‹ Leçons d'apologétique [microforme]Chapitre 132 sur 275 · TETE · texte numérisé non relu

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extérieures, si nos temples contiennent des statues comme les temples païens, si les cérémonies du culte les processions, les encensements ont une certaine ressemblance dans les deux religions, il ne faut point voir dans ces faits une imitation du culte maudit quand il existait, et oublié depuis qu'il a disparu. Il ne faut y voir que la ressemblance nécessaire entre toutes les religions, provenant des instincts et du besoin de la nature ; ce sont les formes qui conviennent à toutes les doctrines, vraies ou fausses, divines ou terrestres, comme les habits sont faits pour tous les hommes, sages ou sots, vertueux ou méchants!. »

133. Le Boudhisme.— Boudha, le fondateur de cette religion, naquit vers l’an 557 avant Jésus-Christ. Après s'être livré durant quelques années à la contemplation et aux pratiques de la vie ascétique, — d'où le nom de Çakya-Mouni, ou solitaires: des Çakyas, — il commença à prêcher de tous côtés sa doctrine. Voyons ce que vaut cette doctrine au point de vue dogmatique et moral pour bien nous convaincre qu’elle est inférieure au christianisme.

A. AU POINT DE VUE DOGMATIQUE. Le boudhisme est athée : car pour lui l'existence de l'être suprême et éternel reste une question oiseuse et insoluble. Il proclame que la vie humaine est une souffrance, et le moyen de s’en affranchir c'est le Nirrânà, c'est-à-dire l’anéantissement de la personne. Encore, l’homme n'arrivet-il à ce Nirvànâ qu'après une serie indéfinie d'’existences inférieures, passées aux corps des animaux, en vertu de la imétempsychose. Il n’admet pas le secours de la prière, puisqu'il ne fait aucune place à Dieu ; au con-

1. De BroGLtE, oùv. cit., p. 113. Cf. BroussoLLe, ouv. cit., pp. 78-86. Were ‘ologie du Ch:istianisme,p. 162.

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traire, il veut apprendre aux hommes les moyens d’arriver au bonheur sans le secours d'aucun culte, par le senl effort de leur pensée et de leur volonté personnelles. C’est dire que le boudhisme primitif n’est pas une religion véritablet, mais plutôt un principe destructeur de toute religion : impossible, en effet, de concevoir une religion sans Dieu et sans prière.

Cependant le boudhisme a subi une corruption foncière dans sa doctrine : et son fondatear, qui dédaignait les dieux et la prière, dut monter en Statue sur les autels Pour x représenter le divin et y écouter la prière. Le boudhisme devint donc religieux, et, ainsi, il a dû accepter toutes Îles Çorruptions païennes de l'instinct religieux. C’est bourquoi, dans la suite, il y eut autant d'espèces de bouhisme que de pays différents, que de provinces. Au Japon, on en compte plus de six sectes.

B. Av POINT DE vue MORAL. L'idéal austère de la morale boudhique, idéal dont parlent avec complaisance les ennemis du christianisme, est proposé aux moines et nullement imposé aux laïques. Le boudhisme n’inderdisait aux laïques “ ni la polygamie, ni la polyandrie, ni la fornication, ni aucun péché de la chair autre que l’adultère, aux sens restreint de la société païenne. C’était supprimer les obstacles à l'attrait qu’exerçait sur les âmes de l’Extrème-Orient le pessimisme trop vécu ces quatres grandes vérités du boudhisme?, sa métaphysique imiginative, la bonté passive

1. “Le boudhisme n'est donc pas, à Proprement parler, une religion, mais plutôt une attitude de l'âme raisonneuse en face du problème religieux, et une attitude désespérée, Le boudhiste, toutefois, s'en déclare orgeuilleusement satisfait. Il ne veut rien tenter pour ea sortir. Il travaille au contraire à s’y enfoncer davantage”, BROUSSOLLE, Les Religions, p.254,

2. La doctrine boudhique a Quatre vérités fondamentales sur la a) douleur : b) l’origine de la douleur,c) la Suppression de la douleur

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et résignée de sa langoureuse pitié, la poésie de ses légendes indiennes, et la prédication de parole et d’exemple de ses moines mendiants, dont la vie était généralement d'apparence fort austère et souvent vertueuse!. » Au reste, la morale du Boudha est une morale sans Dieu. une morale indépendante. Peut-on raisonnablement comparer cette morale à celle de l’Évangile ?

C. INFÉRIORITÉ DU BOUDHISME CoOMPARÉ au CHRISTIANISME. Sorti de l’Inde, le boudhisme s’est répandu dans la Tartarie, la Chine, le Japon, l'Indo- Chine et quelques-unes des Iles de la Sonde. Il compte environ trois cent cinquante millions de sectateurs. Cette expansion, il n’est pas nécessaire de recourir à une force surnaturelle pour l’expliquer. Elle est due d’abord à la profonde transformation qu’il a subie à travers les âges, transformation qui résulte de sa plasticité, c'est-à-dire, de cette aptitude à recueillir toutes les divinités, toutes les superstitions des peuples auxquels il s’adressait. Ce n’est pas l’immutabilité intransigeante du christianisme ! Son expansion, le boudhisme la doit ensuite à l’accord de sa doctrine avec les plus chères aspirations de l’âme orientale, avec ses vices et son idolâtrie. «Les moines de la Congrégation de Çakya-Mouni n’avaient besoin pour triompher que de la force de leur association aidée du pouvoir civil qui assura leur succès au Thibet, en Chine et au Japon. Cette force ne Fit pas à les maintenir dans l'I nde, le seul pays où k:. manqua l'appui séculier, où ils furent persécutés, et où ils rencontrèrent d’autres congréga-

dle chemin qui mène à La suppression de la douleur. Cf. HuGuEexy, Critique ct catholique,p. 181

1. HUGuüENY, ouv, cit., pp. 189-190, ABBé THoMas, Le boudhisme, I. P., pp. 31.34.

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