QUINZIÈME LEÇON
31 mai 1869.
Messieurs^
Le voyageur Schulz qui périt de la main des Kurdes, victime de son dévouement pour la science, recueillit, en 1828, sur les rochers de Van et dans les différentes localités situées sur les bords du lac, un certain nombre d'inscriptions en caractères cunéiformes; elles ont été publiées en 1840 par la Société Asiatique de France. En jetant les yeux sur ces inscriptions, on s'aperçoit promptement qu'elles procèdent du même système graphique que les inscriptions assyriennes.
L'identité se révèle au premier aspect ; les nuances qui distinguent les signes sont pour ainsi dire insignifiantes et semblent tenir à la nature de la matière sur laquelle les caractères sont tracés. Le rocher de Van est facile à éclater sous le coup de ciseau ; le lapicide a évité de croiser les traits. En tenant compte de cette observation, les ressemblances frappent les yeux les moins exercés. — Cette observation, du reste, n'avait pas échappé à la sagacité de M. Botta, et on peut consulter avec fruit les tables qu'il a dressées pour constater l'analogie de ces deux écritures.
On lit facilement les signes, mais les articulations qui en résultent nous reportent à une langue encore inconnue. Cependant un certain nombre de signes paraissent jouer dans ces textes le même rôle idéographique que nous avons signalé dans le texte assyrien. Le clou perpendiculaire désigne les noms d'hommes ; l'un d'eux paraît identique à celui