Cf. SERTILLANGES, l’Église, t. 1. p
HR
LEÇONS D’APOLOGÉTIQN :
morte rédemption de Boudha. Ces antiques traces d'une chute primitive que nous Cons!iions dans le
Zend-A vesta ou dans la légende de Proréthée nous ap-
Paraissent autrement claires dans la puis-inte théologie d’un saint Paul. Nous y touchons t le mystére de la déchéance primitive, et la ! 1t s'ante du bien et du mal, du bien-qui nous élè: : reu, et de la concupiscence, foyer du désordre, ‘ui 1; pousse
sans cesse au péché! »
Aussi bien les plus belles pages de :! ‘re religions se sont donné rendez-vous ir 1 l’on y retrouve les grandes vérités phii » opin ligieuses de tous les temps présentées Jans admirable, dans une suite unique.
138. Transcendance du christianisme au point de vue moral,— 1) La morale chrétienne est baste sur l’amour de Dieu et sur l'amour du prochain. L'amour du prochain, voilà Lien le commandement nouveau négligé par Boudha, voire par Moïse. Ce mot triomphant, « aimez-vous les uns les autres », se rencontre pour la première fois dans l'Évangile. L'amour du prochain en qui nous devons aimer Dieu a été le principe de tous les dévouements sublimes dont font foi les annales de la religion chrétienne. Et les huit béatitudes, et le sermon sur la montagne ! Qui a transformé la famille et la société, qui a fait disparaître l'esclavage,
qui a vaincu la tyrannie de l'État? C'est la morale chrétienne.
i LI
2) Le christianisme, s’il impose à la volonté des préceptes parfois difficiles, ne manque pas de donner des moyens de les accomplir. En effet, lui seul, le premier,
1. Pouuix et Louriz, ouv, cit, p. 272 Christus, Manuel d'histoire des religions, pp. 768-940.
# trouvé de quoi obvier aux faiblesses de la nature humaine : l’autorité doctrinale extérieure et la grâce interne. Cet élément nouveau, absolument neuf, inconnu des autres religions, dénote une connaissance ‘oute divine du cœur humain.
3) Quant à l'hypothèse des emprunts faits par Jésus aux autres cultes, elle ne tient pas debout. En effet, lorsque Jésus-Christ fit son apparition en Judée, on ne se préoccupait pas à Jérusalem de ce qu’avaient dit Confucius ou Boudha. Mahomet devait naître quelques centaines d'années plus tard. Dans ce milieu où vécut Jésus, on ignorait toutes les religions étrangères. Au reste, est-il raisonnable de supposer Jésus et ses apôtres en correspondance avec les prêtres grecs et romains, consulter les bibliothèques, discuter... Pourquoi l’histoire se tait-elle sur ce point ?
Sans faire de grandes théories, tout simplement, d’une façon on ne peut plus personnelle, Jésus a enseigné un dogme et une morale qui contiennent les plus hautes vérités que l’homme ait connues!'. Nous avons là toute la preuve de la transcendance de sa doctrine.
139. La transcendance de Jésus-Christ.— Le fondateur du christianisme est Dieu. Il possède en effet l'élément constitutif de la divinité, qui est l’infini, Quel que soit l’aspect sous lequel nous le considérons, Jésus-Christ est un être surhumain. Ilest « le seul mortel dont l'éloge ne puisse être exagéré? ». Et pour bien nous convaincre qu'il est plus qu’un homme, nous allons le comparer avec celui-ci ; ce sera encore un excellent moyen de voir combien grande est la distance qui les sépare.
1. Cf. Pouax et Louriz, V vol., Le Chrisitianisme, pp. 263-311. 2, R. P. Cavsserre, Le kon sens de la foi, E vol., p. 302
1) La durée de l’homme n’est que dans le présent, celle de Jésus était autrefois et sera dans les siècles : Christus heri, hodie et in sœæcula. « L'homme ordinaire, placé entre une veille où il n’était pas encore, et un lendemain où il ne sera plus, n’occupe qu’un point dans la série des temps. L'Homme-Dieu, seul, a préexisté dans tout le passé, et se survivra dans tout l’avenir, en telle façon que, pour lui, ce n’est jamais ni hier, ni demain, c’est toujours et ce sera à jamais aujourd’hui. »
2) La sagesse de l’homme, toujours bornée, si haute soit-elle chez quelques-uns, porte l’empreinte du sol qui lui a donné lejour. Mahomet est exclusivement arabe, Boudha n’est qu’indier. La sagesse de Jésus ne ressemble à aucune autre ; n’ayant aucun caractère local. elle est cosmopolite et exprime un idéal de perfection qui est de tous les pays et de tous les temps.
3) La puissance de l’homme est très limitée, et les moindres obstacles la mettent en échec. Celle de Jésus ne Connaît pas de bornes, et ici-bas, comme l’atteste l'Évangile, elle s’est exercée sur la nature physique en opérant des miracles, sur le monde moral en transformant l’humanité, et sur les futurs contingents en faisant main mise sur l’avanir.
4) La sainteté de l’homme a toujours quelques points faibles ; chez lui il y a une vertu saillante qui domine et éclipse les autres. Dans Jésus il n’y a aucune lacune morale, la plénitude de sa sainteté le met hors de parallèle avec tous les saints de l'humanité. « Aussi, comme l’a si bien dit M. Nicolas, imaginez un sage quelconque, vous lui découvrirez des traits de famille avec un autre : mais cherchez une physionomie que l’on puisse élever
à côté de la Sainte-Face, sans blesser la morale, vous ne la trouverez pas. Toujours Socrate pourra être compa-
ré à Platon, le Boudha à Confucius, Mahomet à Zoroastre ; seul le Christ n’est semblable qu’à lui-même, et, détaché de la terre par une sorte de piédestal mystique, il ne peut être comparé à personne de la terre, parce que ses seuls égaux sont le Père celeste et le Saint-Esprit!. »
Ces quelques comparaisons suffisent à faire voir que Jésus-Christ dépasse infiniment l’homme. Surhumain dans sa durée, surhumaiïin dans sa sagesse, surhumain dans sa puissance, surhumain dans sa sainteté, le fondateur de la religion chrétienne est un être transcendant devant lequel pâlissent tous les grands bienfaiteurs de l’humanité’.
140. Conclusion de la Première Partie.— Toute la première partie peut se ramener à la proposition suivante : il est raisonable ct même obligatoire de professer le christianisme. En effei, après avoir démontré que Dieu existe et qu’entre lui et la créature raisonnable il y a des relations fondées sur la nature de l’un et de l’autre, lesquelles doivent se manifester par un ensemble d’actes intérieurs et extérieurs (Ie - IXe Leçon), nous avons établi que ces relations, appelées religion naturelle, ne suffisent pas, et que, par conséquent, il en faut d’autres d’un ordre supérieur : celles-ci sont connues sous le nom de religion surnaturelle ou Révélation, elles sont possibles, voire nécessaires (Xe-XIle Leçon). Les signes principaux de la Révéiation sont le miracle et la prophétie (XILe-XIITe Leçon).
La Révélation faite par Dieu à l’homme a passé par trois phases successives dont les deux premières n’étaient que la préparation de la troisième, qui est défi-
1. CaussertE, ouv. cit., p. 328. Jésus-Christ, art. Dict. Apol. de la Foi cath. Fasc. XI., Broussozer, La Religion, pp. 160-166 2, Cf. L'abbé Prcarp, La Transcendance de Jéeus-Chr'e
nitive : ce sont la Révélation primitive, la Révélation mosaique, et la Révélation chrétienne. Celle-ci est contenue dans les documents historiques de première valeur, dont l’autorité ne fait pas de doute ((XIVe-XVIIIe Leçon). La religion chrétienne, supérieure à tous les autres cultes, est vraiment divine, et vraiment transcendante (XIXe-XXXIIe Leçon). C'est pourquoi nous sommes en droit de conclure : il est raisonnable et même obligatoire de professer le christianisme.
Pi: i NS Lès ve LECTURES L'homme toujours aimé, LACORDAIRE, 39e conf., 1846
“ÆErxaltation ”, LEpin, Jésus, Messie et Fils de Dieu, p. 160. Supériorité du Christianisie, P. COURBET, @ll. Science ». relig