L'homme est un animal religieux.— L’hom
e est essentiellement distinct de la brute parce qu’il est raisonnable. Et sans affirmer avec un célèbre natur
aliste, M. De Quatrefages, que la foi est le « signe caractéristique de notre espèce », on peut admettre toutefois qu’elle répond à un besoin inné de l’âme humaine, si bien que l’homme a été défini à bon droit un animal religieux. Le langage populaire qui est l’expression la plus haute du sens commun, confirme on ne peut plus cette vérité. N’est-il pas vrai en effet, que « l’homme réputé sans foi et sans loi » est toujours « regardé comme un exemplaire dégénéré de son espèce »? Et, dans l’opinion du monde, le surnom de mécréant ne cesse pas d’être le superlatif de l’injure. Aussi, bien que parfois, étourdis par quelques joies passagères, nous trouvions commode de nous passer de Dieu, nous sommes rarement incrédules lorsque nous avons pris possession de
nous-mêmes et sommes revenus à notre état normal.
1. La morale évolutionniste est la conséquence de l'héréditarisme de Spencer. Cfr. notre Hist. de la Philosophie, pp. 329-339. Etudes, 20 nav. 1908.
Musset fait la même constatation dans les vers sui-
vants :
Passer comme un troupeau les veux fixés terre, Et rénier le reste est-ce donc être ?
NO, C'est cess e home...
Il n’est donc pas étonnant que Plutarque trouve plus aisé de fonder une ville sans sol qu’une société sans religion et sans autels.
C’est dire que la foi est comme une partie intégrante de la personnalité morale de l’homme et que croire est une loi de sa nature 1.
LECTURES Evyuieu, Le naturalisme davnt la Science.
GUIBERT, Les Origines.
ABBÉ DE BROGLIE, La Morale sans Dieu.
1 Cf. R. P. Causerre, /e Bon sens de la Foi, t. I, pp. 6, 7, 8.