‹ Leçons d'apologétique [microforme]Chapitre 191 sur 275 · FRS RD STE TETE COUR · texte numérisé non relu

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tur-ls et absolus, qui sont principalement les mystè °s de l’Incarnation, de l1 Rédemption et de la 'rès Sainte Trinité.

Au svt du mystère, l'Église senseigne a) qu'il existe, et b) qu'il n’est pas contraire à la raison, mais au-dessus de la raison.

A. LE MYSTÈRE EXISTE. 1) L’es : trielle différence qu'il y a entre Dieu et l'hommeler,.e. Il faut bien l’avouer, la créature raisonnable n. . pas sur un pied d'égalité avec le Créateur. L'intelligence de Dieu, par sa nature même, entend une infinité de choses que l’esprit créé, si parfait qu’on le suppose, ne saurait jamais percevoir en vertu de sa capacité naturelle. De plus, Dieu, en lui-même, dans l'intime de sa vie, est inaccessible à toute intelligence finie, à qui n’a pas son regard. Or qui a naturellement le regard de Dieu? Aussi, écrit saint Paul, « nul ne connaît ce qui est en Dieu, que l'esprit de Dien, quæ sunt Dei, nemo cognovit nisi spiritus Dei », (1 Cor. 1,12). L'intérieur d'un homme est un secret, un myst : pour tout autre esprit que le sien. À plus forte raison >st-il ainsi de Dieu.

2) Le mystère est le fond de la religion révélée. Bien plus, une religion qui se donnerait comme interprète de Dieu et qui ne proposerait pas de mystères, serait, pour cela, suspecte de fausseté. (Car, «en matière de religion, dit très bien Leibnitz, ne croire que ce que l’on comprend, c’est rabaisser et amoindrir l’idée de Dieu ». Et il ajoute : « Dans cette philosophie, qui prétend faire de la raison créée la mesure de vérité, la partie se donne pour la mesure du tout, la goutte d’eau pour la mesure de l'océan, le fini pour la mesure de l'infini ».

3) C’est l’enseignement de saint Thomas. « De même, dit l’Ange d l’École, qu'on taxerait de folie l’ignorant

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qui soutiendrait que toutes les doctrines philosophiques sont fausses, parce que ces questions dépassent son intelligence ; ainsi, et à plus forte raison, devrait-on regarder comme insensé l’homme qui tiendrait pour faux les dogmes divinement révélés, sous prétexte qu'ils échappent aux prises de la raison », (Contra Gent., lib. 7, ch. vu).

B. LE MYSTÈRE EST AU-DESSUS DE LA RAISON, NON PAS CONTRAIRE A LA RAISON. Î. AU-DESSUS DE LA RAISON. Comme les termes l’indiquent, est au-dessus de la raison une vérité que nous ne comprenons pas. Mais il n’y a pas que les dogmes révélés qui soient audessus de la raison. Ainsi quelqu'un ne comprend pas la beauté littéraire d’une œuvre de Paul Bourget ou de Jules Lemaître, on dit que c’est au-dessus de sa raison. Il y a donc dans l’ordre des vérités accessibles ou naturelles des choses qui ne sont pas à la portée de tous, qui sont au-dessus de leur raison. Par conséquent, soutenir que les mystères n'existent pas parce qu'ils sont audessus de la raison, c’est condamner tout ce que nous ne comprenons pas.

IT. NON CONTRAIRE A LA RAISON. Est conrtaire à la raison, ce qui est contradictoire en soi, ce qui est inintclligible. Or le mystère, bien qu'incompréhensible, au-dessus de la raison, n’est pas inintelligible, ou contracdictoire en ses éléments.

A. LE MYSTÈRE DE LA TRÈS SAINTE Trinité. Ce mystère est le mystère par excellence de notre religion. 11 s’énonce comme suit : Dieu est un en trois personnes. Dieu est donc un et triple en même temps. Mais y at-il en cela contradiction ? La contradiction existe lorsque la raison affirme et nie en même temps et sous un même rapport, d’un même sujet, une même chose. Or cela re se

vérifie pas dans le mystère de la Sainte Trinité. Il est vrai que l’unité et la ftriplicité sont affirmées de Dieu en même temps, mais non sous le même rapport, En effet Dieu est un par nature et trois en personne. La trinité de personne et l’unité de nature, voilà le mystère profond dont la raison, laissée à ses seules forces, n’arriverait seulement pas à soupçonner l'existence. Mais où est la contradiction ?

B. LE MYSTÈRE DE L’INCARNATION. C’est le mystère du Fils de Dieu fait homme, c'est-à-dire d’une personne divine subsistant dans deux natures, la nature divine et la nature humaine individuelle. C’est incompréhensible, mais la raison ne peut y apercevoir aucune contradiction, parce que nous ignorons complètement les rapports possibles d’une personnalité infinie avec l’individualité d’une créature. Tout ce que nous savons, c’est que dans l’'Homme-Dieu, la nature humaine demeure distincte de la nature divine, et que leur union n'existe que dans la personnalité éternelle et infinie du Fils de Dieu.

C. Le MYSTÈRE DE LA RéÉpEtMprion. Ce mystère ne répugne pas plus à la raison humaine que les deux . premiers. Que Jésus-Christ, Fils de Dieu, souffre, prie, soit tenté, ses attributs divins n’en sont pas plus compromis pour cela. En nous le même moi est le sujet logique d’attributions contraires qui conviennent à l’esprit et au corps : c’est moi qui pense, c'est moi qui marche. En Jésus-Christ, le même moi a créé le monde, le méme moi souffre. Chaque nature, divine et humaine, conserve ses propriétés ; l'unité du mot qui est le sujet logique d'opérations diverses résulte de l’union de ces deux natures dans une même personne. Et comme l’union substantielle et personnelle de l'âme et du corps

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en nous est quelque peu mystérieuses tout en ne répugnant pas, on peut en dire autant de l’union des deux natures en Jésus-Christ.

Tel est, en résumé, l’enseignement de l’ Église au sujet des mystères. Un esprit non prévenu, tout en y trouvant des difficultés, n’y rencontrera certainement pas de contradictions.

222. Enseignement de l’Église au sujet des rapports de la foi et de la raison.— Au sujet des rapports entre la foi et la raison, l’Église enseigne a) que la foi et la raison ne sont pas opposées, b) que la foi n’est pas une chaîne qui empêche le libre essor de la raison.

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