PHYSIONOMIE DE L'ÉGLISE
avec le précieux Sang. Un immense amour obtenait d'im inenses faveurs. Ces faveurs ne furent supprimées que quan la ferveur amoindrie cessa de les assez mériter. — Les fidèle des premiers siècles communiaient généralement sous le deux espèces, mais non pas tous ni toujours, ni partout. Le. enfants, les absents, les abslèmes^ c'est-à-dire ceux qui n( supportaient pas le vin, ne communiaient que sous la seule espèce du pain.
La pénitence ne fut pas moins indispensable dans les premiers siècles qu'elle no Test maintenant. Le pouvoir des clefs s'exerçait donc continuellement, et ce pouvoir réclamait les mêmes conditions qu'aujourd'hui. Le sacrement de Pénitence était alors ce qu'il est pour nous « la planche du salut, » le second baptême, » la grande et unique espérance après le péché (1). Or, comme aujourd'hui l'aveu de la faute, la confession, était nécessaire et universellement pratiquée (2). Les protestants mentent ici à la Tradition, comme ils mentent à tant d'autres témoignages sur tant d'autres | questions. Pour nous borner, car la matière serait infinie, I Tertullien parle de l'aveu des fautes, aveu aussi nécessaire qu'il est coûteux. <« Aimez-vous mieux, s*écrie-t-il, cacher i vos péchés et être damné que de les découvrir et vous retU rer absous? Plusieurs reculent devant la confession de leari péchés, semblables à ces malheureux qui aiment mieux pé-ï rir que de déclarer au médecin un mal secret. Insensés qui. veulent dérober leurs fautes à la connaissance des hommes, comme s'ils pouvaient les cacher à Dieul »
La confession auriculaire et secrète était dans les premiers siècles comme dans tous les autres la confession ordinaire, usuelle. Mais dans certains cas plus graves ou quand la ferveur y portait d'elle-même, le pécheur coupable d'un
(1) Voy. Morimus, Comment, historic. de disciplin. in adminisir. Sacrenpœnit.
(2) Filçsacus , De Conf. secret x mu et prax.
DANS LBS PREMIBBS SIÈCLES, 423
enme public se confessait publiquement et à la pénitence •^fdinaire devait joindre certaines œuvres expiatrices plus mfBciles et plus douloureuses. L'évêque seul reçut d*abord ^■ftes confessions publiques, le temps en était surtout le premier mercredi de carême (1). Lors de la persécution de Ifèce , le trop grand nombre des tombés obligea Févêque à le faire remplacer dans cet office par un prêtre péniten- ! Uaire (2).
La primitive Église comme la nôtre tenait pour certaine \ TefRcacité des indulgences et croyait au purgatoire comme ^tVL lieu de la suprême expiation.
Cette pénitence publique et les rigueurs excessives de la
correction dans les premiers siècles trouvent sans doute leur
première et leur plus belle explication dans la ferveur des
fidèles, la vivacité de la foi et le sentiment juste de l'énor-
^ mité de Toffense de Dieu; n'omettons pas une explication
1 secondaire. L'Église recevait du Paganisme une foule d'élé-
i menls profondément gangrenés : une rigueur inflexible pré-
f vint seule les désordres et une décadence que la corruption
grecque et romaine eût rendus effrayants. Nous verrons
durant plusieurs siècles l'Église en agir de même avec les
Barbares. — Peu à peu l'aveu public des fautes, devenu
moins nécessaire, tomba en désuétude : en Orient, sous
Nectaire de Constantinople , vers 381 ; en Occident, vers le
temps de saint Léon (3).
(1) Sirmond, Hist. pœnit.publicx, — Petau, Disserl. — Noël Alex., Dissert.
— P. Constant , Dissert
(2) Déjà du temps de saint Jérôme et de Pacien, il n'y avait plus guère que les femmes qui se soumissent à la pénitence publique. — Hieron., Ep. i.
— Pacian., De pœnitent, — Zaccharia, Disserl. lat, t. II. Fulg., 1781. De pœnitentia ConstaniinopoH sublata a Nectario , p. 26.
(il) Sur les lois relatives au jeûne, voy. Filesac, De prise, rit quadragesim.
— Thomassin, Tract, historic, dogmat. de Jejuniis. —Noël klex.y Dissert. deJejm. — Petau, Théol, p. 1105.
Sur l'administration de ï Extrême-Onction dans les premiers siècles , voir
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424 PHTSIOMOMIE DE l'ÉGUSB
Sans doute la virginité volontaire fut dès le premier âge en très grand honneur dans l'Église, le nier serait méconnaître à la fois les écrits des Pères les plus fameux et les monuments les plus éclatants et les plus inébranlables : mais toutefois jamais ce culte de la virginité n'ébranla l'auguste prestige du mariage chrétien. — Les secondes noces étaient tolérées, mais l'indissolubilité du lien conjugal fat immédiatement et vigoureusement enseignée et défendue. L'Église soutint souvent pour ce dogme ses plus rudes et ses plus sanglants combats.
Avant d'abandonner ce sujet , nous devons parler d'une loi importante, qui fut rigoureusement gardée dans les premiers siècles et qu'il est indispensable de connaître quand on étudie les dogmes catholiques dans les Pères, c'est la loi du secret (1). La grossièreté et le mauvais vouloir du Paganisme ne pouvaient s'élever jusqu'à la hauteur toute céleste de nos mystères, et Jésus-Christ avait défendu absolument « de jeter les perles devant les pourceaux. » On ne parla donc, en public, dans les écrits que tous pouvaient lire, dans les prédications oii les inQdéles pouvaient se glisser, des parties intimes de la religion, surtout des sacrements et tout particulièrement de la toute divine Eucharistie qu'avec la plus extrême réserve. Les catéchumènes n'étaient initiés aux dernières révélations qu'après leur baptême. De là ces phrases qui reviennent si souvent dans les prédications des Pères : « ...les initiés le savent... les fidèles seuls nous comprennent , etc. » De là encore ces différences si étran-
saint Augustin, Enarr, I! in Psal,, xxvi, p. 2. —• Iddoc. I, ad EpUcof, Décent., c. viii. — Victor Atioch., Comment, in Marc, — Sefaelstrate, Diiseri- II , c. V, p. 94. — Vie de sainte Clotilde,
{{) TertuU., ApoL, VII. — Cyrille de Jérusalem , /V«^ cateeh, —Saint Àrobroise, Epist, 33 ad MarceUin, — Cyrille de Jérusalem , Catech.i VI. — Théodoret, Epitom. décret., c. 18-. — Saint August., IlinJoan. — Cooslitut. apost-, II, 57.
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■ipes : le même docteur parlant du même sacré mystère, emjBoyant ici des expressions voilées et mystérieuses, là le '■^finissant comme nous le ferions nous-mêmes, avec la même .précision et la même énergie. Saint Jean Chrysostôme, dans Ja relation d*un sacrilège qu'il envoie au pape Innocent I, parle ouvertement du sang sacré de Jésus-Christ répandu et foulé- aux pieds : dans la narration du même fait, destiné au public, il n'est parlé que du symbole répandu.
Le Culte (1).
1. Le centre du culte , le grand objet de la dévotion des fidèles, la vie et la sève du Christianisme était dans les premiers siècles comme à tous les âges de TEglise , le saint Sacrifice de la Messe, — Durant la période apostolique, et jusqu'au temps même de saint Justin, la messe se célébrait plus simplement, bien que dans ses parties essentielles elle reproduisait déjà la nôtre entièrement. Après quelques prières on lisait des passages de TEcriture, Tévêque faisait une homélie que suivaient de nouvelles prières. Puis , après le baiser de paix , on présentait à Tévêque le pain , le vin et Teau sur lesquels il prononçait les paroles de la consécration, et la sainte Eucharistie était distribuée aux fidèles présents et portée aux malades. — La liturgie des Constitutions Apostoliques est plus complète et renferme souvent mot pour mot les prières que nous récitons. — A partir du
(1) Consulter : J. Bona, Herum liturg., libr. duo. — Assémani , Codex liturgie, — Renaudol, Liturg. oriental, collectio. — Martèné, De antiq. tccles. rilih. — Le Brun , Explic. hist., dogm, de la messe, — Les ouvrages émioents de Dom Guéraoger.
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426 PHYSIONOMIE DE l'ÉGLISB
quatrième siècle, la liturgie sainte s'achève et la messe s'offre à nous dans toute l'ampleur et la beauté de ses prières et de ses cérémonies. Sa célébration consistait en deux parties principales : la première , missa catechumenorum , où assistaient les catéchumènes et même les païens , la seconde célébrée pour les seuls baptisés. La messe des catéchumènes commençait par le chant des Psaumes et la lecture de TEcriture tant de l'Ancien que du Nouveau Testament. Au chant du Psaume qui servait d'introduction. Introït, on ne tarda pas à joindre le cri d'invocation : Kupie, IX^crovI puis la doxologie plus développée du Gloria. C'est alors que l'évêque, après avoir salué l'assemblée, Pax vobiscum , prenait place sur son trône, écoutait la lecture, puis faisait l'homélie. L'homélie ou le sermon terminés, le diacre faisait sortir les catéchumènes, les infidèles, les énergumènes et les pénitents, et la messe proprement dite se continuait. Parmi les offrandes apportées par les fidèles [Offertorium), le diacre et le sous-diacre choisissaient ce qui était nécessaire pour la consécration et la communion des fidèles, et (dès le iv« siècle) l'oblation sainte était solennellement encensée. Après le lavement des mains, l'évéque exhortait les fidèles à redoubler de pureté de conscience et de ferveur : « Élevons nos cœurs! » Sursum corda! Cette exhortation était comme le prologue, l'entrée dans la partie toute mystérieuse, toute sacrée du saint Sacrifice (xpoXoYoç, prœfatio). La partie principale de la messe se nommait d'abord Vaction par excellence, actio, L'évéque récitait le Canon, que nous possédons tel que la primitive Eglise le possédait. En Orient, le voile qui séparait les fidèles des saints mystères se levait au moment de la consécration , et l'assitance profondément courbée adorait Jésus-Christ descendu sur l'autel. En Occident , cette adoration de l'hostie au moment de la consécration ne s'introduisit que plus tard, La prière pour les morts, le Pater, VAgnusDei, la communion de l'assistance
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ichevaieat le divin Sacrifice. Le Très-Saint Sacrement était conservé dans un petit tabernacle (7ca<rTo<p<{ptov). Après une lumière prière on renvoyait rassemblée. Tertullien et le» ''Constitutions Apostoliques nous font foi que dès les premier» temps de TEgliseon offrait le saint Sacrifice pour les morts. Les messes votives, offertes pour obtenir des grâces particulières ou temporelles ou spirituelles , étaient aussi en usage.
— Quant à la matière du pain, primitivement les deux Eglises d'Orient et d'Occident se servaient également de pain levé, plus tard l'Occident n'employa plus que le pain azyme ou sans levain. Partout et toujours nous retrou^ vons l'usage de mêler au vin du Sacrifice quelques gouttes d'eau.
2. On conçoit que les Eglises (1) qui devaient contenir les assemblées des fidèles, Toblation du saint Sacrifice, la réserve du Saint- Sacrement ne purent être de suite construites et ornées. Les fureurs des persécutions ne laissaient aux fidèles et surtout aux prêtres que d'incertaines et changeantes retraites ou les obscures profondeurs des catacombes. Dans la période apostolique et durant les premières persécutions , les demeures des convertis devenaient autant d'églises où les fidèles se réunissaient par groupes et furtivement. Pourtant dès avant la persécution de Dioclétien , d'assez nombreuses églises couvraient déjà Rome et les grandes cités de l'Empire. A partir de Constantin, ces église» devinrent innombrables et embellies partout avec une royale magnificence. L'art chrétien inauguré dans les catacombes prit librement son essor et multiplia ses chefs-d'œuvre. Nous aurions peine à nous représenter les splendeurs dont
(1) Consulter Sarnelli : Antica Basilicografia. — Ciampini, Veier. monuinent. — M., Synopsis historic. de sacr. mdif. a Constant. Magn. extruct. —
— Gallade, Templ. catholic. antiquit. — Muratori, Deprim, Christian, eccles, -~ Martigny, Diction^, au mot Eglise,
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428 PUTSIONOMIB DB L'ÉGLISB
les églises furent pleines à partir du iv« siècle (1). La terrible persécution des iconoclastes peut nous donner quelque vague idée de la profusion et de la richesse inouïes de&. ornements dont les églises étaient dès lors chargées. Daos les temps de calamité, quand nos saints évêques vendaient leurs vases et leurs calices d*or, le prix nourrissait des multitudes.
La peinture et la sculpture s'épanouissaient magnifiquement dès le VI* siècle. Leurs chefs-d'œuvre honoraient les saints et enchâssaient les reliques des martyrs. — Les premières églises présentaient la forme d'un carré long terminé par un espace circulaire (<x^i;) où étaient rangés les sièges des prêtres autour du trône de l'évêque. A partir de Constantin , les Eglises affectèrent le plus souvent la forme d'une croix. Sous Justinien, les coupoles commencèrent à se montrer. Comme accessoires de l'église , l'on trouvait le réservoir pour les ablutions, le baptistère, enfin des salles ou sacristies.
3. Arrivons aux Fêtes. Il y a d'abord le Dimanche, a Le dimanche était consacré au souvenir de la résurrection du Seigneur. On y faisait en même temps la mémoire du premier jour de la création ; car la résurrection n'est que le premier jour d'une création nouvelle. Nous trouvons déjà dans le Nouveau Testament des textes relatifs à la célébration du dimanche. Sabbath signifie le dernier jour de la semaine, le sabbat des Juifs; il signifie aussi, surtout au pluriel , la semaine toute entière. Le dimanche est le premier jour de la semaine. Le mot ikia a souvent ce sens. C'était le premier jour de la semaine que les chrétiens se réunissaient
(1) Basnage, Hisi. des imag. dep, J.-C. — Molain, HisL sacr, tma^. — Agincourt, HisL de Vart, depuis le iv« jusqu'au xvi» siècle. — Guénebault, Diction, iconograph. — Crosnietf Iconographie chrél. — Marligny,. au mot Images, *
DANS LES PREMlBaS SIÈCLES. 429
î saint Paul , et TApôtre tenait visiblement à ce que leur
aion se fit ce jour-là. Chaque chrétien devait, le premier
ar de la semaine , apporter une légère offrande , qu*on
voyait à Jérusalem. Ici encore il est dit : xarà [/.(av caê-
frou. C'était donc le premier jour de la semaine que tous
; chrétiens s*assemblai^nt : Fui in spintu in dominica die.
Qs TEcriture, le jour du Seigneur est souvent appelé le
emier jour du jugement. Ici, il désigne ce qu*il est effec-
Tement, le dimanche. Cette locution, qui existait déjà au
emps où fut rédigé V Apocalypse, est restée depuis cons-
amment en usage dans TEglise. Saint Ignace traite égale-
[ï&ent de la solennité spéciale du dimanche , et Pline écrivait
pà Trajan que les chrétiens avaient coutume de se réunir en
' un jour déterminé , qui était le dimanche (1). »
L'institution des fêtes dans l'Eglise date des premiers âges. Les principales étaient consacrées à reproduire les j mystères de la vie et de la mort de Jésus-Christ : la Résurrection, l'Ascension, la Pentecôte. Le dimanche des Rameaux marquait un temps d'absolution et de grâces durant lequel les puissances civiles elles-mêmes se relâchaient des rigueurs de la justice. Le Jeudi saint l'institution de l'Eucharistie était fêlée solennellement ; le Vendredi saint était le jour du grand deuil , le Samedi saint commençait l'allégresse que le jour de Pâques complétait magnifiquement. Ce jourlà les chrétiens s'abordaient avec ces mots : « Le Christ est ressuscité ! » Les néophytes portaient des robes blanches qu'ils ne déposaient qu'au dimanche in Alhis (:2). En plusieurs lieux on célébrait dès le iv® siècle la fête de Noël ,
(1) Mœlher. — Sur les fêtes on pourra consulter: de Neufville, De l'orig, et de Vinstit. des fêtes. — Thomassin , Hist. festor. — Guéraiiger, Instit. liturgiq. — W., Année îiturgiq. — Hospinianus , Festa Christian.
(2) Consulter : Mayer, De dominica Palmarum. — Greisser, De hehdomad, magn. Clajus de die parasceves. — Danz , Memorabilia are. fest. pack. — Scbmid, De dom. in albis.
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430 PHYSIONOMIE DE l'ÉGLISE
plus encore TEpiphanie qui, primitivement, célébrait la venue du Fils de Dieu parmi nous et sa manifestation dans la chair (1). Plusieurs fêtes furent introduites pour contrebalancer les entraînements des fêtes païennes : ainsi, en opposition aux Lupercales, Gélase I célébra la fête de la Purification de Marie (2).
4. L*usage des hymnes est fort ancien dans l'Eglise, mais on ne les chantait que là où le saint Sacrifice n'était point ofTert. Les chrétiens des temps apostoliques s'édifiaient par le chant des hymnes : saint Paul le mentionne et Pline Talteste dans sa lettre à Trajan. L'un des principaux moyens qu'employa Arius pour convertir le peuple à son hérésie fut la composition des hymnes où le venin de l'erreur se dissimulait sous le charme de la poésie. Paul de Samosate fut assez audacieux pour remplacer par des chants à sa louange les hymnes que le peuple consacrait à Jésus-Christ. Des premières hymnes il ne nous reste plus que des mentions et de plus ou moins vagues souvenirs. Après l'ère des persécutions les hymnes se multiplient. En Occident, saint Paulin de Noie, saint Ambroise, Cassiodore en composent d'excellentes, mais une s'élève au-dessus de toutes les autres : le Te Deum composé, dit-on, par saint Ambroise et saint Augustin lors du baptême de ce dernier. Le Te Deum figure dans la règle de saint Benoît , et dès le neuvième siècle il est devenu le chant de triomphe et d'action de grâces partout usité. Prudence, Sédulius, Ennodius , Elpis la femme de Boèce, Venance Fortunat, saint Grégoire le Grand, Isidore de Séville s'illustrèrent dans ce genre de composition. — L'Eglise orientale compte comme ses poètes
(1) Caumont, Traité de iVoc/. — Jablouski, De orig. (est. Nativit. Ckrisli — Kindier, De Epiphaniis.
(2) P, Lazeri , De falsa origin, vei. Christ, rit, a ritibus Ethnie, Rom., 1777, in-40.
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'inint Grégoire de Nazianze, Synésius, saint Jean Danaas- ;"èéne, et, le plus illustre comme le plus admirable, le saint rdtacre d*Edesse Éphrem (1).
Le chant ecclésiastique est dans l'Église de la même antiquité au moins que les hymmes. D'une grande sublimité . d'abord, il inclina ensuite, surtout en Orient, vers les mélodies d'une suavité trop sensuelle. Des plaintes s'élevèrent ï 0t le chant s'épura sans recevoir d'autre atteinte. Les plus :■ grands saints le propagèrent avec zèle, et, parmi eux tous, • saint Grégoire le Grand le travailla avec un immense succès, î Les mélodies romaines pénétrèrent dans l'Occident tout ; entier, et les merveilleuses voix de l'orgue ne tardèrent pas î a en faire ressortir les mâles et solennelles beautés.
r 5. Le culte des morts ressortait logiquement de l'espérance chrétienne et de la noblesse toute divine que la Rédemj tion, la grâce, les sacrements versaient au corps comme à 1 Vâme du chrétien. Dès les j.ours de sa décadence et de sa I prochaine dissolution, un sacrement honorait la chair de I l'homme de son onction suprênie. Saint Jean Chrysostôme, I saint Augustin , d'autres Pères nous témoignent de l'exis- I tence et de l'administration du sacrement de VExtrême-Onci tion dont saint Grégoire le Grand, dans son Sacramentaire , I nous donne une longue et explicite définition.
Autant le Christianisme relevait la chair de l'homme autant les premiers chrétiens furent soigneux de donner à cette chair une pieuse et honorable sépulture (2). — La sépulture tient
[i] Consulter sur ceUe matière : J. Bona, De divin, psalmod. — Thoraasius , Bymnarium. — Mart. Gerbert, De cant. et music. sacr, a prima Eccles, astate, — Arevalo, Dehymnis eccles. — Clément, Hist. génér. de la musiq, relig., Paris, 1860.
(2)Tertull., De coron, milil., c. x. — Minut. Félix, Dial., c. xxxiv. — Augustin, De civil. Dei, 1, 13. — Athan., Vit. Anton., c. xc. — Gretser, De Christian, funer. — Martène, Deanliq. rit., 1. 111, c. xi. — Mabillon, Prœfdt. ad sacul. IJL — Nicolai , De luct. Christian. — Consulter surtout le
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432 PHTSIOIfOMIB DS l'ÉGLISK.
une place considérable dans les documents relatifs à TËglise des premiers siècles. Les papes s'en occupaient avec la plus grande sollicitude, et les fidèles n'avaient rien plus à cœur, après le salut de leur âme, que les honneurs à rendre à leur dépouille mortelle. De leur vivant ils s'occupaient de leur sépulture, et nous voyons bien des martyrs faire à ce sujet à leurs amis, à la foule chrétienne, même à leurs bourreaux, de très pressantes sollicitations. — Les sépultures des premiers chrétiens étaient de trois sortes. Les unes étaient souterraines, placées dans les catacombes y les autres, sub dio, à fleur de terre, formant des cimetières comme les nôtres ; enfm, suivant un usage inauguré par Constantin, qui devint parfois abusif, et contre lequell'Église dut parfois réclamer, les empereurs et les hauts personnages se firent inhumer dans les temples. — Les catacombes (i) furent creusées par les premiers chrétiens durant l'ère des persécutions. Elles se composent d'une ^érie immense de galeries qui s'entrecroisent et aboutissent d'endroit en endroit à des salles de diverses dimensions. Les tombeaux des catacombes sont des espèces de niches horizontalement ouvertes dans les flancs des galeries. Ces niches se nommaient lx>ci ou loculL Après y avoir déposé le corps on fermait le loculus avec une tablette de marbre ou de simples briques sur lesquelles on traçait d'ordinaire le nom , l'âge , parfois la profession du défunt. Outre les loculi, on trouve dans lea catacombes des sarcophages de marbre , ornés de figures en bas-reliefs , de symboles sacrés, de scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament.
savant Diction, de Martigny, aux mots : Funérailles, Cimelières, Catacombes, Loculi, Sarcophages, Fossores,
(1) Le premier ouvrage à consulter sur les catacombes est assurément le recueil des travaux de M. de*Rossi, Roma solUran,, Bulletin archéol., Inseripl. CAm^ — M»r Gerbet , Esquisse de Home chrétietme, — Raoul Rochette, Tableau des calac. de Rome. — G, Gaume, Les trois Romes. — Louis Perret, Les calac. de Rome,
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lOis les loculi et les sarcophages donnaient asile à pludépouilles mortelles. Après les persécutions, beaup de Adèles continuèrent à se faire inhumer dans les catale&mbes pour y reposer à côté des martyrs.
Dès les premiers siècles, les cimetières en plein air furent m usage, même durant les persécutions. Ces cimetières, Icatôt respectés, tantôt conGsqués par les païens, étaient d'ordinaire donnés à TÉglise par des fidèles opulents. — Homme nous Tavons dit plus haut, les chrétiens avaient grand soin de pourvoir eux-mêmes à leur future sépulture, ils achetaient de leur vivant des fossores l'emplacement, le tôculus ou sarcophage ; quant à la sépulture des pauvres elle était à la charge de TÉglise , et cette charge était regardée comme- si sacrée, que pour la remplir, les papes et les évêques vendirent parfois jusqu'aux vases sacrés. Les empereurs chrétiens dirigèrent de ce côté leurs munificences. Constantin avait créé à Constantinople un corps très nombreux de lecticaireSj dont la fonction était de pourvoir aux inhumations. Immédiatement après la mort, comme aussi au jour anniversaire du défunt, les proches offraient des dons et faisaient célébrer le saint Sacrifice. Les repas mortuaires qui entraînèrent rapidement des abus furent interdits ': comme l'avaient été les agapes.
6. Mais si la piété et la charité chrétiennes entouraient de soins si empressés et de tant d'honneurs la dépouille des fidèles, un sentiment plus haut, une vénération plus profonde , un culte plus saint attachaient les âmes aux splendeurs divines de la sainteté.
Le culte des saintes reliques, des saints, des anges, est à ce point ancien dans l'Église qu'il est impossible de s'arrêter à une date fixe et de signaler un commencement certain. Les fidèles qui invoquaient les confesseurs de la foi, même de leur vivant, vouaient à leur mémoire et à leurs restes un
Leçons d'histoire. — Tome I. 25
culte ardent et perpétuel. Les martyrs étaient des intercesseurs auprès de Dieu, et on les appelait au secours de toutes les détresses et de tous les dangers (1). — Dès les premières années de TÉglise, la Très Sainte Vierge Marie obtint dans tous les cœurs comme sur tous les autels le premier trône après le trône de Dieu. Les murs des catacombes sont remplis des images de la Mère do Dieu ou de la Vierge immaculée (2), et l'iconographie chrétienne n*a pas de sujet qui ait plus constamment excité la piété et exercé le talent.
Nous ne pouvons dans des limites aussi restreintes tracer le tableau complet des dévotions, des rites, des usages pieux de la primitive Église. Signalons cependant remploi continuel chez les premiers chrétiens de Veau bénite et des signes de la croix.
La Charité dans les premiers siècles (3).
D'un mot l'Apôtre avait tracé tout le rôle et toute l'histoire de la charité dans l'Église : caritas sedificat, « c'est la charité qui construit. » Si « Dieu est charité , » lui qui a bâti l'Église aura dans cette construction merveilleuse largement mis à profit la charité. La prédication évangélique
(1) MartigDy, Diction., au mot Saints {culte des).
(2) Voy. Martigny, Diction., au mot Vierge [la sainte). — Laforge , Iconograph.
(3) Consulter J. Launoi, De cura Eccîes. pro pauper., Paris , 1663. — De Gérando, De la bienfaisance publique. — Taillerand, Hist. philosophiq. de la bienfais. ~~ Moreau Christophe , Du problème de la misère et de sa solution chez les peuples anciens et modernes. — Franz de Champagny, Les Césars, passim. — Id., La Charité dans les premiers siècles de l'Eglise.
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ARiré DANS LBâ PRBltlBRS SIÈCLES. 435
une irrésistible force , les apôtres envahis-
comme des conquérants invincibles, le
toutes les volontés et brisait toutes les ré-
sa divine et victorieuse démonstration,
'mes toute puissantes en Dieu » dont par-
inmoins la chanté avait sa mission grande
dans cette guerre dont Tunivers était l'en-
douce et silencieuse, mais perpétuelle,
ait la pierre , fondait la glace, arrachait au
d'admiration qui commençait sa défaite :
s chrétiens comme ils s'aiment! » L'his-
acôme, converti à la foi par le spectacle
tienne, eut très certainement des analogues
i par milliers.
• Dans une rapide étude, nous verrons : 1** l'organisation l de la charité ; 2» les sources où elle s'alimentait.
1. Dès les temps apostoliques nous voyons l'aumône constituée régulièrement. Dans les biens que les fidèles vendent et dont ils apportent le prix à Pierre , la part des [ pauvres est largement contenue. Saint Paul, non-seulement ^' organise des collectes dans l'Asie Mineure (1), mais suggère l'idée d'une épargne qui sera faite chaque semaine, et dont le fruit sera déposé chaque dimanche dans l'assemblée des fidèles (2). Dans l'époque qui suit les témoignages ne sont pas moins irrécusables (3); la perception de l'impôt sacré est mieux encore vulgarisée et régularisée. Chaque mois ou chaque semaine des dons sont déposés par les chrétiens aisés ou opulents entre les mains de l'évêque (4). Ce fonds
(1) I Corinth., xvi, 1. — II Corinih., viii et ix. (2)B. Paul., II Corinth. — I Corinth., xvr, 1.
(3) Justin., Apol, I, cap. 67. — Iren., IV, 34. — TertuU., Api
(4) Eusèbe, Hist., IV, 23. — Basil. , Epist. lxx , ad Damos. —
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436 LA CHARITB DANS LSS PRKMISBS SIBGLSS.
de la chanté commune soutient les orphelins et les veuves , et vient au secours de toutes les détresses des frères. Les malades, les confesseurs et les martyrs, les hôtes, les voyageurs, les chrétiens jetés en exil, ceux dont il fallait procurer la sépulture, trouvaient prêtes toujours les ressources de la charité. Les femmes se distinguaient dès lors dans cette glorieuse lutte de Taumône contre la misère. Elles visitaient les malades et les prisonniers : leur exemple entraîna dans les héroïsmes de la charité jusqu'à une impératrice, Marcia, la femme de Commode (1). Aux jeûnes ecclésiastiques , durant la semaine de la Passion , les œuvres de bienfaisance accompagnaient dans une plus large mesure la pénitence et le recueillement. Les époques de calamités étaient encore des époques de largesses sans mesure. Les riches se dépouillaient de leur luxe et les évêquês fondaient les vases sacrés pour en pouvoir donner le prix aux pauvres.
La charité, telle que nous venons de la dépeindre ne pouvait longtemps suffire : l'agrandissement de la communauté chrétienne, en multipliant les misères devait multiplier les secours. Au quatrième siècle nous voyons surgir les hôpitaux et les hospices. En 355, saint Ëpiphane affirme que ces établissements de bienfaisance sont déjà communs. Les premiers dont il soit fait mention sont ceux de Sébaste dans le Pont. Saint Basile en établit à Césarée en 372 , où Ton recueille tous les genres de misères. Les léproseries commencent à être instituées. Telle était déjà l'importance de celte fondation de Césarée que saint Grégoire de Nazianze
Apol.,l, c. 67. — Iren., IV, 34. — Tertull., ApoL, cap. 39. — Polycarp., ad PhU, c. XI, xii. — Constit. Apost. IV, 44, 27. 28, 35, 36. — Id., III, 4, 12-14. — W., IV, 2, 5. — Ignat.. ad Polycarp., c. 4. — Cyprian., Epiit. 37, EpUt. 38. — Eusèbe, HUt, III, 37.
(1) Voy. DôWlnzer, Hippolylus und KaUisius, p. 121. — Philos,, Orig-, IX, 12.
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Ir considère comme une petite ville. Saint Jean l'Aumônier , jkt prendre à la charité un nouvel essor et bâtit en grand léciâibre les maisons de refuge pour les enfants , les malades '^les vieillards. Saint Jean Chrysostôme étendit encore fçH'ganisation de cette charité ; ses vastes hospices renfermaient des logements pour les prêtres, les médecins et les Infirmiers. L'Occident ne se laissa pas surpasser. Pammaque bâtit à Rome un vaste hospice pour les étrangers. « L'univers «ntier, écrivait saint Jérôme, a entendu parler de l'hospice ^ construit sur le port Romain. » Autant Pammaque avait mis de magniûcence à élever cet hospice, autant Fabiola dépenf sait de zèle et de richesses à l'entretenir. Le Paganisme stu- ^ péfait voyait cette noble dame soigner les malades , panser leurs plaies rebutantes , et leur rendre les plus humiliants services. Une révolution immense s'accomplissait. De Rome la charité chrétienne refluait en Orient; saint Jérôme fondait des hospices à Jérusalem. Eleusius créait une retraite pour • les veuves, Thalassius un établissement pour les aveugles, tous les genres de souffrances et d'infortunes étaient recueillis et étreints à la fois dans les bras d'une même charité. La même idée chrétienne avait réalisé les Xenodochia, hospices des voyageurs, les Nosocomia, les Gérontocomia ou Gérotrophia, hospice des vieillards, les Ptochotrophia; enfln, délicates et précieuses plantations de la charité chrétienne, les Orphanotrophia et les Brephotrophia ou asiles d'orphelins et enfants trouvés. Le Paganisme , qui abusait de toutes les impuissances et écrasait toutes les faiblesses , faisait peser sur l'enfance sa férocité la plus implacable. Le Christia. nisme , commencé à la crèche de l'Enfant-Dieu , obéit de suite à la voix de Celui qui avait dit si tendrement : « Laissez venir à moi les petits enfants I » La seule Église de Rome avait plus de huit cents orphelins à sa charge (1). L'Orient
(1) Eusèbe, VI, 43.
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eut de très bonne heure des crèches pour les enfants trouvés. Nous en trouvons dans les Gaules au cinquième siècle. A rentrée des églises on plaçait de grandes cuves en marbre où Ton venait déposer les enfants abandonnés et trouvés dans la rue. Une autre misère plus profonde et moins accueillie préoccupa de bonne heure la charité chrétienne : Justinien conçut Fidée des « maisons de repentir » pour les malheureuses que Ton parvenait à arracher au crime ou que Ton sauvait d'imminents dangers de corruption. Nous avons va dans le cours du récit quelles lois protectrices arrachaient au théâtre les comédiennes converties (1).
2. Ces secours rapidement devenus immenses réclamèrent un fonds très riche où elles pussent s'alimenter. L'histoire nous signale ce fonds en même temps qu'elle nous fait suivre les libéralités qui en découlent. Une première alimentation du revenu de la charité était, nous l'avons vu plus haut, les collectes régulières et permanentes des fidèles. Une autre au moins aussi considérable venait de grandes donations faites entre-vifs ou par dispositions testamentaires. Sozomène nous apprend (2) que de riches chrétiens léguaient à leur mort des sommes considérables destinées aux œuvres de bienfaisance. On trouverait un grand nombre des saints qui, comme les parents de saint Grégoire de Nazianze, Césaire, le frère de saint Ambroise Satyre, abandonnèrent leurs biens aux pauvres (3). Les solitaires Antoine, Pacôtne, Hilarion, les moines, les évêques, avant eux les martyrs,
;i) Onlica avec fruU un ouvrage de M. de Champagny, to Charité chrétienne dans'les premiers siècles de l'Eglise. Voir aussi VHisl.eccl, de Mœlber, t. I, p. 640.
(2) Sozom., Hisi. écoles,, VII, 27.
(3) Sozom., Hisi., VII, 27. — Maï, Collect. Scnpt., V. ~ Greg. Naz., Oral. in. Cxsar.,c. 4. — Basil., Epist. 32 ad Sophron. — Ambros., /»l «;»<• Satyri, 1, 59.
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KRÏTÈ DANS LBS PREMIERS SIÈCLES. 439
pour subvenir aux besoins des pauvres, nations , quelqu'opulentes qu'elles pussent nations plus opulentes encore étaient faites ce impériale. Constantin et sainte Hélène, id et Flaccille sa femme , Théodose II , Pul- Justinien, etc., versèrent des sommes imrésor de la charité. Bien avant ces empeératrices, Marcia, la femme de Commode, tre autres largesses , des sommes considé- •achat des chrétiens exilés en Sardaigne.
si fréquentes envers les pauvres, tant de donnés par ceux qui entraient dans les mont pas se dissiper en aumônes immédiates . Les évêques durent réserver un capital et 'ossissant. Bientôt des donations, des legs, itamentaires augmentèrent ce fonds spécial laes pauvres aistinct du fonds de TÉglise. La propriété des pauvres se constitua d'une manière distincte, formelle , im- ( portante (1). »
I Telles sont les grandes lignes du sujet, mais combien Tac-
Itjo n de la charité chrétienne dans les premiers siècles nous
B|pu*aîLrait plus belle, plus féconde, plus puissante encore
^^ous pouvions nous étendre sur les exemples isolés et les
iàéroïsmes de détail 1 Déjà saint Paul signalait ces traits à
J*admiration de l'univers (2), et depuis saint Paul ils ne flrent
Ipie se multiplier et resplendir davantage. La société était
enveloppée toute entière dans un immense réseau de charité ;
Tamour chrétien coulait à pleins bords dans ce vieux monde
païen où tout avait été cruauté et égoïsme. La même charité
versa ses suavités et ses baumes sur les plaies profondes et
[ries dissolutions douloureuses du monde romain durant la
(1) FraDZ de ChaœpagDy, La Charité dans les premiers siècles de l'Église. , (2) II Corinth.
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LA CHARITÉ DANS LBS PBBMIERS SIÈCLES.
longue et effroyable période des invasions. La société que fut transfigurée et refaite par deux forces venues Dieu : la foi qui asservissait Tintelligence , la charité qui chaînait le cœur.