du chercheur. £€e sont le Paganisme, le Boudhisme, le Mahométisme et le Judaïsme.

132. Le Paganisme. — Faganisme est pris presque toujours dans le sens de polythéisme, culte de plusieurs dieux, ou d’idolâtrie, culte des idoles, des images dans lesquelles on croit voir un dieu. Et comme ces deux cultes ont été surtout florissants à Rome et à Athènes, il ne sera question ici que du paganisme grec et romain. Nous l’envisagerons d’abord tour à tour au point

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de vue dogmatique et au point de vue moral. Nous verrons ensuite ce qu'il raut réellement et comment le christianisine n'en est pas une imitation,

A. AU POINT DE VUE DOGMATIQUE. Îl n'est pas exageré d'affirmer que le paganisme a été absolument nul au point de vue dogmatique. Chez lui, en effet, aucune théologie, arcune doctrine précise, aucun enseignement doctrinal, aucune autorité chargée de maintenir la foi Rien de plus incohérent et de plus contradictoire que l'idée de la divinité pour les païens. Même en son plein épanouissement, la religion polythéiste était un amas d'absurdités, où la poésie et l’art pouvaient puiser des thèmes intéressants, mais qui était dépourvu de toute valeur vraiment religieuse,

B. AU POINT DE VUE Moraz Le paganisme ne vau guère mieux au point de vue moral. Pour qu'une religion ait de l'influence sur la conduite morale de l'homme, il faut qu'elle lui impose une règle très precèse, très cccentuée et immuable. Or quelle efficacité pouvait avoir su l+< âmes une religion sans enseignement doctrinal ;: qui, dans ses légendes mythologique, offrait des leçons de corruption? «Sans parler des bacchanales, des orgies des prêtres de Cybèle, sans parler du culte de Vénus, il y avait certaines cérémonies religieuses, certaines processions où figuraient les pieuses matrones et les jeunes filles des confréries, qui seraient aujourd’hui et en l’état de nos mœurs impossibles à tolérer, et que la police si facile de nos grandes villes ne pourrait tolérer! »

C. CE QUE VAUT LE PAGANISME. On ne peut pas dire que le paganisme était une religion vaine et sans

1. De Bnocztr, Problémes et Conclusions de l'Histoire des Religions, p. 113. Dom CaABRok, Origines liturgirues, p. 65.

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force. Étant à la fois une théurgie et une magie, il avait une prise puissante sur l'imagination et l’âme populaires, et, à cause de cela, il correspondait à ce besoin irrésistible, besoin de la croyance à l’invisible, l'esoin de relations avec ce qui dépasse l'horizon borné de cette terre, De là cette émotion religieuse qu’il produisait chez ses adeptes, cet enthousiamse d'autant plus fort qu’il n’e xigeait pas de contrainte morale, ni d'efforts contre les passions.

Le paganisme était au plus haut point une institution nationale. Personnification de l’égoïsme antique, chacun le regardait comme une portion essentielle de la vie publique et sociale.

Sans doctrine précise, sans morale exigeante, il n’était une gêne ni pour l'arbitraire de l'autorité, ni pour les caprices de la foule : il pouvait done compter sur l'appui de l'un et de l’autre. Ç’a été là incontestablement l’une des plus puissantes causes de son succès et de sa durée. Aussi, il n’est pas besoin de recourir à une force surnaturelle pour expliquer l'expansion du paganisme dans le monde. Son élasticité, l'absence de dogmes précis, de morale, son mysticisme, qui n’est que l'alliance de l’émotion religieuse avec les pires passions, la protection des gouvernants, voilà qui rend suffisamment compte de la propagation de la religion païenne.

D. LE CHRISTIANISME N’EST PAS UNE IMITATION DU PAGANISME. Certains auteurs accusent le christianisme d’avoir fait des emprunts au paganisme. L'abbé de Broglie leur répond de la manière suivante : «Les premiers chrétiens auraient considéré comme souillure tout usage, toute pratique, provenant directement du culte réprouvé. Si, plustard, ils’est rencontré entre le christianisme et le paganisme des ressemblances

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