INTÉGRITÉ DES ÉVANGILES
SOMMAIRE.— 85. Preuves de l'intégrité des Évangiles.— 86. Les variantes dans les Évangiles
83. Preuves de l’intégrité des Evangiles.— Prouver l’ intégrité des Évangiles, c est démontrer
vequs 5 sans altération substantielle ps l’état où les a connus l Êglise ri e. avd LE AL.
1) La conduite des pasteur: dans la communauté rauté chré-, Rex Rs à CS CSS tienne primitive. Comme il appert par les s Épîtres de saint Paul, les pasteurs poursuivent un triple but :
a) maintenir à tout prix l’intégrité du dépôt commis à
leurs soin soins, c’est-à-dire, de la doctrine chrétienne (I, = SE —— ©
Tim, vi, 20); b) prémunir les fidèles contre les nou-
veautés doctrinales et les vaines spéculations, en répriue eur sens
mant les tentatives de rébellion, de scission ou d’inno-
vation (I Tim, 1v, 3 ; Cor. 1, 11; GaL.1,8 : Apoc.
xx, 18: c) assurer l'avenir doctrinal (I Ep., S. JEAN
II, 19 nu en faisant un choix scrupuleux de sujets
qui travaillent efficacement à cette fi fin (A cr. xx, 18-32
I Tim, v, 22 ; II Tim, 1,2). Ils se montrent toujours
personnellement convaincus de leur droit d'imposer la
doctrine (IE Con., v. 20 ; Tir, 1, 15) et ils sont bien dé-
cidés d’exiger l’obéissance (GAL., mt, 1 ; I Con., 1v, 21). se
Comment, avec semblable vigilance exercée par les pasteurs, supposer raisonnablement une altération subs- = "ne altération
tantielle dans les textes évangéliques? Sant Paul de son côté s'est mont € d'une intransigeance « ui étonne ‘ (AcT. xv), mais s’il est Intransigeant, cest la nature de la foi qui l'exige. S'il déclare l'Évangile intangible. c'est qu'il le tenait pour sacré. Aussi bien le plus grand reproche que les pasteurs faisaient aux hérétiques, c'était
de violer la parole de Dieu, d'en altérer le sens. Et saint Justin comparaft le crime d'altérer les Écritures
à celui de substituer le veau d’or au ne PA 2) La conduite des Jidèles Net Era les fidèles eu 4 nêmes étaient d'une susceptibilité extrêmes 1 dire de PAT Augustin, les fidé Eglise d'Afrique, alar-
es de
2 més du ch ngement d'un seul mot, en demanderent Fa conpte à leur évêque et lobligèrent Tryphylle, évêque de Lèdre, en Chypre, en faisant la lecture de saint Jean osa remplacer le mot grabat par le mot lit, lequel lui Paraissait plus noble. Spiridion, un autre évêque, qui était présent, l'en reprit devant tout le peuple. «Un fait plus significatif encore, c'est la difficulté qu'éprouva saint Jérôme à faire recevoir sa ve.sion de l'Ancien Testament à la place de lftalique. 1 dut même y renoncer pour le Psautier. et quant aux livres du Nouveau Testament, il s'en tint à quelques corrections grammaticales. Quelle opposition n'eut-il
à réparer sa faute.
pas soulevée, s'il avait entrepris d'en refondre tous les livres et d'en changer à la fois le sens et la lettre»: ? [A 3) La conduite des hérétiques. Pour faire accepter eurs innovations. les hérétiques se condamnaient à vu | Stratagème aussi hypocrite qu'astucieux et insolent,
l. Bacvezet Vicovroux, Manuel biblique, t, III, p.70.
cts
she
ss as ein Es ét eds dé
ue 1
mm ue 1
ar 0 BA
nr en
C'était se servir de la vérité comme d'un : "gument pour prôner l'erreur, persuadés sans doute qu'au moyen du véritable Évangile ils trouveraient crédit auprès des chrétiens. Cette conduite de leur part prouve donc que les Évangiles étaient en grand honneur. Aussi bien les efforts des hérétiques furent inutiles parce que le texte sacré était trop connu. Et Tertullien proteste contre Marcion qui avait voulu faire passer son évangile pour celui de saint Luc. Sa protesiation est d'autant mieux entendue que les fidèles connaissent parfaitement leur saint Luc. Iln’a pas peur d'affirmer qu'en € corrigeant l'Évangile, Marcion confirme deux points : l'antériorité du nôtre, car il n’a pu corriger que ce qui existait ; et la date postérieure de cet Évangile qu'il a faconné, Êvangile de son nom, en altérant le nôtre!.» Quand Marcion a paru, le christianisme possédait déjà son Êvangile : c'était donc au survenant de prouver ses titres.
4) La diffusion des Évrangiles. a) Au premier siècle les Évangiles sont partout reçus et commentés dans l'Église. Tls jouissent d'une autorité incontestable, identifiés qu’ils sont avec les origines de Ta foi: et, parce qu’associés à ce passé vénérable, on les a en haute estime. Dans ces conditions, peut-on supposer qu'ils aient été altérês sans réclamation auçune? b) {un deuxième siècle la foi prend beaucoup d'extension, et naturellement, les Évangiles aussi. Au témoignage de saint Justin, on les Tit dans les assemblées à l'heure du sacrifice, et saint Chrysostôme dit que chaque maison était une église. D’après le docteur Norton, à la fin du second siècle, il devait y avoir 60,000 copies des Évan-