Cf. La Réponse, oct. 1913., pp
A pol.
I. La découverte de la rotation de la terre autour du soleil remonte à Copernic qui l'avait formulée dès 1539, c'est-à-dire environ soixante-quinze ans avant Galilée: celui-ci mourut en 1612, âgé de soixante-dixhuit ans.
IT. Copernic, pour avoir découvert le système du monde, a été également condamné. Il l’a été, non pas par le Saint-Office, ni par le Saint-Siège, non pas par l'Église catholique, mais par le Protestantisme luimême. En voici les preuves .
a) Lorsque Copernie, à la fin de sa vie (1539) produisit le résultat de ses travaux, la Réforme, commencée en 1517, battait son plein. C'est Luther en personne qui, dès l'apparition de l'ouvrage de Copernic, commença à attaquer l’auteur et son système, comme contraire aux assertions des Écritures, c’est-à-dire exactement pour la même raison qu’on reprochera plus tard au Saint-Office d’avoir invoquée contre Galilée ! La campagne fut continuée par Mélancthon et Bucer. Le célèbre astronome Tycho-Brahé, danois luthérien, vint se joindre aux premiers agresseurs.
b) Cette condamnation de Copernic par le Protestantisme émana, non pas d'individus isolés. mais des autorités protestantes constituées en véri ole tribunal de juridiction. A la suite des réfutatious de Tycho- Brahé, le Sénat de Tubingen, composé des universités luthériennes prononça solennellement, en 1578, la condamnation de Copernic. Et donc cinquante-cinq ans avant que l'épisode de Galilée se produisit à Rome (1633) sous le pape Urbain VIII, à Tubingen, le haut sénat luthérien condamnait Copernic.
Après de telles constations historiques, les ennemis de l’Église devraient avoir un peu plus de réserve lorsqu'ils rappellent le procès de Galilée.
III. Le système planétaire tel que Copernic l’a exposé, et que Galilée, après lui, l’a soutenu, appartient, en réalité et avant eux, à l' Église elle-même. Sinon à l'Église proprement dite, du moins aux hommes d’'Église qui compos: ient primitivement, du XIIle au XVIe siècle, l'Université de Paris. (C'est la conclusion à laquelle arrive M. Albert Dufoureq dans un intéressant travail qu’il a publié sur les origines de la science moderne, d'après les découveries récentes. «Les pricipes, écrit-il, sur lesquels repose la scie: ce moderne ont été formulés, avant Newton, avant Descartes, avant Galilée, avant Copernic, par les ruaîtres de l’Université de Paris, au cours du XIVe siècle.» Or, à cette époque, l’Université de Paris était une institution essentiellement catholique, où l'enseignement était donné par des hommes d' Église, sous le contrôle permanent des autorités ecclésisatiques.
IV. Galilée eut le tort, au lieu de se défendre en savant qu’il était et sur le terrain scientifique à lui familier, de se poser lui même en théologien et d'y afficher une ignorance surprenante. ( Quant au point débattu, continue M. Dufourcq, la science de l'an de grâce 1912, se c'oit radicalement incapable de reprendre à son compte les affirmations objectivistes du génial italien et recommande aux savants la même prudence que conseillait le célèhre jésuite Bellarmin, dans sa lettre du 12 avril 1F15 à Foscarini. »
Et p:ur tout dire, on en revient de nos jours de la prétendue intolérance de l’Église à l'égard de Copernic et de Galilée. Il ne peut en être autrement, puisqu'on ose affirmer que la science actuelle «se croit radicale-