‹ Leçons d'apologétique [microforme]Chapitre 17 sur 275 · Première preuve de l'existence de Dieu : le · texte numérisé non relu

Première preuve de l'existence de Dieu : le

houvement.— L'observation la plus vulgaire et l'expérience scientifique la plus rigoureuse proclament que les choses de cet univers sont en mouvement. Mais ce mouvement, d’où vient-1? ppartient-il essentiellement aux êtres qui se meuvent? En d’autres termes, les choses de ce monde sont-elles elles-mêmes le principe du mouvement dont elles sont le sujet? Sontelles à la fois le moteur d’où le mouvement procède, et le mobile qui le reçoit? On ne saurait le soutenir sans contredire à la fois le bon sens et la raison.

® Qu'est-ce que le mouvement? Nous appel

nom (toute mutation ou tout changement “en duquel une chose va d’un lieu a un autre, ou bien passé = d’un état à un autre état Pour acquérir ce qu’elle n'avait}, C4 , pas pour devenir ce qu’elle n’était pas’.» Soit un

1. Conc. Vat. Revue Saint-Thomas d'Aquin, 10 mars 1914, p. 141 > : Puy

2. Revue Saint-Thomas d'Aquin, 10 mars 1914. Novs résumons ici le bel article du P. MONTAGNE sur l'existence de Dieu.

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bloc de marbre dont on fait une statue. Avant le changement, le bloc possède une aptitude réelle à devenir un objet d’art, après le changement, il est le chèf-d’oeuvre admiré de tous. Pendant le changement, il passe d'un état à un autre, de l’état de perfection possible et réalisable dont il était auparavant susceptible à l’état de perfection actuelle et réalisée que maintenant il possède de fait, de l’état inachevé à l’état d’être achevé, il passe (de la puissance à l’acte », pour parler le langage de la philosophie. Ce passage de la puissance à l’acte est le mouvement.

Mais est-il possible que le bloc de marbre informe passe de lui-même de la puissance à l’acte, ou mieux, se transforme en statue? Le bon sens et la raison répondent négativement, puisque aucun être ne peut se donner une réalité ou une perfection qu’il n’a pas. Le bloc de marbre, pour devenir oeuvre d’art, doit subir l’action du ciseau, partant, du sculpteur. Il faut

donc admettre que, pour passer d’un état à un autre,

toute chose doit recourir à une cause extérieure, autrement dit: tout êtreen mouvement est mû par un autre, D'autre part, on le constate facilement, le monde est composé d’êtres qui sont à la fois moteurs et mobiles, moteurs par rapport à un mobile qu’ils poussent, mobiles par rapport à un moteur qui les pousse.

Cependant allons-nous remonter par la pensée de’ moteur en moteur, indéfiniment, et sans nous arrêter jamais? «Ne devons-nous pas plutôt conclure qu’il doit exister nécessairement au-dessus de tous ces moteurs dont l’un pousse l’autre, un moteur premier, indépendant, qui les domine tous et qui imprime à tous et à chacun d'eux, par l'intermédiaire de certains autres, le mouvement que lui-même ne reçoit pas, parce-

qu’il n’a pas besoin de le recevoir. :‘iendu qu'il en est la source inépuisable? Sans :1i le mouv-rent des autres est inexpliqué et inexpl “able. Lors: u’on voit, échelonnés sur le flanc d’une col‘, une sér.e de réservoirs dont le supérieur alimente l’inférieur, on en conclut, sans qu’on ait besoin de le voir et sans crainte d’erreur cependant, qu’il y a quelque part là-haut, sur le sommet, un réservoir plus vaste, un réservoir-source dont les eaux jaillissantes se répandent sur les bassins inférieurs, de l’un à l’autre jusqu’au dernier. Supprimez cette source ; tous les bassins qu’elle alimentait seront à sec. Ainsi en est-il de toute série de moteurs actuellement et essentiellement subordonnés. Supprimez le premier, les autres n’agissent plus ; ils n’existent plus, du moins comme moteurs 5 Or ce premier moteur, source de tout mouvement, nous l’appelons Dieu. 8. Objection à la preuve du mouvement.— Il n’est pas absolument vrai de dire que tout être en mouvement est mû par un autre. En effet, les êtres vivants sont en mouvement, et pourtant, ils ne sont pas mûs, mais ils se meuvent eux-mêmes puisque la caractéristique d’un être vivant, c’est de se mouvoir soi-même ?. Réponse.— Il est vrai que les êtres vivants se meuvent eux-mêmes ; ( mais cela doit être entendu en ce sens relatif que, dans su te vivant formé de parties distinctes entre elles, l’une de ces parties fait mouvoir l’autre : le cervéau fait mouvoir le nerf, qui à son tour fait mouvoir lé muscle, lequel en même temps fait mouvoir le bras. .. Cela doit êre entendu en cet autre sens que toutes ces parties, subordonnées entre elles, reçoivent l'impulsion d’un moteur intérieur commun,

1. Revue Saint-Thomas d'Aquin, p. 147-148 2. Leçons de Psychologie, p. 5.

le principe vital ou l’âme, qui les domine toutes. Quant à l'âme elle-même, elle a besoin pour agir d’être mise en branle par des impuisions étrangères qui la font se mouvoir sans étouffer Sa spontanéité !,»

; À -9. Deuxième preuve de l’existence de Dieu : Fp les causes efficientes. a science et l’expérience

Î x Es D” 4 pue accordent encore pour admettre dans le monde une

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série de causes efficientes subordonnées. La créature la plus imparfaite, le simple moucheron, par exemple, n’exige-t-elle pas tout un ensemble d’influences cosmiques, dépendantes l’une de l’autre, nécessaires à sa production et à sa conservation? Il en est de même pour tous les êtres organiques ou inorganiques qui s’étalent sous nos yeux. Mais ces influences dépendantes l’une de l’autre, ces causes subordonnées, ne peuvent pas être causes d’elle:-mêmes, car la cause est avant l'effet : et, si elles se donnaient l'existence, ces causes seraient antérieures à elles-mêmes, ce qui répugne. Il faut donc admettre que les causes susdites, n'existant pas par soi, dépendent de causes supérieures qui, à leur tour, sont subordonnées à d’autres. Mais on ne peut aller à l'infini dans la trie des causes, tôt ou tard on se heurte à une cause non causée qui à l’être Par soi et qui le donne et le conserve aux autres, sans laquelle aucune existence ne subsiste. (Prenez à part chacune des influences cosmiques nécessaires à la conservation d’un animal, vous trouverez qu’elle est elle-même le résultat d’une série de causes ordonnées connues ou inconnues, mais dont l’existence est certaine, et cette série vous permettra de remonter d'anneau en anneau, non pas dans le passé, mais dans le présent même, jusqu'à une source

l. Revue Saint- Thomas d'Aquin, art, cit,

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premigfe toute ivité, sans laquelle ni l’animal dont nous parlons (le moucheron), n1 1es opérations de sa vie, ni aucune des causes qui les conditionnent ne

saurgit subsister !,» Cette source première est Dieu lui-même.

LECTURES

Abbé FRÉMONT, De l'existence de Dieu, 1897, 2e conf. p. 45. MoxsaBré, Conférences, 1873, 14e conf. p. 131. Mgr D'HuLsr, Conférences, 1802.

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