Nécessité d’une règle de foi.— 1) Venu en
ce monde non seulement pour sauver ses apôtres, ses] :# 7 M
disciples, ses contemporains, mais tous les hommes, Jésus-Christ devait nécessairement laisser un in moyen qui , à travers les siècles, permit à chacun de reconnaître d’une manière infaillible la doctrine révélée.
2) Le Sauveur,qui était Dieu, avait prédit l' appari; Vs LA
tion de faux prophètes ; aussi bien savait-il qu'à differentes époques, à divers endroits, surgiraient des novateurs dont les fausses doctrines causeraient la perte d’un certain nombre. Mais voulant le salut de « tout homme venant en ce monde », il a établi un guide sûr, visible à tous, ayant toutes les qualités requises pour conduire sans risques à la vérité ceux qui le suivraient. Ce guide, c’est la règle de foi.
3) La nécessité de cette règle découle de l’infinie bonté et de l’infinie sagesse de D Dieu. En effet,il répugne essentiellement à l’infinie bonté et à l’infinie sagesse de
Dieu qu’il exige des hommes la foi en ses enseignements,
qu’il l'exige même sous peine de damnation, sans cependant leur donner des moyens sûre frciles. infaillibles, de connaître sa doctrine : ce serait en même temps vouloir le salut des hommes et ne le pas vouloir ; ce serait
imposer l’obligatio on d'arriver à une fin sans en donner
les moyens.
A// 203. Les qualités de la véritable règle de foi.— AA véritable règle de foi doit être Juniverselle, c'est-à- {
dire adaptée à toutes les classes de la société &ertaine et.
trepufisanteype rpétuelle et indéfectible, TT UMVERÉELLE. Tout le-monde est tem de se
sauver ; il est donc évident que le moyen de parvenir
à la connaissance des vérités nécessaires au salut, doit être à la portée de tous, c’est-à-dire, adapté à Toutes les classes, untbersel.
IT. CERTAINE ET SÛRE. (Comment croire aux enseignements de Jésus-Christ si le moyen qui conduit à leur connaissance n’est pas air ? Dans ce cas, le fidèle, toujours hésitant, se demandera sans cesse si la vérité proposée à ‘son assentiment vient réellement ou non de Jésus-Christ. Si la règle de foi n’est pas sûre et certaine, le Sauveur nous a laissés dans une triste situation. Alors pourquoi nous obliger, sous peine de damantion, de croire en lui et é& sa doctrine? Et done, il ne serait plus la bonté et la sagesse mêmes.
III. SurrisanTe. la règle de foi doit être sufisante pour dirimer toutes les controverses qui s élèvent au sujet des doctrines révélées. Sans cette qualité, la règle de foi ne serait plus le moyen de reconnaître infailliblement \’enseignement de Jésus. Au surplus, cet enseignement serait exposé à disparaître tôt ou tard sous l’amas des difficultés nombreuses que ne manquent pas de lui opposer les adversaires.
VI. PERPÉTUELLE ET INDÉFECTIBLE. La règle de foi doit durer autant que la vraie foi elle-même. Or la vraie foi doit subsister j jusqu’à à la consomation des siècles. Étant le guide qui conduit les âmes au salut, la véritable règle de foi ne doit jamais faire faux pas ; elle
doit être aussi ? ndéfectible.
204. Le Protestantisme ne possède pas la véritable règle de foi.— La règle de foi, chez les diftérentes sectes protestantes, n’est pas toujours la même.
Quelques-unes la placent dans la/r raison individuelle; d’autres dang l'inspiration du Squi-Espril ; d’autres
enfin, dans l'autorité de leur Église. Or cette règle d®
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foi, quel que soit son nom, n’est pas universelle, certaine et sûre, suffisante, perpétuelle et ind éfectible.
JL ELiE N’EST PAS UNIVERSFLLE. 1) La raison | dividuelle. a) Si la règle de foi est la raison de chacun interprétant la Bible à sa guise, 1! faudrait que les Suin tes Écritures soient entre les mains de tous Ce quin'é tait pas facile avant l'invention de l'impremerie. Aux premier temps du christianisme. les fidèles n'avaient donc pas les moyens de se sauver, puisque chacun d'eux était dans l'impossibilité de se procurer un exemplaire de la Bible.
v) Cette règle de foi suppose que chacun puisse lire et comprendre la Bible. Or l'expérience prouve que bien des gens ne sätent pas lire, et que la Bible présente des difficultés insolubles pour la plupart.
c) L'interprétation de la Bible demande tout un envimble de connuissances qui ne peuvent être le partage 4,26 d'un petit nombre. Cette règle de foi n'est donc He. « 12 portée de tous.
“inspiration du Saint-Esprit. Cette inspira-
hron «lu Saint-Esprit suppose la lecture de la Bible.
{ir ment le Saint-Esprit pourra-t-il dire à quel- : . ge —
‘un le vrai seps des saints Livres si celui-ei n’est pas
“sant du4exte ? « Prenez la Bible, dit un ministre
protestant... lisez-là, mais à genoux... ; le Saint-
Esprit qui l’a écrite l’expliquera lui-même à votre coeur... Que si quelques-uns persistent à soutenir que la Bible est obscure, qu’ils sachent qu’elle n’est obscure que pour eux et par leur faute!.» Or, la lecture de la
Bible n’est pas à RE UE re
1. Cf. L.-N. Bécin, La Sainte Écriture et la Règle de Foi, pp. 52-93
AR or
3) L'autorité de leur Église. Cette règle de foi existe | surtout chez les Anglicans. L'autorité de l° Église anglicane n’oblige les fidèles à se soumettre à ses décisions 1 que lorsque ceux-ci les trouv ent conformes à la Bible.
11 Or pour les trouver conformes à Ja Bible, il fa ut que (} les fidèles lisent les Écritures. "c ette lecture, encore if une fois, n’est pas à Ta portée de tous.
II. ELLE N’EST PAS CERTAINE ET SÛRE. 1) La raison individuelle. La raison humaine se trompe fréquemment. Dans les questions dont la solution intéresse la ‘conduite morale, elle est souvent (la dupe du cœur i Dans le texte sacré, elle croira trouver la vérité qui lui convient, ou elle n’y découvrira pas celle qui la condamne. Avec semblable règle de foi, la doctrine révélée devient le jouet de la pauvre intelligence humaine à la fois si bornée et si orgueilleuse.
2) L’inspiration du Saint-Esprit. Cette règle de foi
est propre à produire bien des illusions et à engendrer un aveugle fanatisme. Qui ne sait que l’homme peut très
souvent, surtout lorsque son imagination est vive, prendre pour de l'inspiration divine ce qui nest qu’un enthousiasme passager, une surexcitation du moment ? L'histoire est là pour témoigner des fréquentes illusions
i auxquelles un homme de bonne foi peut se laisser en-
| traîner sous l’empire de cette prétenduc illumination.
3) L'autorité de leur Église. L’ Église anglicane ne se pense pas infailllble, elle croit tenir un juste milieu entre le romanisme avec son autorité infaillible et la multiplicité des sectes dissidentes dont la règle de foi est le libre examen’. Elle n’est donc pas un guide sûr, certain, si jelle est passible d'erreur.
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