DEUXIÈME LEÇON
EXISTENCE DE DIEU (suite)
SOMMAIRE.— 10. Troisième preuve de l'existence de ieu : la contingence des êtres.— 11. Quatrième preuve de Æexistence de Dieu : les degrés des êtres. — 12. Cinquième uve de l’existence de Dieu: l'orcre du monde.— 13. jections à la preuve de l'existence de Dicu par l’ordre du monde— 14. Le consentement universel prouve l'existence de Dieu.— 15. Cbjections à la preuve du consentement universel —- 16. L'objet propre de l'intelligence et de la volonté démontre que Dieu existe.
- Troisième preuve de l’existence de Dieu :
tels tes minéraux, tels les plantes, tels’ les animaux,
."la contingence des êtres.-/{ Les êtres qui compopts sont dans un perpétel changement :
tels les hommes. Et puisqu'ils changent, ils ne sont donc pas nécessaires, mais contin ents*2 Or les êtres contingefits doivent recevoir leur existence d’une cause distincte d'eux-mêmes, laquelle, d’une façon éloignée ou prochaine, est un être nécessaire. Supposons que le monde ait été immédiatement produit ur une cause coñtingente. Alors se pose tout naturellement la question : cette cause contingente,d’oû vient=efle ? Faut:1 croire qu'à un moment donné, rien n’a existé? Dan3 l’affirmative, ce serait le néant absolu, duquel aucun être n’a pu sortir, car le néant ne peut rien produire. En rejetant l’être nécessaire; — qui est Dieu, — nous sommes forcés de nier l’existence des êtres qui nous entourent et notre propre existence même, c'est-
à-dire nier l’évidence. Concluons rAVE Balmè +, e
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que « si quelque chose existe, quelque chose de nécessaire a toujours existé, et l’on ne saurait désigner un ins ù ta été Vrai de dire : il n’y a rien.»
11. Quatrième preuve de l’existence de Dieu ! es degrés des êtres.— S'il est évident que le mou- // veMent, la subordination des causes et la contingence {/ existent ici-bas, il ne l’est pas moins aussi que parmi A les êtres créés, il y a une certaine gradation, différents E degrés. Les en effet, sont supérieurs ou inférieurs aux autres.” Or Re comparaison suppose un dernie terme : le relatif suppose un absolu ; limparfait, un parfait ; lefini,uninfini. Il doit don voir lqu À à part une plénitude d’être, c’est-FAff# "un -ftre QLp 9 : parfait et infini d'où tous les autres découlent comm CPTR de leur source unique. «1 y a quelque chose, écrit " saint Thomas, qui est le Vrai, le Noble, et par conséquent l’être par excellence, qui est cause de ce qu'il y a d’être, de bonté et de perfection dans tous les êtres et c’est cette cause que nous appelons Dieu.» 12. Cinquième preuve de l'existence de Dieu : “ordre du monde.— L'ordre existe dans le monde, f” non seulement dans les détails, ( mais encore dans l’ersemble des étres qu'étudient l’astronomie, la physique, la minéralogie, la botanique ou la zoologie et toutes les sciences de la nature. Aucune perfection ne s’isole dans le cosmos, toutes convergent vers ue œuvre d’ensemble, qui fait de notre univers une magnifique et grandiose épopée, pleine d’âme et de vie : d’où ce nom i si expressif d’univers donné à l’ensemble des choses qui convergent vers un seul point, — universum quasi versus unum,— ou ce nom grec de cosmos, c’est-à-dire système d'harmonie et de beauté, que la science lui a M due, donné à juste titre, car plus la science progresse plus .
elle y découvre d’ordre et de beauté. Mais si cet ordre admirable est mieux connu de nos jours, il n’est pourtant pas une découverte moderne. Moïse le célébrait dans sa Genèse, David le chantait dans ses psaumes : Coeli enarrant gloriam Dei, et il invitait déjà toutes les créatures du ciel et de la terre à s'unir à ce concert de louanges.
«Les savants et les philosophes de tous les siècles l'ont aussi reconnu, et le bon sens populaire leur fai- 1g2nbécho, ils ont conclu, et nous concluons avec eux, En € l'ordre à l'existence d’une Intelligence ordonnatrice, dde l’ordre merveilleux à sa sagesse Souveraine;gle l’ordre ünique à Vunité de cet être suprême que nous appelons avec Newton le grand Géologue, le grand Archi-
tecte de l'Univers, c’est-à-dire Dieu !.» Séce. 15. Ohjections à la preuve de l’existence de Dieu
( Ar l'ordre du monde.— I. Les uns pensent que
l’ordre du monde est dû au hasard.
Lbtouth RÉPONSE. — Le hasard n’est qu'un mot et non une cause. Alors autant vaudrait dire que l’ordre du monde est un effet sans cause. Quelquefois on appelle hasard ppm ris en la rencontre de deux causes indépendantes. Mais les effets attribués à cette rencontre he sont que fortuits et arriveht rarement. Comment soutenir qu’un fait aussi constant que l’ordre du monde puisse provenir d’une cause d'un caractère tout opposé? Et d’ailleurs, on ne se sert souvent du mot hasard que pour exprimer son ignorance des lois de la nature. We Loan IL. Selon d’autres, l’ordre du monde est nécessaire. TT est donc inutile de recourir à une cause qui Jui a donné l'existence ; il est ce qu'il a toujours été, indépendant de qui que ce soit. : ; bug 1. A. 'FarGes, L’Idée de Dieu, pp. 163- - Hs de Uuudu dau __— LL Fe 1 féreene eur
CmtETICE ieu.
RÉPONSE. ÆAL'ordre du monde résuite des choses existantes, de leur nombre, de leur variété, de leur place So pe en occupée dans l'espace. ÆDr, nous le savons, les choses se RER AE Ê = d’ici-bas, leur nombre, leur variété, etc., sont continns -
s. ils ne peuvent donc i gents 31 e pe C pas produire un ordre
nécessaire. ( Mais quelle nécessité voyez-vous que le
soleil tourne de l’Orient à l'Occident, plutôt que de l’Oc-
: PO Re
cident à l'Orient : qu'il ait telle masse, telle vitesse, Pr CR ee
telle chaleur, pluttt que telle autre? Quelle nécessité
qu'il y ait sur la terre un si grand nombre d’espèces et
de variétés minérales, végétales, animales? Il ne nous
paraît même pas nécessaire qu’il y ait ni des plantes
ui des animaux, et il n’y a aucune raison pour qu’elle ne
s'en passe pas aujourd’hui. Nous pourrions parcourir
. . . ti,
ans! toutes les lois de la nature, et montrer que bien
différentes en cela des premiers principes qu’on ne peuk&f a
Pas Supposer non-existants, elles peuvent être conçues
sans aucune contradiction autrement qu'elles ne sont,
et partant, qu’elles n’ont aucun caractère de nécessité
{ab " 1 , Le: absolue.'» del eux 2 F.
ent uni ersel rouve l| CXIS- o P r hisni 2 Fe {
— Le consentement universel est un excellente preuve en faveur des vérités qui, comme cel
de l'existence de Dieu, ont une influence prép
rante sur la conduite morale des nations. (S propos de l’exi 1 nre humain Ur— jours été d'accord. L'histoire de tous les peuples, QUEBEC "24 , ° + = barbares, prouve l’universalite de la croyance KE} Ÿ
A À 4 Q #7, étre suprême. Que conclure de là, sinon que 1645, r- \ 2 * KE existe ? — [] faut noter que le consentement univers ee ,
a pour objet l'existence, et non [x nature de Dieu.— ———…, mes
Pésrbrsheee poutre Era L os ‘ P. AT le
« Si donc tous les hommes ont toujours raisonné ou senti de la même manière, au sujet d’une vérité si élémentaire et si fondamentale dans la onduite de la vie, nous pouvons en conclure que notre croyance en Dieu Lee est le cri de la nature, ou si l’on veut, la conclusion légitime de l’exercice normal de nos facultés intellectuelles. Et si, par exception, quelques athées ont osé émettre À une opinion discordante, c’est eux-mâmes qu'ils doivent soupçonner d’aberration ou de maladie, et non pas le genre humain ier. Pour décider entre leurs raisons et les nôtres. il n’y a pas d’autre arbitre que la commune aune raison L».
15. “Objections à la preuve du consentement niversel.—On dit souvent que le consente iversel au sujet de l’existence en Dieu est l’effet des préjugés de l'ducati de l'ducatio::, de@’'ignorance des peuples au de pes etides superstitions de la foule.
Réponse.—1) Si l'éducation a été la cause de la propagation de la croyance en Dieu, il faut admettre que e les éducateurs, — les parents et leurs légitimes représentants, — ont cru unanimement à l’existence d’un
être suprême É nt appe é Dieu. Dans ce cas, EL D'ailleurs, les préjugés et l’éducation varient chez tous les peuples. Une cause aussi disparate aurait-elle pu produire un effet toujours le même, invariable, comme le consentement universel?— 2) L’ignorance des peuples dans l’enfance de la civilisation fut la cause des absufdités concernant la nature de Dieu. Mais pour constater son ‘ existence, le bon sens de chaque homme, si inculte qu’on
le suppose, suffit à la rigueur.— 3) La terreur superstitieuse. n’a pas inventé l’existence de stence de Dieu. En effet,