‹ Leçons d'apologétique [microforme]Chapitre 208 sur 275 · Léon XIII, ibid · texte numérisé non relu

Léon XIII, ibid

Ordres Contemplatifs. La vie active, les missions, les retraitr , disent-ils, passe, mais cette existence claustrale, fermée à tous les mouvements de la vie extérieure, à quoi peut-elle bien servir ?

I Les ORDRES CONTEMPLATIFS SQNT UNE SOURCE DE BIENFAITS POUR LA SOCIÉTÉ. La prière des moines (ressemble à ces puissants mécanismes, relégués dans un coin obscure, et qui distribuent la vie et la richesse

à des cités entières. Paç elle se maintiennent et s’affermissent, dans la société, l’ordre et la concorde, et

san; elle, on peut le craindre, le monde insouciant ou pervers s'abîmerait sous le pcids écrasant de ses infidélités et de ses crimest, »

IT. LEs ORDRES CONTEMPLATIFS PRÉSERVENT LE MONDE DE LA COLÈRE DIVINE. Grâce au Dieu Rédempteur, la solidarité chrétienne n’est ni une formule sans signification, ni une chimère sans objet. Elle est une doctrine et une pratique. Et c’est surtout dans les monastères, par les mérites obscurs de tant d’âmes prodigues d'elles-même, par le prix de leurs labeurs et de leurs souffrances, de leurs expiations et de leurs sacrifices, payés comme une rançon à la justice souveraine, que cette réciprocité mystique réalise ses cffets les plus merveilleux, qu'elle apaise la juste ‘colère du Très-Haut, qu’elle détourne le cours menaçant de ses vengeances, qu’elle suspend son bras prêt à frapper et à exterminer les générations prévaricatrices!. »

«Ceux qui prient, disait Donoso Cortès,font plus pour le monde que ceux qui combattent, et si le monde va

1. L.-A. PAquer, L'organisation religieuse et le pouroïv civil, pp. 155-157.

2 L. A. Paquer, ouv. cit. p. 156

de mal en pis, c'est qu'il y a plus de batailles que de prières.)

« Les mains levées enfoncent plus de bataillons que celles qui frappent », Bosst ET.

€ Dix Carméliies priant, disait un évêque de Cochinchine an gouverneur de Saïgon, me sont d’un plus grand secours que vingt missionnaires prêchant. »

Qu'on ne considère pas les cloîtres comme une sorte de refuge où l'on coule une paisible existance, loin des tracasseries du monde!.

1. Dans L'Action Française de Paris, 2 août 1919, Léox Dauper donne, comme l'une des principales causes de l'appauvrrissement intellectuel de la Franre, la disparition des Ordres religieux. * Mais, écritil, ilest une cause d'appauvrissement intellectuel sur laquelle les journaux républicains n'insisteront pas, et pour de bonnes raisons c'est l'expulsion méthodique des congrégations religieuses imayginée par Waldeck-Rousss au. sous prétexte de reprise des biens de mainmorte, en représailles de la fameus”- Affaire, poursuivie par Combes et ses successeurs avec une rigueur p "allèle à la bienveillance accordée simultanément, aux espion: allemands.

‘ On sait que, dans 12 catéchisme répul licain et révolutionnaire, congrégation est synonyme d’obscurantisme, On sait aussi que la science moderne est sortie, pour une bonne part, des ordres religieux, conservatoires des méthodes mentales pour atteindre à la vérité, ilots de préservation intellectuelle contre les assauts périodiques de toutes les ’ormes pelitiques et sociales de barbarie.

‘ Enseignantes, prédicantes, contemplatives,e: gr'ndset anciennes institutions transmettent à la jeunesse, et aussi à l’âge mûr, les règles u bien-penser, du bien-comprendre,du bien-dire avec un ensemble de connaissances positives et de hautes préoccupations psychiques auquelle: le sort de l'intelligence nationale est lié.

“Tout autant que les Universités et Facultés, elles sont des foyers de lumière avec cette différence que les modes intellectuelles et les remous de la politique ne les atteignent, ni ne les pénètrent, ni ne les corrompent, et qu'un trésor de sagesse expérimentale dure en elles, à l'abri d’un corps de doctrines sur leqr ‘le temps n’a point de prise. Aristote, Platon, saint Thomas demeureut à la base de l'enseignement congréganiste et sont de plus en plus négligés dans une Université qui, il y a vingt ans, appartenait philosophiquement parlant à Kant ou Spencer, et où, depuis dix ans l'intuivisme assez pauvre de M Bergson, ou le pragmatisme singulièrement limitatif de M. William James faisait des ravages au détriment de la raison.”

Un acnien militaire, Dom Sébastien Wyart, aussi bien au courant des fatigues du métier de soldat que du travail de l’ascète, aimait à redire qu’il y a trois genres de travaux.

(1) Le travail presque exclusivement physique de ceux qui exercent une profession manuelle, du laboureur, de l'artisan, du soldat. Ce travail, affirme-t-il, est, quoi qu’on pense, le moins rude des trois.

(2) Le travail intellectuel du savant, du penseur, à la recherche si souvent ingrate de la vérité, celui de l'écrivain, du professeur, qui mettent tout en œuvre pour la faire pénétrer dans d'autres intelligences, les efforts de tête du général pendant le combat pour prévoir, diriger et décider. Ce labeur en soi, dit-il, est déjà bien autrement pénible que le premier, et l’adage, la lame use le fourreau, exprime bien cette priorité.

€3) Enfin le travail de la vie intérieure. Des trois (et il n’hésitait pas à le proclamer) c'est le plus assujettissant quand on le prend au sérieux. Mais c'est aussi celui qui offre le plus de consolations ici-bas!, »

LECTURES

Les Enstitits rl'Jieux et le droit, L-A. Paquet, L'organisation Religieuse et le pouvoir Civil, p. 148.

La vie religieuse, J. cuinerT, Revue de la Jeunesse, 25 juin 1911.

Lacorpatre, Conférences à Notre-Dame, 23e conférence.

1. L'âme de tout apostolat, Dou J.-B. Caaurarp, 3e éd. pp. 20-21.

Page 1