LK CHRISTIANISME DANS LES GAULES
raison la Gaule seule aurait été soustraite à riofluence universelle de TEvangile du temps même des Apôtres. Quoil Ifô Apôtres prêchent et fondent des Eglises dans tout TEmpire, et la Gaule qui en est devenue une portion des plus cultivées et des plus illustres échappe seule à leur sollicitude et à leurs conquêtes!
I Mais de plus : au temps du concile d'Arles, en 314, , des sièges épiscopaux remplissaient la Gaule : ce fait est si î éclatant qu'il fut toujours impossible de le révoquer en doute. D'où venaient ces sièges? Impossible d'en marquer la naissance dans les années qui précèdent, tellement la Gaule , durant une période de près d'un siècle , fut écrasée sous le poids des calamités , des révolutions , . des troubles , des invasions sanglantes qui fondirent sur elle de 250 à 314. Force est donc de reculer la fondation de la plupart de nos Eglises nationales à une époque antérieure à 250. C'est en effet ce que nous affirment, outre les faits historiques , les plus graves et les plus nombreuses autorités. Eusèbe, I Lactance, saint Cyprien, saint Irénée, nous représentent la ! Gaule du troisième siècle comme déjà toute couverte d'Églises. « Chacune des provinces de la Gaule , dit saint Cyprien , possède un évêque. » Or s'il faut de toute nécessité reculer, jusqu'au commencement du second siècle, la fondation de ces Églises, qui donc peut nous empêcher de nous en tenir aux: traditions nationales et aux monuments dont la valeur ne peut être contestée? Les suffragants d'Arles , au nombre de dix-neuf, écrivaient en 450 au pape saint Léon : « Tous les pays de la Gaule savent que , parmi les Églises, celle d'Arles mérita la première d'avoir pour évêque Trophime, envoyé par le bienheureux apôtre Pierre. C'est de cette source tout apostolique que les autres cités ont obtenu des évêques (i). » C'était donc à cette époque,
(1) Léo Magn., Epist. LXV, cap. u et m.
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si voisine encore des origioes , une Iradîtion conslanle qw^ nos Églises des Gaules étaient au moins, pour les pml mières et les principales » de fondation apostolique. Ni ta audaces de Launoi , ni un texte obscur et mal suivi de sdifc Grégoire de Tours (1 ) ne peuvent prévaloir contre de semi»^ blés preuves. Saint Crescent, disciple de saint Paul, fonds * rÉglise de Vienne dont la tradition le donne pour preouer évêque (2). Une autre tradition nationale attribue à Sei^ioft Paulus , le proconsul de Chypre converti par saint Paiil« la fondation de TÉglise de Narbonne (3). Cinq autres hom^ i mes apostoliques furent envoyés dans les Gaules par IV pôtre Pierre : saint Martial de Limoges (4), saint Austie* moine de Clermont (5), saint Gatien de Tours , saint Saturnin de Toulouse (6), saint Valère de Trêves. — D'après udc autre tradition aussi respectable et aussi fortement ap-
(i) Sor les erreurs historiques de Grégoire de Tours, voir Darras, HUi., V, 519.
(2) Eusèbe, HisL, III, n. 4. — Saiut Jérôme, Catalog. script,, Âppeod. I.
— Le Chronicon patcaù, Olymp. CCXX. — Saint Epiphane, Hasret,, LI, 11. — Théodoret, in II Tim,, iv, 10. — Codex Sinaïlicut. — ConcU. GaW., 1. 1, p. 82.
(3) Voir le Vénér. Bède. — Le Martyrol. Romain. — Acta S. Paul !iarbotm, — Demytl. Gallix scriptor., p. 947. — L*antique inscription trouvée sur la tombe de S. Serg. Paul.
(4) Voir la dii«er<o^ sur Vapostolal de «atnt AfarWol , par l'abbé Arbelot, Limoges, 1855. — Notice historiq, sur l'abbaye de saint kartial de Limoges y de l'abbé Roy. — Collin, Saints du Limousin. — De Cheryé, Saints du Poitou, — Un Bréviaire ancien (récité avant saint PieV dans l'église Sainte-
' Marie in via lata) portait que saint Pierre avait envoyé saint Martial à Ravennes et au-delà des monts, » — En 1854 , Pie IX renouvela une décision d'un concile de Limoges de 1532; il confirma le culte de saint Martial , fondateur de l'Église de Limoges. — Voir aussi les Actes <U saint Martial. — Fortunat, Patrol lat,, t. LXXXVIII, p. 115.
(5) Voyez Paillon , Monuments inédits sur l'apost, de sainte Mad.,co\. 405,*
— Alban Buttler, 1«' nov. ; — Cottignon , Catal. des Evêq. de Nevers ; - Greg. Turon., De glor, confessor., col. 27; — W., Hist. eccl. franc, 1. 1, p.79.
(6) Voir avant tout le manuscrit de la bibliotb. Riccardi de Florence, Passio S. Saturnini, traduit et publié à Toulouse.
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