INSCRIPTION DU ROCHER DU KHAZANÉ KAPOUSSI. (CÔTÉ NORD
(Schulz, qo XIII.)
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iPIORAPHIE ASSYRIENNE. 105
d'un roi mentionné dans les inscriptions de Sargon, nommé Argiste. Dans une autre, nous voyons apparaître le nom du dieu Haldia qui précisément avait été ravi par Sargon dans sa guerre contre Argiste.
Voici la transcription de Tinscription arméniaque que nous avons reproduite et dans laquelle nous trouvons plusieurs noms de divinités exprimés parles mêmes idéogrammes qu'on rencontre dans les textes assyriens.
TRANSCRIPTION
An HalHlùni-ni vsjma-si^i Mi-nvrasi Is'bu'U-ni'hi'ni'sitJdM^ C n^' - ^-
si-diAs ita<ia AN Hal-di-^i-ni al-zursi-ni Mi-nvra-ni Is-bvr-u^i^himan tana i-e man alzvrhini man tar hi-a^HQ- e
a-lu-si er tu^uspaeir
' Mi-^Vr-chM Is-burtuni ht ni si
a^ alàsfim ni tmida iiét^a e
arlu-s^pin%itdae a4u^jl
a^ini-e^i i -ni-Hqdu-dq^
alvrsi wd4^ €m ii-^ela e
i-e^ zadvthi tû ri ni ni
AN Hal-di-sf AN IM-a si
AN UT^AN--MISsi rha-a^i AN VT.ni
pi- i -ni m€ da ar* hi-^ ^ru ^ a -ni
mLi mo'^i mi-4 nia-^a a w- e u-iu-deC'e.
Il est indispensable de se reporter maintenant à l'ensemble des inscriptions copiées par Schulz sur les rochers de F Arménie.
Que voyons-nous dans les textes de Van? 11 est bien évident d'abord que nous sommes non-seulement en présence des mêmes formes graphiques, mais encore en présence du même système. Le nom d'Argiste en est la preuve. Ce nom revient dans plusieurs textes très-étendus de la même provenance et nous montre le même mode de la décomposition phonétique de la syllabe complexe gis, gi4s. Nous pouvons donc lire ces textes.
La liste des rois arméniens se dégage facilement de ces lectures, nous voyons figurer tour à tour:
Lutibri.
. MiUdduris (?) Ispunis.
Minua. Argistis.
MiKdduris (?)
Il est bien évident qu'il existe entre eux une filiation que nous pouvons déjà saisir et qui se trouve exprimée par un groupe dont nous ne pouvons comprendre l'articulation. Le nom du dieu Haldia se lit daiis les textes arméniaques avec la flexion propre à cette langne, Haldini^ HaU dininiy de même que des noms de divinités assyriennes se trouvent dans les textes avec la flexion arméniaque, se^ ni, ni ni. — Mais ces flexions ne nous font encore comprendre de ce nouvel idiome que la différence qui le sépare de l'Assyrien.
D'autres noms que nous connaissons par les textes assyriens apparaissent çà et là dans les textes arméniaques avec les flexions qui leur sont propres, mais qui ne les défigurent pas.
Le pays d'Alzi, situé en Arménie a été conquis par Salmanasar ; nous le trouvons dans les inscriptions de ce roi, écrit ainsi, en assyrien, AUzi ; dans les inscriptions de Van, nous le trouvons avec la flexion arméniaque : Al^zi-i-ni.
Le nom de Babylone est encore écrit dans les inscriptions de Van comme dans les inscriptions assyriennes, seulement avec la flexion arméniaque :
Ba-bi^lu-u, Ba-bi^lu'-ni-i .
ÉPIORAPHIE ASSYRIENNE . 1 07
A côté de ces expressions phonétiques, nous trouvons des idéogrammes que nous connaissons déjà par les textes assyriens; les chiffres sont les mêmes. Quelques-unes des inscriptions arméniaques renferment de longues énumérations de butin ou d'offrandes, or, dans cette énumération, nous voyons figurer les mêmes signes qui désignent, dans le texte assyrien:
^' des chevaux ^i '' des bœufs
des moutons
Il est évident que dans ces textes, les mêmes groupes doivent désigner Vor et V argent y comme dans les textes assyriens.
Le groupe n ( 1 1 ^\ doit signifier idéographiquement '^ palais ^^
commme dans le texte des rois assyriens ; mais, quelle était la prononciation arméniaque de ces idéogrammes ? Cest ce qui nous échappe encore. Un fait cependant ne manque pas de nous frapper ; en efiet, nous pouvons soupçonner que ce peuple n'a pas reçu directement son système graphique des mains des inventeurs, mais qu'il lui a été transmis par les Assyriens ; c'est, du moins, ce qui nous paraît résulter d'une expression qui se lirait dans les textes assyriens :
Sardan-niiy sar kissaty sar
Mais, au milieu des textes arméniaques, ces expressions phonétiques que nous pouvons comprendre ne constituent-elles pas à leur égard de véritables allophones empruntés aux textes assyriens?
Je n'insisterai pas sur ces textes ; il me suffit de vous avoir fait remarquer l'identité du système graphique et la diversité de l'idiome. Le caractère de la langue reste encore à fixer, et jusqu'ici on n'a pu le safsir ni par ses racines, ni par ses flexions.
Voici un des passages des textes de Sargon qui établissent le synchronismes des inscriptions.
Argiste s'était lié avec un prince de la Commagène pour se révolter contre Sargon, roi d'Assyrie. Celui-ci marcha contre les révoltés.
les combattit et les vainquit. — En mettant, du reste, un texte assyrien en présence d'un texte Van, on pDurra comprendre plus facilement la différence des deux idiomes.
Voici d'abord le récit de Sargon :
TRANSCRIPTION
Mutalluv mat Kummuhai nisu patu limnu la adir zikri ilui kapitu
limnieti dabihu zarrati eli Argisti sar Urarti nirari la
.... ittakilva hiltu mandatav nadan kisitti su itsabla ikla tamartus. Ina suhut lihbiya itti rukubi niriya bathalliya sa asar salmi itai la
ipparkuashaturuksu akamukirriyaemur ussivalainna
mir asar su . Ir suatav adi LXII erani dannuti ana sihirtisu almi aksud hirat su hablisu hanatisu busa karka makru nisirti hekal su itti nisi mati su aslulavva la izibu manamma.
TRADUCTION
{Les Fastes^ ligne 1 12.) « Mutallu, de Kummukh homme perfide et ennemi qui n'honorait pas la mémoire des Dieux, trama une conspiration et médita la révolte; il se tourna du côté d'Argiste, roi d'Arménie, pour obtenir son appui, il s'arrogea la perception des tributs et une part du butin, il me refusa sa soumission. Dans la colère de mon cœur, je suivis le chemin de son pays avec les chars de ma puissance et les cavaliers qui me servent d'escorte. Mutallu vil l'approche de mon expédition ; il retira ses troupes et on ne revit plus sa trace. J'assiégeai, j'occupai sa capitale et 62 grandes villes dans leur ensemble. J'enlevai comme dépouilles, sa femme, ses fils, ses filles, son pécule, son trésor, les choses précieuses de son palais avec les habitants de son pays jusqu'au dernier. >