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DANS LBS PRBMIBRS SIÂCLBS. 415
a au milieu même des autres fidèles, et, en s^attachant imiter les prêtres , les diacres , les évêques, et en exerçant IJBS fonctions inférieures qui peu à peu le rendaient capable jjTétre promu aux supérieures (i). Plus tard, sur certains sfoints, des écoles chrétiennes s'ouvrirent où le clergé put "tiler puiser la doctrine à ses sources les plus pures et les Ipltis riches. Les monastères devinrent bientôt aussi les plus ijiçulentes pépinières pour le recrutement du clergé. Un 'ÏMitre mode tout pratique était suivi en beaucoup d'endroits Lfoi rentrait parfaitement dans les vues et les recommanda- 'fiODs des apôtres. Un synode de Vaison, en 529, parle d'un Iflage très répandu dans toute Tllalie, d'après lequel les curés de campagne doivent prendre chez eux des enfants , 'à titre de lecteurs, et, en pourvoyant en bons pères de famille à leur entretien, leur donner Téducation cléricale nécessaire à leur future promotion.
L'entretien du clergé subit comme le reste des modifications imposées par les circonstances. Les apôtres pourvoyaient à leur subsistance et à celle de leurs disciples , en partie par eux-mêmes et leurs travaux manuels (2), en partie par les dons des fidèles. A l'exemple de Jésus-Christ (3), saint Paul rappelait avec une grande force aux fidèles l'obligation où ils sont de pourvoir aux besoins corporels de ceux qui se dévouent corps et âme à leurs besoins spirituels (4). Vers le deuxième siècle les fidèles prirent l'habitude de consacrer à l'entretien de leurs prêtres les prémices de leur récolte. Quand les accroissements du troupeau eurent interdit aux évêques et aux prêtres tout autre travail que celui des âmes, les collectes des fidèles durent être plus abondantes. Tertullien nous fait connaître que tous les mois les fidèles dépoil) I Tim., m, 13.
(2) Act. Apost., XX, 34. — II Corinlh., xi|i9. — Luc, x, 7.
(3) II Corinth., xi. — I Corinth., ix, 4-14.
(4) I Corinth., ix, 12, 13.
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4IG pflîsioNOMiB DE l'Église
saient, pour la subsistance du clergé, une petite somme d'argeut, mais ces subventions étaient volontaires. Noi» verrons, plus tard, les Eglises enrichies par de princières muniOcences pourvoir elles-mêmes à l'entretien du culte et de leur clergé.
4. L'Eglise eut de suite la sublime audace de se créer un clergé vierge. Elle rencontra de terribles obstacles, eut à surmonter de gigantesques difQcultés, souvent se voua aux sanglantes extrémités du martyre, mais elle triompha de tout et donna au monde un spectacle si neuf» si inouï, si divin , qu'encore qu'il le contemple depuis tant de siècles et avec une si invincible évidence, le monde, qui le réclame et l'admire, a je ne sais quelle peine à y croire. L'Eglise saisit de suite les indispensables motifs de la virginité de son sacerdoce. Le prêtre est tout ensemble homme de Dieu et homme de ses frères, homme de la prière et homme du dévouement. Homme de Dieu, il représente Jésus-Christ, est médiateur et sacrificateur, et habite les chastes splendeurs du sanctuaire. Homme de ses frères , le prêtre doit se vouer à eux sans qu'aucun autre lien ne l'enchaîne et ne lui fasse marchander son temps, ses fatigues et sa vie. Marié, le prêtre n'est plus qu'un homme vulgaire, la confiance se retire, la vénération s'éteint, le prestige sacré s'évanouit. Le sacerdoce catholique est donc et fut toujours dans l'Eglise un sacerdoce vierge. L'Eglise n'imposa pas de suite ni partout sur ce point sa volonté, mais cette volonté resta toujours immuable au milieu des difficultés qu'elle rencontra. « L'institution du célibat est aussi ancienne que l'Eglise. » Une multitude de monuments en témoignent, dont voici quelquesuns. Dans un de ses livres Tertullien parle ainsi à une veuve: « Ne rougiriez-vous pas, si vous étiez mariée pour la seconde fois, de vous présenter aft prêtre qui ne l'a été qu'une fois, ou n*a été consacré qu'à la condition de vivre dans la virgi-
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&? » Ainsi les hommes mariés que Toq admettait dans le
serdoce étaient, ou devenus veufs, ou si leurs femmes vi-
int encore tenus par vœu de n'en plus user. Dans This-
d'Eusébe , quand Tauteur flétrit Paul de Samosate et
© clergé dégénéré, il dit que ces prêtres vivaient avec des
femmes sous-introduites. » D*où vient la grandeur excep-
nelle de ce crime sinon de Tidée de chasteté et de
tinence qui s'attachait dès lors au sacerdoce? Au concile
vire , dès le commencement du iv" siècle , on statue que
^ l'usage du mariage est absolument interdit aux évéques,
fieix prêtres , aux diacres. » « Si un prêtre se marie , dit le
jBMicile de Néo-Césarée , il sera exclu du clergé. » Le XXVIP
yiatnon apostolique porte qu'on ne permettra qu'aux lecteurs
•«4 aux chantres de prendre des femmes. — L'Eglise, en
-. même temps qu'elle se montrait inébranlable dans sa vo-
1 lonté de créer un sacerdoce vierge, n'abandonna pas la cause
' des épouses que des vocations indiscrètes auraient fait aban-
i donner. Le VI* canon apostolique, défend de renvoyer sa
femme « sous prétexte de religion, » c'est-à-dire d'entrer
dans les ordres en renvoyant une épouse contre son gré et
au mépris de sa position délaissée et dangereuse.
6. Il est naturel, il est nécessaire que nous trouvions entre l'ancienne discipline et la nôtre des différences secondaires, mais où aucune différence n'existe, où l'uniformité est parfaite , c'est dans la doctrine. Un auteur prolestant s'écriait devant les œuvres de saint Irénée : « Ou il faut nier Irénée ou il faut se faire catholique romain. » Il aurait pu en dire autant de tous nos autres docteurs, tous exposent la doctrine telle que l'Église l'enseigne encore. L'hérésie seule corrompt cette doctrine. Le Protestantisme qui prétendait, au seizième siècle, que l'Église dégénérée n'enseignait plus la pure doctrine de la primitive Église, faisait un mensonge que l'étude des Docteurs détruit à chacune des pages de
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418 PHTSIONOMIB DE l'ÉQLISB
leurs écrits. De là cette haine des sectaires contre les Pères des premiers siècles, de là aussi ce soin d'étouffer leur voix accusatrice et de i^eléguer dans le plus profond oubli leurs plus écrasants témoignages.
Les Fidèles.
1. Nous venons de parcourir les parties diverses de V Église enseignante, an-dessous à' elle éisÀiV Église enseignée^ le corps des simples fidèles, les laxques. Eux aussi se divisaient en catégories diverses que spécifiaient les degrés divers de perfection de leur vie. De la masse sortaient les âmes d'élite , qui , au commun de la vie chrétienne , ajoutaient la pratique des conseils , les acètes , qui pratiquaient plus largement les œuvres de pénitence et s'interdisaient les plaisirs du monde même légitimes et permis, les vierges, les veuves, qui consacraient leur vie à la prière et aux oeuvres saintes (1).
Vue dans son ensemble, la société chrétienne présentait au regard, d'abord la masse, où, à côté des vertus déjà héroïques, les vices trouvaient patfois une part plus large que ne l'ont signalé souvent des historiens superficiels ou de parti pris. L'humanité était alors ce qu'elle n'a pas cessé d'être depuis : les âmes et les vertus vulgaires forment le grand nombre, l'héroïsme de la vertu ne fait jamais que l'exception. D'ailleurs malgré ses propres taches, la société chrétienne primitive était un prodige de sainteté et d'imiocence , de force et de grandeur. Les témoignages que ren-
(l) Parmi ces veuves étaieat les diaconesses.
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DANS LBS PBEMIBRS S1KGLB6. 419
t à la communauté chrétienDO les apologistes ne peuvent aucune manière être révoqués en doute, et ils sont admîtes. « Ces hommes, dit saint Justin, qui naguère étaient laves de toutes les sensualités, mettent aujourd'hui leur r joie dans une vie toute pure et toute immaculée, ceux i s'adonnaient aux pratiques de la magie, se vouent au lie du Dieu invisible et éternel, ceux qui mettaient For •dessus de tout répandent maintenant Tor à intarissables U dans le sein des pauvres, ceux qui se haïssaient les s les autres et repoussaient inhumainement les étrangers, IX- là aiment leurs ennemis, prient pour leurs persécurs, et font mille efforts pour éteindre les haines iniques i les poursuivent. » « Les chrétiens, dit la lettre à Dioète, vivent dans leur patrie comme des pèlerins sur la terre angère ; tout est commun entre eux, et les adversités ils supportent tous avec une liberté d*âme merveilleuse. r patrie est partout, car toute la terre leur est également L un lieu d'exil. Ils se marient comme les autres, mais ils ne ktoni pas comme les autres périr leurs enfants. Ils vivent ■ptDS la chair, mais sans en suivre les convoitises, ils habitent la terre, mais leur vraie demeure est le ciel. Ils sont ||oamis aux lois, et leur sainteté les élève au-dessus de toute H)i. Ils aiment tous les hommes quand le monde entier s'est miài leur persécuteur. On les fait mourir, mais la mort est H^ur eux le suprême affranchissement. »
2« Pénétrons maintenant dans le secret délicieux de la vie chrétienne , allons à la source où s'alimente la sainteté de ces anges terrestres que le Rédempteur venait de créer et de répandre dans le monde avec une si royale profusion.
Le Baptême ouvrait l'accès à la vie sainte (1). Mais comme
(1) Oa trouvera de très bons renseignements dans l'ouvrage de M. Corblet, Hist. dogm,, liturg., apol, du sacrement de Baptême. — Visconli, De ant, Baplisni* rit. — Launoi , De priicis et iolemn* baplismi iempor, — Morioi , De
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420 PHfSIONOMlB DS L'ÉGUSB
Tœuvre était immense et la transition terrible entre le Pafdinisme et Théroïsme chrétien, TËglise Ot faire, sous le sali de catéchuménat, un temps de probation. Les catéchumèiHi à instruire et à former à la vertu faisaient l'objet le plus d et le plus précieux de la sollicitude de TÉglise. On les ditir sait en deux classes : ceux que Ton commençait à instnôni et ceux que Ton admettait déjà au commencement du sacti; fice. Plus tard les catégories de catéchumènes se multiplié*! rent avec les degrés divers d'initiation. L'administratkl| même du baptême fut, de suite, dès les premiers siècle,accompagnée de cérémonies imposantes. Un baptistère c mentionné par saint Justin (1); la bénédiction solennelle di Teau baptismale par saint Cyprien et saint Basile ; Tertnl» lien parle des parrains et des marraines comme déjà conni^Ml et vulgaires de son temps : on est porté à croire que les dia*. cres pour les hommes, les diaconesses pour les femmes ei firent TofQce durant une période plus ou moins longue. Les* constitutions apostoliques nous ont conservé la formule des i( renoncements » qui est encore celle dont nous nous servons aujourd'hui : « Je renonce à Satan, à ses œuvres, à ses usages, etc. » Continuellement nous trouvons dans leS' catéchèses des Pères l'explication de ces œuvres et de ces pompes de Satan (2). La profession de la foi suivait cetterenonciation au démon et l'onction de l'huile sainte était ^ fuite ensuite par les diacres pour les hommes, par les diaconesses pour les femmes. — Alors venait l'acte même du baptême. Les trois immersions furent assez universellement pratiquées, mais le baptême par aspersion n'en était pas moins regardé comme valide et licite. Saint Cyprien répondait dans ce sens à une consultation.
catechum. expiât. — Bordier, Hist. des calechism. pendant les prem. siic^ de l'Egl,
(1) Dialog. cum. Tryph., c. 43.
{^) y oy, Chldidenlust De abrenunl. bapiismalL
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joignait alors au baptême le sacrement de Confitiuaue Ton a séparé depuis. Une onction nouvelle, Tonction aint chrême était faite, oleum pro Spiritu Sancto, et position des mains raccompagnait. Tertullien mentionne it, le pape saint Corneille insinue qu*au baptême des ades on ne joignait pas la conQrmation, et le Liber Ponalis marque le moment où on cessa de le conférer aux nts que Ton baptisait. D'autres cérémonies accompaient le baptême, telles que le revêtement de la robe blan- , le baiser de la paix , le lait et le miel présentés aux Ites, etc. (1).
a communion était dans ces premiers âges, ce qu'elle
restée depuis, la grande action des fidèles, le centre de
s dévotions comme la vie de leurs âmes. Dans les pre-
s siècles, les fidèles communiaient chaque jour. Au qua-
me siècle, le relâchement introduit dans la communauté
étienne réduisit les communions à quatre par semaine,
s à celle du dimanche. Les dispositions devenant moins
faites, les communions devaient être plus rares : l'Église
missait, mais ne faiblissait pas sur ses exigences.
Le jeûne eucharistique fut promptement obligatoire, le
ncile in Trullo le range parmi les traditions apostoliques.
and rassemblée, par ordre et par degrés de distinction,
ait reçu le corps du Sauveur, les diacres le portaient aux
sents, et les simples fidèles eurent eux-mêmes la faculté
remporter afin de se communier eux-mêmes chaque matin
leurs propres mains. Les moines pouvaient prendre avec
xla sainte Eucharistie dans leurs déserts, les voyageurs
i faisaient souvent le viatique du voyage, les malades 1«
'emède de leurs maux. L'amour ardent des fidèles nous
xplique ces usages et d'autres plus étrangement familiers,
tels que la consécration des yeux, de la bouche, des oreilles
U) Visconti, De veter. Cùnfirm. rU. — Orsi, De ChrUmaL Gênfirmaiorio . Leçons d'hi8toire. — Tome I. 24
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