‹ Leçons d'apologétique [microforme]Chapitre 91 sur 275 · AT · texte numérisé non relu

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4) Par les ennemis de Jésus Chzist, princes des prêtres, PR à leurs propres intérêts, n’ont jamais révoqué en doute la réalité de ces faits A UE TT our Cet

homnwe fait beaucoup de miracles ! Si nous le lafsons faire, tout le monde croira en lui.» (J EAN, XI, 47). Celse lui-même ne nie pas la réalité historique des prodiges attribués au Sauveur. On peut en dire autant des principaux représentants de la critique moderne : eeux-ci, comme le philosophe païen, interprètent les miracles du Christ d’une façon naturaliste.

94. Les prodiges opérés par Jésus-Christ sont de vrais miracles.— La vérité philosophique (66) des prodiges opérés par le Sauveur doit être admise si la définition du miracle (62) s’applique en tout point à ces mêmes prodiges : la vérité philosophique d’un fait, ne l’oublions pas, concerne sa nature et non son existence. Or il en est ainsi.

1) Le miracle est un fait sensible, extraordinaire. Les prodiges opérés par Jésus-Christ sont aussi des faits sensibles et extraordinaires : faits sen: ble, puisqu'ils sont produits au vu et au su de nombre: ses multitudes (93) ; faits extraordinaires : la résurrectica des morts, les guérisons instantanées sortent certainement de l’ordinaire.

2) Le miracle déroge aux lois de la nature. Les prodiges racontés dans les Évangiles dérogent. aussi aux lois de la nature. En effet, que les sourds entendent, que les boiteux marchent instantanément, etc. ; voilà certainement des phénomènes qui ne sont pas conformes l’ordre communément observé dans le monde.

3) Le miracle a Dieu pour cause unique ou principale. Les prôdiges opérés par le Sauveur doivent être aussi

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attribués à Dieu seu Etant des dérogations aux lois de ia nature, ces pruuiges ne peuvent pas avoir une autre cause que celui qui est l’auteur de ces mêmes lois qui est au-dessus d'elles, c'est-à-dire Dieu, la toutepuissance infinie.

95. Objections.— I. Les prodiges opérés par Jésus- Christ ont pour cause soit les forces inconnues de la nature, soit les démons.

RÉPONSE.— 1) Pour ce qui est des forces inconnues de la nature, on sait déjà ce qu’il faut en penser (66). Ajoutons encore qu’il n’est pas néressaire de connaître toutes les forces de toute la nature créée pour constater le miracle. Il suffit de savoir quelles sont les forces intéressées dans tel cas. Or, dans le cas de la résurrection des morts, par exemple, nous savons fort bien que la nature ne peut pas produire ce phénomène, puisqu'il lui est impossible de donner la vie à un cadavre.

2) Quant aux démons, ils ont un pouvoir limité, supérieur il est vrai à celui de l’homme, mais ils ne peuvent s'en servir qu'avec la permission de Dieu (66). Au reste, seraient-ils les auteurs des prodiges racontés dans les Évinsiles, qu’ils auraient agi contre eux-mêmes puisque les fa'ts miraculeux dont parlent les livres saints servent à prouver la divinité de Jésus-Christ !

IT. Les prétendus miracles de Jésus-Christ peuvent être assimilés aux guérisons extraordinaires obtenues par Charcot, célèbre médecin français, dans un hôpital de Paris, la Salpêtrière, Or il ne vient à l'esprit de personne de décerner le titre de thaumaturge à l'illustre practicien.

RÉPONSE. — C'est ici plus que jamais le cas de dire $ toute comparaison cloche. Entre la manière de Charcot et celle de Jésus-Christ il y a des différences qui sautent

aux yeux de tout homme que n’aveugle pas le préjugé. Les voici :

re ne peut obtenir une guérison immédiate.

Il et obligé de se plier à certains procédés successifs, d’opérer graduellement sur ses malades. Jésus-Christ guérit immédiatement. D’un mot, d’un geste, brusquement, sans passes magnétiques, il met ses malades sur pieds.

2) Charcot choisit ses malades. I] lui faut des sujets affaiblis, nerveux, neurasthéniques, des ratés, des gens extraordinaires. Jésus ne fait pas de choix. Sur son passage, sans préférence, tous sont guéris : les boîteuxr marchent, les sourds entendent, les aveugles voient.

3) Charcot fait ses expériences des journées entières ; c’est un travail pénible. Souvent déçu, il voit beaucoup de ses malades, prétendus guéris, retomber, plus névrosés qu'auparavant. Que de soins à prendre avant, pendant et après l'expérience ! C’est tout un apparat de nature à décourager les plus tenaces. Jésus-Christ agit beaucoup plus simplement. Et ce qui mieux est, ses guérisons, obtenues le plus facilement du monde, sont des miracles éblouissants dont les effets sont aussi durables que rapides.

4) Charcot réussit à guérir seulement certaines maladies nerveuses. La vertu de Jésus-Christ s'étend à toutes les souffrances. A la Salpetrière, on n a jamais ressuscité les morts, jamais rendu la vue aux aveugles-nés, etc. Tous ces miracles, Jésus les a accomplis.

5) Charcot n’a jamais opéré aucun miracle sur la nature physique, sur les êtres privés de raison. Sur eux la suggestion n’a pas de prise. Jésus a changé l’eau en vin. il a multiplié les pains, il a apaisé les flots, etc.

6) Charcot ne guérit pas à distance, jamais sur la prière d'autrui. Il a besoin d’avoir ses malades sous la

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main. Jésus guérit à distance, tel le fils du centurion (MATTHIEU, VIN, 5-13 ; JEAN, 1v, 52). Sur la prière d'autrui, il guérit le serviteur du centenier et la fille de la Chananéenne (MATTHIEU, vint, 5, 19; xv, 22, 2).

III. Jésus-Christ exigeait un acte de foi de ceux qui voulaient être guéris. C’est donc à la confiance des malades eux-mêmes et non à une cause divine que doivent être attribuées leurs guérisons.

RÉPONSE.— 1) Sans doute, il est dit dans l'Évangile que la foi était la condition requise pour obtenir des guérisons, mais il ne s’ensuit pas qu’elle fut l'unique ou l'indispensable condition ; tout ce que l’on peut conclure, c’est que la foi fût ordinairement l’une des conditions de la guérison.

2) Si la foi est exigée dans certains cas (MaATTHIEU, VIT, 5, 13 ; 1x, 22, 28; Marc, x, 52; Luc, vin, 50), souvent aussi Jésus guérit sans qu’il en soit question : et dans d’autres occasions il exige un acte de foi non pas des malades eux-mêmes mais de ceux qui demandent la guérison pour leurs patients, tel le cas du serviteur du centenier, de la fille de la C'hananéenne (Mar- THIEU, VIN, 5, 13 ; XV, 22,28). Jésus-Christ opère encore des miracles en faveur de ceux qui sont faibles dans la foi, tel le miracle de la tempête apaisée (MATTHIEU, VI, 26 ; JEAN, x1, 24 et suivants).

3) Que Jésus-Christ ait exigé la foi dans plusieurs circonstances, il n’y a pas là de quoi s’étonner. Il avait bien raison d’en agir ainsi puisqu'il voulait faire reconnaître sa divinité. Et, comme le témoignent les textes saints, la foi, il ne la veut comme condition qu’ autant qu’il se propose une fin morale et religieuse, et qu'il ne veut pas faire servir sa vertu miraculeuse à donner un vain spectacle.»

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