‹ Leçons d'apologétique [microforme]Chapitre 200 sur 275 · TERRASSE, ouv. cit., pp · texte numérisé non relu

TERRASSE, ouv. cit., pp

Ffia 227. La B;:, a science.— Au premier abord, :

teurs se proposent de nous instruire, elles ne servent que de cadre et de support à l’enseignement divin. gear

Aucun signe-ne nous autorise à penser qu'elles ont été

spécialement révélées par Dieu ; dès lors, les auteurs.

guidés par l'inspiration divine. les ont seulement em-

pruntées au langage po >ulaire et à la science qui avaient ——— —— nee ant RL TT s cours au moment où ces livres ont été rédigés.

Certes tTentiones Le TOME n'y présentent donc point une valeur absolue : elles expriment plutôt le mouvement scientifique auquel participaient les écrivains qui les ont adoptées.

€ Pour les descriptions cosmosraphiques, ils prennent le langage populaire et rendent les apparences.

« Pour les origines cosmogouiques, ils adoptent les récits et les hypothèses qui avaient cours alors pour graver dans la mémoire du peuple l’œuvre créartice den Dieu.

(Ainsi s'évanouit toute ombre de contradiction entre la Bible et la Sciencet. »

Cette façon de résoudre le problème à été authentiquement confirmée par Léon XIII dans l'Encyclique Proridentissimus Deus, du 18 novembre 1893.

( Considérons,dit ce pontife, que les écrivains sacrés, ou plus exactement « l'esprit de Dieu, qui parlait par leur bouche, n'a pas voulu enseigner aux hommes ces vérités concernant la constitution des objets visibles. parce qu'elles ne leur devaient servir de rien pour leur salut » (S, Aua.). Aussi, ces auteurs, sans s'attacher à bien observer la nature, décrivent quelquefois les objets eten parlent, ou par une sorte de métaphore, ou comme le comportait le langage usité à cette époque,

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1. GuiBerT, Les croyances religieuses et les sciences de La nature. y g pp. 247-248.

comme d’ailleurs le comporte encore aujourd’hui, sur beaucoup de points, l'usage adopté dans la vie quotidienne par les hommes même les plus instruits. Dans le langage vulgaire, on désigne d’abord, et par le mot propre, les phénomènes qui tombent sous les sens ; l'écrivain sacré, — et le Docteur Angélique nous en avertit, — s'est de même attaché aux caractères sensibles, c’est-à-dire à ceux que Dieu lui-même, s’adressant aux hommes, a indiqués suivant la coutume des hommes pour être compris d’eux!. »

228. L'Église a toujours encouragé la science. — On ne parle ici que de la science humaine. Cependant, la prédication de l’Évangile à toutes les nations n’a pas peu contribué au progrès intellectuel de l’humanité. Car les vérités religieuses s - crésor inappréciable pour l'intelligence de l’homme ; t l’Église n’eût-elle fait, à travers les âges, que de conserver intact le dépôt de la Révélation, elle n’en mériterait pas moins une reconnaissance éternelle.

Toutefois, la sollicitude de l’ Église s'étend à l'homme tout entier. C’est pourquoi elle ne s’est pas désintéressée de cette science profane qui orne l'esprit, et aussi, bien employée, permet à ses enfants d’avoir part au bonheur légitime d'ici-bas, en les préparant à celui de l'éternité.

Partout où ! Église a élevé un temple, elle a bâti une école. Au VIe siècle, c’est l’ Église qui sauva les lettres et les sciences du naufrage dont les menacçaient les hor-

LR tp venues du nord.

HE. € SETUNEMENT PRIMAIRE. Dans son travail

érudit sur L’instruction primaire en France avant la Ré-

1. Cf. Dupsessis, Matutinaud lit la Bible, pp. 11-47. Eymieu, Le naturalisme devant La science.

volution, Alain fait justement remarquer que (l’histoire de l'intruction à tous les degrés dans le haut moyen âge, est uniquement celle des efforts tentés par l’Église pour conserver les sciences et sauver la civilisation menacée. »Du Ve au XIle siècle, le clergé seul s’occupe des choses de l’enseignement. Qu'on ouvre une collection des conciles, on verra ces doctes et saintes assemblées se préoccuper de la question de l'enseignement, et la recommander à la sollicitude éclairée des pasteurs des âmes.

Aussi, le concile de Trente, au XVIe siècle, n’a rien trouvé à changer dans l'oeuvre de l'enseignement du peuple. Il s'est contenté de lui donner son couron:ement par la fondation des petits séminaires.

B. ENSEIGNEMENT SECONDAIRE. Il y a toujours eu des collèges d'enseignement secondaire, même dans les villes de médiocre importance. Ces maisons où s’enseignait surtout, avec la religion, l'antiquite classique, étaient presque toutes sous la direction du clergé, lequel, du reste, exercait son droit d'inspection sur toutes les maisons d'enseignement. C'était encore la charité chrétienne qui dotait richement ces nombreux établissements, fondait des bourses d'étude et érigeait des bibliothèques publiques.

C. Exsaioxeusxr-#nrvsasitaer. 1) Personne n'ignore que toutes les universités, si nombreuses et si florissantes au moyen âge, dès le XIe et le XIle siècle, ont été fondées par l’Église ou lui ont demandé confirmation et protection. Sans doute, elles ont été aussi gratifiées de faveurs par les rois, mais il est absolument incontestable qu'elles ont grandi et prospéré à l’ombre du Saint-Siège. Dans leur bulle d’érection, les papes donnent, entre autres motifs, le devoir qui leur incombe

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de dissiper les ténèbres de l'ignorance et d'encourager l’enseignement de toutes les sciences. Dès le XIIIe siècle, on y enseignait les langue orientales ; et, en 1311, le Concile de Vienne rendit cet enseignement obligatoire pour les principales universités. La première collection formée pour l'histoire des :ciences naturelles est due à un pape, saint Pie V (1566-1572), et, déjà au XIIIe siècle, il existait au Vatican un jardin botanique et médicale. Les professeurs avaient une réputation universelle ; les savants en tout genre qu’elles ont formés sont connus partout ; le nombre d’élèves était très considérable, à Paris seulement, il atteignit le chiffre de 15,000. |

Ha gratuité de l'enseignement d'autrefois était le résultat de donations spontanées ; ce n’était pas cette gratuité prônée par quelques réformistes de notre temps, gratuité trop souvent dérisoire, parce qu’elle ne subsiste guère qu'au moyen des deniers publics, c'est-à-dire de l'argent de tous.

3 Dans notre pays, presque tout l'enseignement primaire, secondaire et universitaire est l’œuvre de l’Église catholique. La plupart des bourses fondées dans nos maisons d'éducation viennent des aumônes du clergé. Le dévouement de l’Église à la cause de l'éducation, les sacrifices énormes qu'elle s'impose pour perfectionner les méthodes d'enseignement et donner aux jeunes Canadiens une éducation morale et intellectuelle qui n’a rien à envier à celle des étudiants européens, sont trop connus pour qu'il faille insister. Sans le clergé, beaucoup de ceux qui, dans l’Égüse et l’État, occupent les positions les plus élevées, n° seraieut pas sortis de l'obscurité de leur origine et mênerait une existence bien ordinaire,

Concluons avec Hurter : « Il n’y a que les esprits superficiels, qui n’ont pas étudié les docuements, qui sont ou aveuglés par la prétendue supériorité de leur époque, ou inspirés par leur haine systématique, pour oser accuser l’Église d’avoir favorisé l’ignorance!, »

229. L'Église et le Modernisme.— 1) Le Modernisme est l'application au domaine de l'exégèse et de la dogmatique du criticisme de Kant et de l’agnoticisme de Spencer. Cette erreur pernicieuse a été condamnée par Pie X, le 8 semptembr 1907.

2) D'après le document pontifical, la doctrine moderniste est composée de deux éléments, dont l’un, négatif,et l’autre,positif : celui-ci est la conséquence de

mL celui-là. L'élément négatif est l'agnoticisme pour qui

( Lab gagne la raison humaine enfermée rigoureusemen dans le A chrceréTe des phé:1omênes, c'est-à-dire des choses qui ap- ( “paraissent, et telles précisément qu’elles apparaissent,

| n'a ni la faculté. ni le droit d’en franchir les limites. » L'élément positif, c'est Timmanence ritale, et se déduit

1# R de de l'élément négatif. En effet, puisque [a raison humai- 15 7 ne est (enfermée rigoureusement dans le cercle des Euid sk -” { phénomènes », s'ensuit qu'elle ne peut atteindre ce

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” qui est au-delà de ces phénomènes, Dieu, par exemple. Et conséquents avec leurs principes, les modernistes n’admettent pas la rérélation extérieure, ni les motifs de crédibilité, Quant à la religion, on doit en chercher ’explication, non pas hors de l’homme », mais dans l’homme lui-même.

3) («Le modernisme, dit le Cardinal Mercier, consiste essentiellement à affirmer que l’âme religieuse doit tirer d’elle-même, rien que d'elle-même, l’objet et le

1. Hist. d'Innocent III; Cf. Paquer, L'Eglise et l'Education ; Devivien, Cours É ane chrétienne : TERRASSE, ouv. cit,

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motif de sa foi. Ilrejctte toute communication révélée qui, du déhors, s'imposerait à la conscience, et ainsi il à devient, par une conséquence nécessaire, la négation de l’autorite doctrinale de l’ Église établie par Jésus-Christ, la méconnaissance de la hiérarchie divinement constituée pour régir la société chrétienne!. »

4) Rien donc d'étonnant que le pape,docteur infaillible de l’Église, ait réprouvé semblable système. Et quoi qu’en aient écrit certains journaux, certaines revues, Pie X, en condamnant le modernisme, n’a condamné ni la science, ni le mouvement de la pensée contemporaine. Le Saint-Père (a condamné ce mouvement précisément dans la mesure où il menaçait les droits de la raison. Loin de nous interdire l’usage de la raison raisonnante, de la raison qui cherche à discerner le vrai du faux, et par conséquent, la réalité historique des créatures de la légende, de la raison qui cherche à $ se rendre compte, le Pape proclame excellemment une apologétique fondée sur la métaphysique et sur l’histoire, il condamne le modernisme qui réduit la croyance à je ne sais quel sentimentalisme mystique’. »

5) a t le pen > une conséquence, —- hs éut ‘plis fune: a Ta des ait,

science. Celle-ci, on le nécessite des lois imimuae/ %, bles ;ondées sur la nature des choses, et que la raison dé- 06 duit des faits observés. Mais, au dire de Kant, ces lois cé sont une nécessité de la pensée, et non une nécessité des

choses. Et donc elles ne jouissent d’aucune réalité objective. Aussi bien la science, pour le philosophe alle-

mand, se réduit à un pur suhjectivisme.

1. Collection, Seience et Foi, n, 2. Le Modernisme, p. 25, 2. J. Hazueux, La philosophie condamnée, p. 68,

6) Quant à l'agnoticisme de Spencer, il ramène la science à un pur fidéisme condamné par la saine philosophie. Sa formule est celle-ci : 1 faut croire à l'absolu, mais on ne peut le connaître, Cette croyance aveugle est indigne de la raison, faite pour connaître le pourquoi des choses!.

230. L’Index.— 1) L'Eglise Romaine a le pouvoir d'enseigner la doctrine de Jésus-Christ. Ce pouvoir Jui donne le droit et lui impose le devoir de condamner l’erreur partout où elle la rencontre. et, comme conséquence naturelle, de défendre tout écrit dangereux à un titre quelconque x Fo

2) Ce droit, l'Église l'a toujours exercé : aussi on ne peut le lui contester. Au XVIe siècle, l'autorité ecclésiastique donna à l'exercice de ce droit une organisation perfectionnée plus régulière. Le pape Pie V institua et organisa le premier une congrégation dont les membres avaient pour mission de dresser un catalogue ou JZndex général des mauvais livres. C’est la Sacrée Congrégation de l’Index.

3) Qu'on n'aille pas reprocher à l’Église d’étouffer la liherté de penser en défendant les livres dangereux pour la foi et pour les mœurs. La liberté de penser, voila un mot qui cache bien des erreurs! "Certes, tous ont la liberté de penser, si l'on entend par là le privilège qu’a chacun d’exercer normalement ses facultés sans subir aucune contrainte intérieure, Mais la fiberté de penser n’est pas le droit de manifester toutes ses opinions, ou de penséF quoi que ce soit sur tout, et sur Dieu, spécialement. Et d’ailleurs, la pensée n’est jamais libre. La

liberté est le privilège de Ia volonté. L'intelligence,

"EE Les modernistes, Conf, apolg, aux Facultés libres de Lyon, 1910. L

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