JUSQU’A LA PEINE DE MORT
Suivant l'opinion la plus probable le pouvoir coactif
de l’Église ne va pas jusqu'à la peine capitale. Et voici les riasons qui militent en faveur de cette manière de oir ; ÉÉR APE À L féiar hs FT à ‘ghse n'a Jamais prononce par elle-même une sentence de mort. Or est-il raisonnable de supposer que l'autorité religieuse ait entre ses mains un pouvoir dont elle n’ait jamais usé et dont elle n’usera vraisemblablement jamais? L'Église a toujours eu horreur du sang : Ecclesia abhorret a sanguine.
2 En pratique, ce droit ne lui serait d'aucune utilité. Ou l'Église est en parfaite concorde avec l'État, ou celui-ci lui est hostile. Dans la première hypothèse, le droit d’infliger la peine de mort n’est pas nécessaire à l’Église, puisqu'il lui suffit de remettre le coupable au bras séculier pour être assurée que justice sera faite. Dans le second hypothèse, l’État ne permettra jamais à l’Église de disposer seule de la vie des citoyens et se réservera toujours le droit de porter les condamnations capitales.
3) Si cependant l’État était tombé dans l’anarchie au point que l’Église ne pût en attendre aucun concours et que l’ordre public fut pour ainsi dire laissé à l'abandon, l’Église aurait peut-être alors le droit et même le devoir de suppléer à l’État, dans le rôle justicier pour la peine de mort, mais dans ce cas l’Église
1. TARQUINI, Les principes du droit publie de l’Église, n. 47.
agirait comme autorité civile, et au nom de l’État plutôt qu'en son propre nom!.
4) Mais, dira-t-on, l’Église est une société parfaite ; elle a donc le droit d'infliger la peine Je Mort. "Où elle est une société | parfaite, indépendante en son ordre, mais on peut raisonnablement prétendre et soutenir que la perfection, à e e donnée par son fondateur, l'exempte de recourir au glaire, — petit moyen après tout — pour aftéindrée sûrement et efficacement sa fin.
LECTURES
Le caractère dogmatique d: l'Église SenTiLrances, Revue de La Jeunnesse, 10 juillet 1912.
Le caractère gouvernemental de l'Eglise, ibid., 25 juillet 1912
Le magistère de l'Église, HuGuEny, Revue de la Jeunesse, 10, 25 aout 1912.
1. CavaGxis, Institutiones juris canonici. PAQUET, Droit public de l'Église : principes généraux, pp, 154-155.